February 20, 2014 / 4:39 PM / 4 years ago

L'UE fourbit des sanctions contre Kiev, médiation en cours

par Adrian Croft

Corps de manifestants dans le hall de l'hôtel Ukraine à Kiev. L'Union européenne se prépare à soutenir des sanctions contre les responsables des violences en Ukraine ainsi qu'à imposer un embargo sur les armes à destination de ce pays, selon le projet de communiqué de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles. /Photo prise le 20 février 2014/REUTERS/David Mdzinarishvili

BRUXELLES (Reuters) - L’Union européenne envisage d’imposer des sanctions contre les responsables des violences en Ukraine et de décréter un embargo sur les armes à destination de ce pays, selon un projet de communiqué des ministres des Affaires étrangères de l’UE.

Les dirigeants européens font toutefois valoir qu’il ne s’agit que d’un projet et que la décision reviendra aux ministres qui doivent se retrouver jeudi soir à Bruxelles.

“Les sanctions envisagées visent la privation de visas et la surveillance, le gel des avoirs d’un certain nombre de responsables”, a déclaré Laurent Fabius sur Twitter.

Le chef de la diplomatie française s’est rendu jeudi matin à Kiev avec ses homologues allemand Frank-Walter Steinmeier et polonais Radoslaw Sikorski, où leur mission s’est prolongée.

Alors qu’ils devaient initialement rallier ensuite Bruxelles pour informer leurs collègues, ils ont prolongé leur séjour dans la capitale ukrainienne où ils se sont entretenus pendant cinq heures avec le président Viktor Ianoukovitch.

Une nouvelle rencontre avec l’opposition était prévue dans la foulée “afin de tester l’accord proposé” sur une sortie de crise, a indiqué Radoslaw Sikorski sur son compte Twitter.

Les trois ministres ne participeront pas à la réunion de Bruxelles mais Catherine Ashton, la Haute Représentante de l’UE pour la politique étrangère, est en contact avec eux et informera leurs collègues du déroulement de leurs discussions.

“On est en train de créer une médiation ad hoc pour faciliter les discussions des deux parties”, a dit à Reuters une source diplomatique française. “Pour le moment on ne peut pas parler de projet d’accord sur le contenu, on discute des demandes des deux côtés, dont le gouvernement, les élections, la Constitution et la manière d’arrêter les violences.”

MESURES CIBLÉES

Depuis la reprise des affrontements, mardi matin, entre manifestants et forces de l’ordre, le bilan dépasse désormais les 50 morts. Les blessés se comptent en centaines.

La décision définitive des ministres de l’UE pourrait être influencée par les réponses que Viktor Ianoukovitch aura apportées à l’exigence des Européens: parvenir à un compromis avec l’opposition pro-européenne.

Selon une source européenne à Moscou, “des chances de compromis existent” entre le pouvoir et l’opposition.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a également dépêché un “médiateur” sur place.

“A la lumière de la dégradation de la situation, l’UE a décidé en urgence de mesures ciblées contre les responsables de ces violences et de l’usage de la force excessive”, peut-on lire dans le projet de communiqué que l’agence Reuters s’est procuré.

Les mots “a décidé” figure entre parenthèses, ce qui signifie que la décision n’a pas encore été prise et qu’elle pourrait être atténuée en simple menace de sanctions.

“Dans le même temps, poursuit le projet, des Etats membres ont décidé d’appliquer un embargo sur les armes et une interdiction sur les équipements utilisés pour la répression intérieure.”

Le projet note aussi que l’UE est “scandalisée et profondément consternée par la dégradation de la situation en Ukraine” et réclame un arrêt immédiat des violences, le respect intégral des droits de l’homme et l’ouverture urgente d’une enquête internationale sur les atteintes aux droits de l’homme.

“Toute nouvelle escalade, y compris l’entrée en vigueur d’un état d’urgence ou le recours aux forces armées contre les manifestants, doit être évitée”, poursuit le projet.

L’EXPÉRIENCE PEU PROBANTE DE LA BIÉLORUSSIE

A son arrivée à Bruxelles, le secrétaire britannique au Foreign Office, William Hague, a dénoncé la reprise “inacceptable et indéfendable” de la répression en dépit d’une “trêve” annoncée mercredi soir par Ianoukovitch mais qui n’a duré que quelques heures.

Selon des diplomates européens, en plus de responsables du gouvernement et de l’appareil de sécurité, des sanctions pourraient éventuellement être prises contre ceux parmi les chefs de file de la contestation qui ont appelé à la violence. Viktor Ianoukovitch ne devrait en revanche pas être ciblé pour laisser ouverte la possibilité d’un dialogue.

Un groupe de pays parmi lesquels la Grèce, le Portugal, l’Espagne, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas feraient preuve de prudence sur le déclenchement de sanctions par crainte précisément de rompre le dialogue avec les Ukrainiens, ajoute un diplomate de l’UE.

Certains rappellent que les sanctions imposées à la Biélorussie n’ont pas été efficaces.

Avec Robin Emmott, Justyna Pawlak et Barbara Lewis à Bruxelles, Lidia Kelly à Moscou et John Irish à Paris, Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Yves Clarisse

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