January 24, 2014 / 6:39 PM / 5 years ago

Les délégations syriennes vont se voir face à face à Genève

par Khaled Yacoub Oweis et Mariam Karouny

Pour la première fois, la délégation de l'opposition syrienne aux négociations de Genève rencontrera samedi matin en face à face celle du gouvernement de Damas, pour une brève réunion présidée par le médiateur international Lakhdar Brahimi. La rencontre débutera à 10h00 dans les bureaux des Nations unies à Genève. /Photo prise le 24 janvier 2014/REUTERS/Jamal Saidi

GENEVE (Reuters) - Pour la première fois en près de trois ans de guerre civile, la délégation de l’opposition syrienne aux négociations de Genève rencontrera samedi matin en face à face celle du gouvernement de Damas, pour une brève réunion présidée par le médiateur international Lakhdar Brahimi.

La rencontre débutera à 10h00 dans les bureaux des Nations unies à Genève, a précisé à Reuters un délégué de l’opposition, Anas al Abdeh.

“Nous sommes satisfaits du communiqué de M. Brahimi aujourd’hui et du fait que le régime ait accepté (la déclaration de) Genève I. Sur cette base, nous rencontrerons demain matin la délégation d’Assad.”

“Ce sera une courte séance au cours de laquelle seul Brahimi parlera. Il y aura une autre séance, plus longue, dans l’après-midi”, a ajouté le délégué.

Peu auparavant, Lakhdar Brahimi avait annoncé que la délégation du gouvernement syrien avait accepté que les principes du communiqué de Genève I en juin 2012, qui prévoit la mise en place d’un gouvernement de transition formé par “consentement mutuel”, servent de base aux pourparlers directs avec l’opposition.

Le diplomate algérien a jugé “encourageantes” les discussions qu’il a eues séparément vendredi avec les deux camps.

Il a cependant fait remarquer que ceux-ci avaient “des interprétations différentes de certains éléments” de la déclaration de 2012. “Je pense que les deux parties comprennent cela très bien et l’acceptent”, a ajouté Lakhdar Brahimi.

Une autre semaine de discussions est prévue à Genève mais les diplomates s’attendent à peu de progrès politiques.

Négocié par les pays du Groupe d’action sur la Syrie, le communiqué de Genève I appelle à la formation d’un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs pour superviser le changement en Syrie “formé sur la base du consentement mutuel”.

MESURES HUMANITAIRES

La Coalition nationale syrienne (CNS), principale organisation représentative de l’opposition en exil, avait lié sa participation à des discussions directes à une reconnaissance de ce texte par la délégation de Damas.

Vendredi matin, les choses semblaient se présenter plutôt mal. Les délégués du gouvernement syrien avaient même menacé de quitter la Suisse dès samedi.

“Si aucune séance de travail sérieuse n’a lieu d’ici samedi, la délégation officielle syrienne quittera Genève en raison du manque de sérieux ou de préparation de l’autre partie”, avait déclaré Walid al Moualem, ministre syrien des Affaires étrangères et chef de la délégation.

Pour sa part, l’opposition exigeait que la délégation gouvernementale approuve le communiqué de Genève I.

“Nous avons explicitement demandé un engagement écrit de la délégation du régime acceptant Genève I. Sinon, il n’y aura pas de négociations directes”, avait averti un délégué de l’opposition, Haitham al Maleh.

La journée d’ouverture de la conférence de paix, dite de Genève II, mercredi à Montreux, sur les bords du lac Léman, a souligné la profondeur des divergences entre le gouvernement Assad et la délégation de la Coalition nationale syrienne (CNS), la principale organisation représentative de l’opposition syrienne en exil.

Mais malgré l’âpreté des propos tenus - les deux parties se sont mutuellement accusées des pires atrocités -, les participants espèrent pouvoir sauver le processus en se fixant des objectifs concrets visant à améliorer la vie quotidienne des populations civiles, à défaut de négocier d’emblée sur la nature du futur régime politique à Damas.

Selon Lakhdar Brahimi, les deux parties se disent prêtes à discuter d’un échange de prisonniers, d’un accès pour l’aide humanitaire et de cessez-le-feu locaux.

“Les attentes sont si faibles qu’on suit les événements au jour le jour”, confie un diplomate occidental. “Chaque fois qu’ils se parlent, c’est déjà un petit progrès”, a-t-il dit.

Avec Samia Nakhoul, John Irish et Tom Miles; Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français

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