November 22, 2013 / 9:25 PM / 5 years ago

Dallas se souvient de JFK, 50 ans après

par Jon Herskovitz et Marice Richter

A Dealey Plaza, à Dallas, lors du 50e anniversaire de l'assassinat de John F. Kennedy. La ville a organisé vendredi pour la première fois des cérémonies officielles en souvenir d'un traumatisme qui a durablement terni son image dans l'esprit des Américains. /Photo prise le 22 novembre 2013/REUTERS/Mike Stone

DALLAS (Reuters) - Dallas a célébré vendredi le 50e anniversaire de l’assassinat de John F. Kennedy en organisant pour la première fois des cérémonies officielles en souvenir d’un traumatisme qui a durablement terni l’image de la ville dans l’esprit des Américains.

“Nos coeurs furent collectivement brisés”, a déclaré le maire de Dallas, Mike Rawlings, à une foule d’environ 5.000 personnes réunies sous une pluie glaciale à Dealey Plaza, où JFK fut touché par des tirs qui lui seront fatals.

Les cérémonies ont débuté à 11h30 (17h30 GMT), l’heure à laquelle le 22 novembre 1963 le convoi présidentiel se faisait acclamer par la foule en circulant dans le centre de Dallas.

“Si cela ne s’était pas produit, l’histoire aurait peut-être changé. C’était un président différent”, a déclaré Douglas Ducharme, un Canadien venu assister aux commémorations.

Les années précédentes, Dealey Plaza a surtout été le lieu de rassemblement des adeptes de la théorie du complot contestant la version officielle selon laquelle un homme seul, Lee Harvey Oswald, a tiré les trois coups de feu du sixième étage du dépôt de manuels scolaires de l’Etat du Texas, un bâtiment donnant sur la place. Deux jours plus tard, Oswald était tué par Jack Ruby, propriétaire d’un night-club à Dallas, alors qu’il était en détention. Ruby est mort en prison trois ans plus tard.

Ces sceptiques sont encore venus en nombre ce vendredi à Dallas mais ils ont été tenus à l’écart des cérémonies officielles.

“LA CITÉ DE LA HAINE”

Le cinquantième anniversaire de l’assassinat de JFK a également été l’occasion de nombreux événements à travers les Etats-Unis.

Sur l’antenne d’ABC, Barack Obama a estimé que l’ancien président avait eu un impact durable sur les Etats-Unis parce qu’il avait incarné selon lui l’idéalisme des Américains après la Seconde Guerre mondiale et qu’il était admiré pour sa jeunesse et son éloquence.

“Il a véritablement ému les Américains d’une manière qui résonne encore en nous aujourd’hui”, a déclaré son lointain successeur à la Maison blanche.

Dès l’aube, le ministre de la Justice (Attorney General) Eric Holder a déposé une pièce commémorative sur la tombe de Kennedy au cimetière national d’Arlington, en Virginie, où le défunt président est enterré auprès de son épouse Jackie et de deux de leurs enfants. Eric Holder a également rendu hommage à Robert F. Kennedy, qui fut Attorney General sous la présidence de son frère.

Au musée John F. Kennedy de Boston, des centaines de personnes ont afflué dans la journée pour signer sur quatre grands livres d’or déposés sur des piédestaux ornés de fleurs.

“Certains voient dans cet assassinat le moment où le pays a perdu son innocence”, a déclaré Alex Loughran Lamothe, un volontaire de 23 ans de l’organisation City Year - formée sur le modèle du Peace Corps créé par Kennedy.

Marqués par l’événement, les habitants de Dallas ont longtemps vécu avec un sentiment de culpabilité et soigneusement évité d’organiser toute cérémonie officielle. Le stigmate s’est progressivement effacé et le Musée du Sixième Etage dans l’ancien dépôt de manuels scolaires est désormais l’une des principales attractions touristiques de la ville.

“Un flot de critiques internationales s’est déversé sur Dallas après l’assassinat. Elle était appelée ‘la cité de la haine’”, rappelle Stephen Fagin, conservateur du musée.

En pleine Guerre froide et dans un climat de fortes tensions raciales à l’intérieur même des Etats-Unis, un petit groupe influent d’ultraconservateurs du Texas avait protesté contre la venue de John F. Kennedy, jugé trop mou face au communisme.

“DEUX ÊTRES INSIGNIFIANTS”

Récemment, la ville a effacé la grande croix peinte par des inconnus sur la chaussée d’Elm Street pour marquer l’endroit présumé où JFK fut touché à la tête. Pour beaucoup d’habitants, cette marque était incongrue tandis que la petite plaque commémorative officielle était jugée bien trop insignifiante.

Des milliers d’ouvrages, d’articles, de documentaires télévisés et de films ont été consacrés à cette journée particulière à Dallas et les sondages montrent qu’une majorité d’Américains continue de penser que JFK a été victime d’un complot et ne croit guère à la thèse officielle du tireur isolé.

Le journaliste Hugh Ayensworth se trouvait sur Dealey Plaza il y a 50 ans. Il a été le témoin de l’assassinat de John F. Kennedy mais aussi de la mort de Lee Harvey Oswald, abattu par Jack Ruby. Il a consacré le reste de sa vie à enquêter sur cette affaire et à discréditer les théories du complot.

“Il est très difficile d’accepter que deux êtres insignifiants - Lee Harvey Oswald et Jack Ruby - ont pu changer le cours de l’histoire du monde”, a-t-il dit à Reuters.

Avec Jana Pruet et Pavithra Sarah George; Bertrand Boucey et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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