February 21, 2014 / 6:49 PM / 4 years ago

Obama a rencontré le dalaï-lama, colère de la Chine

PEKIN/WASHINGTON (Reuters) - Le président américain, Barack Obama, a reçu vendredi le dalaï-lama, chef spirituel tibétain en exil, à la Maison blanche, en dépit des menaces brandies par la Chine.

Le président américain, Barack Obama, a reçu vendredi le dalaï-lama, chef spirituel tibétain en exil, à la Maison blanche, en dépit des menaces brandies par la Chine. /Photo prise le 13 février 2014/REUTERS/Larry Downing

Tout porte à croire que l’entrevue entre les deux hommes a duré environ une heure, même si les photographes en poste à la présidence américaine n’ont pas réussi à apercevoir le prix Nobel de la paix 1989.

Cette rencontre est la troisième entre Barack Obama et le dalaï-lama, vu comme “un dirigeant religieux et culturel respecté par la communauté internationale” par la Maison blanche. Ils s’étaient vus en février 2010 et juillet 2011.

Avant ce rendez-vous, le gouvernement chinois avait exhorté le président américain à y renoncer.

“Les dispositions prises aux Etats-Unis pour que son dirigeant rencontre le dalaï-lama constitueraient une violation grossière des normes régissant les relations internationales”, avait déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

“Elle portera gravement atteinte aux relations sino-américaines”, avait ajouté Hua Chunying, appelant “les Etats-Unis à prendre sérieusement en considération les inquiétudes de la Chine” et à annuler immédiatement la rencontre.

Pékin voyait cette rencontre comme une “tribune aux menées séparatistes anti-chinoises du dalaï-lama”.

A Washington, Caitlin Hayden, porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison blanche, a déclaré que les Etats-Unis étaient “préoccupés par la poursuite des tensions et de la détérioration des droits de l’homme dans les régions tibétaines de Chine”.

“Nous continuerons de demander au gouvernement de renouer le dialogue avec le dalaï-lama et ses représentants, sans condition préalable, afin de réduire les tensions”, a-t-elle ajouté.

“IL NE PEUT PAS RENCONTRER LE DALAÏ-LAMA”

Signe probable d’une légère concession faite à la Chine, Barack Obama n’a pas reçu le chef spirituel des Tibétains dans le bureau ovale mais dans une pièce de la Maison blanche d’une importance symbolique moindre, la “salle des cartes”.

En 2011, la Chine avait répliqué en termes véhéments sans aller toutefois jusqu’à menacer de répercussions.

Les Etats-Unis reconnaissent le fait que le Tibet fait partie de la Chine et ne soutiennent pas l’idée d’une indépendance tibétaine, mais appuient la démarche du dalaï-lama en faveur d’une plus large autonomie, a précisé Caitlin Hayden.

A Pékin, des diplomates indiquent que Barack Obama doit rencontrer le mois prochain son homologue chinois Xi Jinping lors d’un sommet sur la sécurité nucléaire organisé aux Pays-Bas.

Prié de dire si la Chine pourrait annuler cette rencontre en guise de représailles, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré: “Si un pays tient délibérément à nuire aux intérêts de la Chine, au bout du compte, il nuira aussi à ses propres intérêts et ses relations bilatérales avec la Chine.”

“Si le président des Etats-Unis souhaite rencontrer quelqu’un, c’est son affaire, mais il ne peut pas rencontrer le dalaï-lama”, a-t-elle insisté.

Roberta Rampton à Washington, Sui-Lee Wee et Ben Blanchard à Pékin; Eric Faye, Henri-Pierre André et Simon Carraud pour le service français

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