October 21, 2013 / 1:45 PM / 5 years ago

Deux ans de prison avec sursis requis pour l'ex-patron de l'UIMM

PARIS (Reuters) - Le ministère public a requis lundi deux ans de prison avec sursis et 250.000 euros d’amende à l’encontre de Denis Gauthier-Sauvagnac, l’ancien “patron” de l’UIMM, dans l’affaire des caisses noires de l’organisation patronale.

Le ministère public a réclamé deux ans de prison avec sursis et 250.000 euros d'amende à l'encontre de Denis Gauthier-Sauvagnac, l'ex-patron de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) poursuivi pour abus de confiance et travail dissimulé. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Il a également réclamé des peines de 150.000 euros d’amende à huit mois de prison avec sursis pour quatre autres prévenus poursuivis pour abus de confiance et travail dissimulé, dont l’UIMM, l’une des plus puissantes fédérations du Medef, en tant que personne morale.

Le procureur, Ariane Amson, a déploré devant le tribunal correctionnel de Paris le refus des dirigeants patronaux de révéler les noms des bénéficiaires des 16,5 millions d’euros retirés en liquide entre 2000 et 2007 des caisses de l’UIMM.

“Les prévenus ont dit ne pas vouloir faire de délation. Ça me fait penser à des déclarations qu’ont voit dans des dossiers de la criminalité organisée”, a-t-elle dit.

Outre la peine requise contre l’ex-dirigeant de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie, Ariane Amson a demandé une peine de huit mois avec sursis pour Dominique de Calan, ancien délégué général adjoint.

Six mois de prison avec sursis ont été également réclamés à l’encontre de Dominique Renaud, la responsable du service comptable, et de Bernard Adam, ancien directeur administratif de l’organisation.

Le ministère public a également requis la condamnation a 150.000 euros d’amende de l’UIMM, poursuivie en tant que personne morale. En revanche, aucune peine n’a été requise contre quatre personnes jugées pour recel.

Le procès, qui a mis en lumière une page de l’histoire occulte des relations sociales en France, n’a pas permis d’établir la destination des fonds sortis des caisses de l’UIMM.

“SYNDICATS REPRÉSENTATIFS”

Au fil des audiences, les langues se sont quelque peu déliées, Denis Gauthier-Sauvagnac précisant que les enveloppes étaient remises à des syndicats.

Mais il a refusé de dire lesquels et de désigner des personnes physiques. “Je ne peux trahir la confiance que m’ont fait ces personnes”, a-t-il avancé.

Avant lui, un autre dirigeant de l’UIMM avait évoqué à la barre “les cinq syndicats représentatifs”, ainsi que des journalistes, des sociologues ou des bureaux d’études.

“Tout ça ne me convainc pas du tout”, a rétorqué le procureur, balayant l’argument de Denis Gauthier-Sauvagnac selon lequel l’omerta des dirigeants viserait à préserver “l’intérêt général”.

“L’intérêt général, chacun met ce qu’il veut dedans”, a regretté Ariane Amson. “Je considère que l’on a pas beaucoup avancé, ce dossier est dans le même état qu’à la clôture de l’instruction”.

Les grands syndicats se sont tous défendu dans les médias d’avoir touché de l’argent de l’UIMM, en particulier l’ex-dirigeant de la CFDT François Chérèque, qui a menacé d’attaquer en justice.

La caisse Epim (Entraide professionnelle des industries et des métaux) a été créée par l’UIMM en 1972 pour apporter “un appui moral et matériel” à ses adhérents subissant un conflit collectif du travail et ayant versé pour cela 2% du montant de leur masse salariale brut annuelle.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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