December 22, 2013 / 2:07 PM / in 4 years

Hollande exprime ses regrets après ses propos sur l'Algérie

PARIS/ALGER (Reuters) - François Hollande a fait part dimanche de ses regrets sincères “pour l’interprétation qui est faite” de sa boutade sur la sécurité en Algérie et a jugé la polémique sans fondement tandis qu’Alger déplorait un “incident regrettable”.

François Hollande a fait part de ses regrets sincères "pour l'interprétation qui est faite" de sa boutade sur la sécurité en Algérie et a jugé la polémique sans fondement tandis qu'Alger déplorait un "incident regrettable". Le président français, qui fêtait les 70 ans du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) le 16 décembre, avait déclaré sur le ton de la plaisanterie, au sujet de la présence dans la salle du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, de retour d'Algérie: "Il en revient sain et sauf, c'est déjà beaucoup." /Photo prise le 16 dcembre 2013/REUTERS/Philippe Wojazer

Des responsables de l’opposition avaient auparavant demandé au président français de présenter des excuses officielles, jugeant ses propos déplacés ou indignes de sa fonction.

François Hollande, qui fêtait les 70 ans du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) le 16 décembre, s’était félicité de la présence dans la salle du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, de retour d’Algérie.

“Il en revient sain et sauf, c’est déjà beaucoup”, avait-il dit sur le ton de la plaisanterie.

Le chef de l’Etat a estimé dimanche que ces “quelques mots” faisaient “l’objet d’une polémique sans fondement”.

“Chacun connaît les sentiments d’amitié que François Hollande porte à l’Algérie et le grand respect qu’il a pour son peuple, comme l’ont prouvé la visite d’Etat qu’il a effectuée en décembre dernier (2012)”, écrit l’Elysée dans un communiqué.

“Il exprime ses sincères regrets pour l’interprétation qui est faite de ses propos et en fera directement part au président (algérien Abdelaziz) Bouteflika”, ajoute le texte.

ALGER SATISFAIT DES REGRETS

A Alger, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a pris connaissance “avec satisfaction” du communiqué de l’Elysée, a dit son porte-parole, cité par l’agence Algérie presse service (APS).

“En particulier les sentiments d’amitié qu’il porte à l’Algérie et le grand respect qu’il a pour son peuple que le président français a tenu à réitérer”, a ajouté celui-ci.

D’abord passée inaperçue, la boutade de François Hollande a été relayée sur les réseaux sociaux et a indigné la presse algérienne.

En France, le président de l’UMP Jean-François Copé a regretté “le dernier dérapage verbal du président de la République”.

“Sur un thème aussi important que la relation de la France avec l’Algérie, l’exigence de la fonction présidentielle n’autorise pas une formule aussi déplacée”, écrit-il sur son compte Twitter.

L’ex-ministre UMP Valérie Pécresse a trouvé les propos de François Hollande “particulièrement maladroits” “Surtout ce n’est pas digne d’un président de la République”, a-t-elle déclaré sur TF1.

Le secrétaire général adjoint de l’UMP Geoffroy Didier a invité le président de la République à “présenter ses excuses au peuple algérien” pour cette plaisanterie qu’il qualifie d’”indigne”.

Du côté de l’UDI, Dominique Paillé a déploré une “attitude affligeante” et, comme son collègue Yves Jégo, a souligné la nécessité pour le chef de l’Etat de présenter “des excuses officielles” à l’Algérie.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon a tweeté que la boutade de François Hollande lui avait donné “la nausée.”

En Algérie, le quotidien El Watan a dénoncé dimanche “une plaisanterie de mauvais goût” et “des insinuations pathétiques”. “Alger s’indigne”, titre-il en une.

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, avait parlé samedi d’une “moins-value” dans les relations entre les deux pays.

“L’année 2012 s’est terminée avec le succès éclatant de la visite d’Etat du président Hollande en Algérie. L’année 2013, n’est pas encore terminée, et nous ne souhaitons pas la terminer sur une mauvaise note. J’espère que nous puissions trouver les moyens, dans les jours qui nous séparent, de tourner la page de cet incident regrettable”, avait-il dit cité par l’APS.

Gérard Bon à Paris et Lamine Chikhi à Alger, édité par Henri-Pierre André

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