December 9, 2013 / 1:12 PM / in 5 years

Hollande et Sarkozy iront séparément en Afrique du Sud

PARIS (Reuters) - François Hollande et Nicolas Sarkozy, dont la présence conjointe aux obsèques de Nelson Mandela est saluée comme un symbole de “concorde républicaine”, se rendront séparément en Afrique du Sud, a-t-on appris lundi auprès de l’Elysée.

Préparatifs au Soccer City Stadium de Johannesburg, où se déroulera mardi le service funèbre à la mémoire de Nelson Mandela. François Hollande et Nicolas Sarkozy -dont la présence conjointe aux obsèques du "Père de la Nation arc-en-ciel" est saluée comme un symbole de "concorde républicaine"- se rendront séparément en Afrique du Sud. /Photo prise le 9 décembre 2013/REUTERS/Adrees Latif

Le président français a convié durant le week-end son adversaire de l’élection de 2012 aux cérémonies de Soweto, prévues mardi matin, une invitation que Nicolas Sarkozy a acceptée malgré une inimitié notoire avec son successeur.

Les autorités sud-africaines souhaitaient la présence des ex-présidents ayant connu Nelson Mandela. Ainsi le président américain Barack Obama viendra-t-il avec George W. Bush et Bill Clinton. Un protocole distinct sera réservé au stade de Soweto aux anciens dirigeants et aux présidents en exercice.

“Effectuer un geste républicain comme celui-ci paraissait assez naturel étant donné la nature de cette cérémonie qui regroupe des responsables internationaux qui l’ont côtoyé”, a-t-on expliqué à l’Elysée.

“C’est un acte républicain et de concorde, il y a des moments où il faut savoir mettre de côté les différences et les oppositions”, a-t-on ajouté.

Des médias spéculaient déjà sur des retrouvailles en plein ciel, à bord de l’Airbus présidentiel, pour les deux rivaux après la tension de la campagne présidentielle et la froideur de la passation de pouvoirs.

Mais les deux hommes, qui quitteront Paris lundi soir, effectueront le voyage chacun dans un Falcon de la République française, officiellement pour des raisons économiques.

“Ce ne sera pas l’Airbus pour des questions d’économies. Le président a pris la décision que ce soit deux petits avions”, a-t-on indiqué à la présidence.

“On a regardé tous les moyens de transport mobilisables. Lorsqu’on a eu l’information sur la taille des délégations -très réduites, on a ajusté en fonction de cela et des économies que l’on pouvait faire aussi”, précise-t-on de source gouvernementale.

DES GRIEFS DANS LES DEUX CAMPS

Le retour, lundi, de Jean-Marc Ayrault de Chine n’est en rien lié à l’organisation des voyages, assure-t-on. “Le Premier ministre étant parti depuis cinq jours, il était opportun qu’il soit là au moment où le président parte”.

Pour le sénateur UMP de Paris Pierre Charon, proche de Nicolas Sarkozy, un vol commun n’était même pas imaginable.

“Passer 11 heures ensemble, avec toute la cohorte socialiste, c’eût été un peu curieux”, a-t-il dit sur BFMTV.

Les sarkozystes ne pardonnent pas à François Hollande d’avoir failli au protocole en ne raccompagnant pas Nicolas Sarkozy sur le perron de l’Elysée lors de la cérémonie de transfert du pouvoir le 15 mai 2012, alors que le président sortant avait convié son successeur aux cérémonies du 8-Mai.

Ils dénoncent en outre de la part des socialistes un “Sarkozy-bashing” -une critique systématique du quinquennat de l’ancien président UMP, destiné selon eux à exonérer le pouvoir actuel de ses responsabilités dans la situation économique et sociale de la France.

Des proches de François Hollande renvoient l’accusation de dénigrement à l’UMP et aux fidèles de Nicolas Sarkozy qui jugeraient le président socialiste “nul” et aisé à vaincre en 2017. “L’élégance” du geste du chef de l’Etat n’en est à leur yeux que plus notable.

C’est une “marque de courtoisie tardive mais bienvenue”, a estimé sur France Inter l’ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin.

“C’est surtout le fait de retrouver une façon d’être correct avec son prédécesseur, ce qui n’a pas été le cas dès la cérémonie de passation des pouvoirs”, a souligné Lionnel Luca, député UMP “sarkozyste” des Alpes-Maritimes.

Sophie Louet et Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

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