January 12, 2014 / 10:10 AM / 4 years ago

Dieudonné abandonne son spectacle interdit

PARIS/ORLEANS (Reuters) - Dieudonné a annoncé samedi l’abandon de son spectacle interdit dans plusieurs villes et en a présenté un nouveau, dont aucun élément ne devrait selon lui tomber sous le coup de la loi.

Lors d'une conférence de presse donnée au théâtre de la "Main d'Or" à Paris, Dieudonné a annoncé l'abandon de son spectacle "Le Mur", interdit dans plusieurs villes, et en a présenté un nouveau, dont aucun élément ne devrait selon lui tomber sous le coup de la loi. /Photo prise le 11 janvier 2014/REUTERS/Gonzalo Fuentes

L’humoriste a estimé que cette décision devait mettre fin à “l’affaire Dieudonné”, un bras de fer engagé par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, avec l’appui du chef de l’Etat.

Il a cependant précisé que ses avocats continueraient à défendre le spectacle interdit, “Le Mur”, et que “les magistrats auront à se prononcer sur le fond”.

“Bien évidemment, je ne suis pas un nazi, je ne suis pas un antisémite, et je pense que c’est à la justice de le dire”, a-t-il expliqué lors une déclaration aux médias, dans le théâtre parisien où il se produit.

Après deux décisions du Conseil d’Etat s’étant traduites par l’annulation de représentations, “comme nous sommes dans un Etat de droit, évidemment, il faut se conformer à la loi et aux règles qui régissent cette démocratie”, a-t-il ajouté.

“Je ne jouerai plus le spectacle ‘Le Mur’”, a-t-il poursuivi, en présentant un nouveau spectacle qu’il dit consacré à l’Afrique.

“Dans mon spectacle, aujourd’hui, il n’y aura pas les propos visés dans tous ces arrêtés”, a-t-il assuré. “Je pense que cela entérine la fin d’un débat judiciaire. Aujourd’hui il n’y a plus d’affaire Dieudonné.”

L’humoriste, condamné à de multiples reprises pour antisémitisme, a déploré “l’ingérence politique” qui a conduit aux interdictions de son spectacle. “Je pense que ce n’est pas au Conseil d’Etat de soupeser les blagues”, a-t-il ajouté.

Jacques Verdier, un de ses avocats, a estimé sur i>TÉLÉ, que “l’affaire Dieudonné se termine”. “Dieudonné se range aux décisions qui ont été rendues par la justice et à l’arrêté du préfet de police de Paris”, a-t-il ajouté, en demandant “désormais qu’on le laisse travailler”.

LA LICRA ESPÈRE QU’IL CHANGERA

Alain Jakubowicz, président de la Licra, une association à l’origine de poursuites contre l’humoriste, a estimé qu’il devrait pouvoir remonter sur les planches avec ce nouveau spectacle.

Il a souhaité sur i>TÉLÉ “qu’il oublie cette espèce d’obsession antisémite”, en soulignant cependant qu’”il a déjà pris un très grand nombre d’engagements à cet égard, que jusqu’alors il n’a pas respectés.”

Dans la matinée, le tribunal administratif d’Orléans (Loiret) avait confirmé l’annulation du spectacle qui devait avoir lieu dans la soirée au Zénith de la ville.

Le Conseil d’Etat a ensuite confirmé cette annulation.

Dieudonné avait déjà subi de nouveaux revers vendredi avec la confirmation par le Conseil d’Etat de l’interdiction de son spectacle à Tours et l’interdiction par la préfecture de police de Paris de ses représentations dans la capitale.

Ce feuilleton judiciaire semble conforter pour l’instant Manuel Valls, dont la stratégie consistant à faire interdire les spectacles au cas par cas par les préfets ou les maires était contestée au sein de la classe politique.

Le ministre de l’Intérieur avait obtenu une première victoire jeudi en privant l’humoriste de scène à Nantes et en faisant valider le risque de trouble à l’ordre public par le Conseil d’Etat.

Les décisions du Conseil d’Etat constituent un revirement de jurisprudence, les tribunaux administratifs ayant, à une quinzaine de reprises ces dernières années, invalidé des arrêtés d’interdiction de spectacles de Dieudonné.

Selon un sondage BVA pour I>Télé publié samedi, 83% des Français ont une mauvaise opinion de Dieudonné, une courte majorité désapprouve les interdictions de son spectacle (52%) et 74% pensent que le gouvernement “parle trop” de cette affaire.

Le sondage a été réalisé les 9 et 10 janvier auprès d’un échantillon de 997 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Jean-Baptiste Vey à Paris et Mourad Guichard à Orléans, édité par Marc Angrand

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