August 19, 2008 / 10:08 AM / 12 years ago

Un attentat fait 43 morts à l'est d'Alger

par William MacLean

Un attentat à la bombe a fait au moins 43 morts et 38 blessés à l'est d'Alger. L'explosion a visé un centre de formation de la gendarmerie à Issers, à 55 km de la capitale algérienne. /Photo prise le 19 août 2008/REUTERS/Zohra Bensemra

ALGER (Reuters) - Un attentat à la bombe visant une école de la gendarmerie algérienne a fait 43 morts et 45 blessés à l’est d’Alger, annonce le ministère algérien de l’Intérieur cité par l’agence officielle de presse APS.

L’attaque, qui s’est produite aux Issers, à 55 km de la capitale algérienne, est l’une des plus meurtrières sur le sol algérien au cours des dernières années. Elle n’a pas été revendiquée dans l’immédiat.

Selon le ministère, 42 civils et un gendarme ont été tués dans l’explosion. Parmi les blessés, dont le nombre a été révisé à la hausse, figurent 13 gendarmes.

Des témoins ont rapporté qu’un kamikaze avait projeté son véhicule sur un groupe de candidats au recrutement qui patientaient devant le bâtiment.

“La plupart des morts sont de jeunes hommes âgés de 18 à 20 ans. Ils faisaient la queue pour entrer dans l’école et passer un examen d’entrée lorsqu’ils ont été fauchés par l’explosion”, a dit un témoin oculaire joint au téléphone. “L’explosion du véhicule a partiellement détruit le mur de l’école et laissé un immense cratère dans le sol à environ trois mètres de l’entrée principale”, a-t-il ajouté.

L’agence APS a pour sa part rapporté que le souffle de l’explosion avait causé des dégâts aux façades de plusieurs habitations environnantes. Plusieurs véhicules qui circulaient à proximité, dont un autocar public, ont été endommagés, précise APS, et plusieurs passagers de l’autocar font partie des blessés.

La presse algérienne a par ailleurs rapporté mardi que des rebelles liés à Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI, ex-GSPC) avaient tué dimanche huit policiers, trois soldats et un civil dans deux embuscades dans la province orientale de Skikda.

“NOUS DEVONS NOUS INQUIÉTER”

L’Est algérien a été le théâtre de nombreux attentats commis par Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), la branche nord-africaine du réseau islamiste. Le 10 août dernier, au moins six civils avaient trouvé la mort dans un attentat à la voiture piégée contre un poste des garde-côtes et un bureau adjacent de la gendarmerie à Zemmouri, également à l’est d’Alger.

Le gouvernement avait vu dans cette attaque des représailles à l’embuscade de l’armée dans laquelle 12 insurgés avaient été tués dans la nuit du 7 au 8 août en Kabylie.

Selon les journaux, l’armée poursuivait à ce moment-là les responsables de l’attentat à la voiture piégée ayant fait 25 blessés à Tizi Ouzou le 3 août et revendiqué par AQMI.

AQMI, ancien Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), est considéré comme le groupe rebelle le plus actif au Maghreb et s’est attribué une série d’attaques sanglantes, dont le double attentat contre un bureau de l’Onu et un tribunal qui a fait 41 morts en décembre 2007 à Alger.

“Nous devons nous inquiéter de la situation sécuritaire aujourd’hui. Nous ne devrions pas minimiser la menace terroriste comme le font les autorités”, a souligné l’analyste politique Mahmoud Belhimer. “L’attaque de mardi a montré que (les insurgés) sont bien implantés sur le terrain et semblent en mesure d’atteindre des cibles importantes”, a-t-il ajouté.

L’Algérie a basculé dans la violence en 1992 lorsque l’armée a interrompu entre les deux tours des élections législatives que le Front islamique du salut (FIS) était en passe de remporter.

Les violences qui ont suivi ont fait quelque 150.000 morts, avant de diminuer au cours des dernières années. En 2006, le gouvernement a amnistié 2.000 militants islamistes, espérant avec ce geste mettre un terme au conflit.

Mais plusieurs centaines de combattants ont rejoint les rangs d’AQMI, qui bénéficie du soutien d’autres groupes islamistes dans les pays voisins.

Le mois dernier, le chef de l’ex-GSPC, Abdelmalek Droukdel, avait affirmé dans un entretien au New York Times que les rangs d’AQMI ne cessaient de grossir en raison de la pauvreté et du ressentiment provoqué par ce qu’il avait appelé la guerre occidentale contre l’Islam.

Version française Grégory Blachier

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