December 22, 2013 / 3:27 PM / 5 years ago

Mikhaïl Khodorkovski défend les "détenus politiques" en Russie

par Michelle Martin et Steve Gutterman

Lors d'une conférence de presse symboliquement organisée dimanche au Musée du Mur de Berlin, à Checkpoint Charlie, l'ancien oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski, gracié par le président Vladimir Poutine et qui a gagné la capitale allemande dès sa libération, a déclaré qu'il ne voulait pas s'engager dans le combat politique. Il a toutefois dénoncé le sort réservé aux "détenus politiques" en Russie, en précisant qu'il ne chercherait pas à récupérer ses avoirs dans son ancienne société pétrolière, Ioukos. /Photo prise le 22 décembre 2013/REUTERS/Thomas Peter

BERLIN (Reuters) - L’ancien oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski, gracié par le président Vladimir Poutine et qui a gagné Berlin dès sa libération, a déclaré dimanche qu’il ne voulait pas s’engager dans le combat politique mais a toutefois dénoncé le sort réservé aux “détenus politiques” en Russie.

“La lutte pour le pouvoir, ce n’est pas pour moi”, a dit l’ex-plus grande fortune de Russie lors d’une conférence de presse symboliquement organisée au Musée du Mur de Berlin, à Checkpoint Charlie, qui rappelle la division de la ville pendant la Guerre froide.

L’ancien patron du groupe pétrolier Ioukos, qui a passé plus de dix ans en détention, a cependant souligné qu’il restait de nombreux prisonniers politiques dans son pays et que les dirigeants occidentaux devaient garder cette réalité à l’esprit quand ils négocient avec le Kremlin.

“Nous devons encore faire des efforts pour qu’il n’y ait plus de prisonniers politiques, en Russie comme ailleurs”, a-t-il dit. “Je vais faire tout ce que je peux à cet égard.”

Il s’est gardé de vouloir donner des conseils aux dirigeants occidentaux sur l’attitude à adopter face à un Vladimir Poutine à la personnalité, a-t-il dit, “complexe”.

“J’espère seulement que les hommes politiques des pays occidentaux, lorsqu’ils parleront à Poutine, garderont à l’esprit que je n’étais pas le dernier prisonnier politique russe.”

Parfois saisi par l’émotion mais apparemment en bonne forme, Mikhaïl Khodorkovski a souligné qu’aucune condition n’avait été posée à sa remise en liberté et qu’il n’avait en rien reconnu sa culpabilité en acceptant la grâce présidentielle.

“JE N’AI PAS EU LE CHOIX”

Il a précisé qu’il n’entendait pas pour le moment retourner en Russie car, malgré les assurances données par le Kremlin, il n’est pas sûr de pouvoir voyager librement ensuite.

La décision de quitter la Russie pour l’Allemagne dès sa libération n’est pas venue de lui, a-t-il expliqué.

“Je n’ai pas eu le choix. Le directeur du camp m’a réveillé à deux heures du matin et m’a dit que j’allais rentrer à la maison”, a-t-il raconté. “C’est seulement durant le voyage que j’ai appris que ma destination était Berlin. Et j’ai vu que j’étais à bord d’un avion allemand.”

Mikhaïl Khodorkovski, qui a rejoint sa famille dans la capitale allemande, a précisé que sa situation financière était satisfaisante et qu’il n’avait pas l’intention de se lancer de nouveau dans les affaires, ni de chercher à récupérer les biens qu’il a perdus lors du démantèlement de Ioukos.

Libéré vendredi d’un centre pénitentiaire situé près du cercle polaire Arctique, il était détenu depuis son interpellation en 2003 sur des soupçons d’escroquerie et de fraude fiscale.

Il a été jugé coupable et condamné lors de deux procès considérés par de nombreux observateurs comme une sanction politique pour le punir d’avoir tenu tête à Poutine.

Après l’arrestation de l’oligarque, le groupe Ioukos a été démantelé et ses actifs ont été vendus. Ses principaux sites de production ont fini dans l’escarcelle de la compagnie pétrolière publique Rosneft, devenue le premier producteur russe et dirigée par un proche de Poutine, Igor Setchine.

Khodorkovski a indiqué qu’il avait sollicité la grâce présidentielle pour des raisons familiales. Sa mère Marina, qui est âgée de 79 ans, souffre d’un cancer.

Avec Alexei Anishchuk et Lidia Kelly à Moscou, Noah Barkin à Berlin; Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français

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