October 29, 2013 / 5:20 PM / 5 years ago

Libération des quatre otages français détenus par Aqmi au Sahel

NIAMEY/PARIS (Reuters) - Les quatre otages français détenus au Sahel depuis plus de trois ans ont été libérés mardi à l’issue d’une opération menée par les autorités nigériennes et seront de retour à Paris mercredi en fin de matinée, a déclaré à Niamey le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou (au centre) et les ministres français de la Défense Jean-Yves Le Drian (à gauche) et des Affaires étrangères Laurent Fabius, en compagnie des quatre otages français tout juste libérés après plus de trois ans de détention au Sahel. Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Féret avaient été enlevés par le groupe Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) le 16 septembre 2010 sur un site d'extraction d'uranium d'Areva à Arlit, au Niger. /REUTERS/ECPAD/EMA/Armée de Terre/ADC Thierry Munch

Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Féret avaient été enlevés par le groupe Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) le 16 septembre 2010 sur un site d’extraction d’uranium d’Areva à Arlit, au Niger.

François Hollande a informé les familles des otages vers 17h00 avant de s’exprimer une heure plus tard devant les caméras à Bratislava, en Slovaquie.

“Je veux vous annoncer une heureuse nouvelle. Je viens d’apprendre par le président du Niger que nos quatre otages, ceux que l’on appelle les otages d’Arlit, viennent d’être libérés”, a déclaré le chef de l’Etat.

“Je veux exprimer toute ma gratitude au président du Niger qui a réussi à obtenir la libération de nos compatriotes”, a-t-il ajouté dans une allocution à l’ambassade de France.

L’Elysée s’est refusée à préciser la manière dont les otages avaient été libérés, et notamment s’il y a eu une opération militaire des forces nigériennes.

A Niamey, pressé par des journalistes de dire où avait eu lieu la libération, le président nigérien Mahamadou Issoufou a déclaré que les otages se trouvaient dans le nord du Mali.

“Nous sommes parvenus à les ramener au Niger”, a-t-il déclaré à la presse.

Mahamadou Issoufou a également félicité les membres de l’équipe nigérienne chargés de cette mission.

Le chef de la diplomatie française et le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, sont arrivés mardi soir à Niamey et ont pris en charge les anciens captifs à l’aéroport.

“Demain matin, vers la fin de la matinée, on sera a Paris avec eux”, a déclaré Laurent Fabius sur BFMTV.

“Ils sont en bonne forme, c’est ça qui est essentiel”, a-t-il ajouté en précisant qu’il n’y avait pas eu de rançon et que les otages avaient vécu au Niger et au Mali dans des conditions très éprouvantes.

UNE OEUVRE DE LONGUE HALEINE

Selon un correspondant de Reuters présent à l’aéroport de Niamey, les otages portaient la barbe, paraissaient fatigués et étaient vêtus de longs vêtements du désert.

Les quatre hommes faisaient partie d’un groupe de sept personnes -dont cinq Français- enlevées il y a plus de trois ans à Arlit, pour la plupart des collaborateurs des groupes Areva et Satom, une filiale de Vinci.

Trois captifs de groupe -Françoise Larribe, l’épouse de Daniel Larribe, un ressortissant malgache et un Togolais- avaient été libérés en février 2011.

Le sort du Néerlandais Sjaak Rijke, du Suédois Johan Gustafsson et de Stephan Malcolm, à la double nationalité britannique et sud-africaine, qui se sont retrouvés avec le groupe de Français après avoir été enlevés dans différents pays d’Afrique au cours des dernières années, est pour l’instant inconnu.

“C’est avec une joie immense que nous avons appris la libération de nos collaborateurs Thierry Dol, Pierre Legrand et Marc Féret ainsi que de Daniel Larribe, salarié d’Areva”, a déclaré dans un communiqué Xavier Huillard, PDG de Vinci.

Le président du directoire d’Areva, Luc Oursel, a souligné dans un communiqué le courage des otages et a remercié ceux qui avaient contribué à leur libération.

De source diplomatique, on souligne que l’opération en vue de la libération intervenue mardi était menée depuis “longtemps”.

“C’est le fruit d’un long travail de contact, pour trouver les bons interlocuteurs, qui dure depuis des mois”, a dit un diplomate.

SEPT OTAGES FRANÇAIS TOUJOURS DÉTENUS

Dans l’entourage de François Hollande, on ajoute que “l’espoir de la réalité de cette libération a commencé à se concrétiser aujourd’hui”, Laurent Fabius ayant quitté précipitamment Bratislava, où il accompagnait le président français, pour s’envoler vers la capitale nigérienne.

“C’est une opération nigérienne (...) clairement sous la conduite du (président nigérien Mahamadou) Issoufou.”

René Robert, le grand-père de Pierre Legrand a dit sur i>TELE n’avoir “jamais douté de la capacité de Pierre de tenir”.

“Simplement nous ne savions pas combien de temps les choses dureraient, et c’est vrai qu’au bout d’un moment il aurait pu s’épuiser”, a-t-il souligné.

François Hollande a expliqué que les initiatives entreprises pour la libération avaient pu être suspendues pendant l’intervention française au Mali mais qu’elles avaient repris après la défaite des djihadistes.

“Je pense (...) encore à ces sept otages français toujours détenus”, trois en Afrique et quatre en Syrie, a-t-il dit. “Je leur dis ce message simple et bref: ne perdez pas espoir, ne perdez jamais espoir, la République est là, toujours solidaire.”

John Irish, Marion Douet et Elizabeth Pineau, avec Kader Mazou à Niamey, édité par Julien Dury

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