October 16, 2013 / 11:01 AM / in 5 years

La collégienne kosovare expulsée raconte sa "honte"

PARIS (Reuters) - La collégienne expulsée avec sa famille au Kosovo raconte sa honte et son désir de rentrer en France pour reprendre les cours, dans un entretien diffusé mercredi sur France Inter.

L’expulsion de Leonarda Dibrani, 15 ans, interpellée le 9 octobre dans le Doubs, a suscité l’indignation de responsables socialistes et d’associations, avec en ligne de mire le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls.

“Ça fait mal au cœur d’abandonner mes amis, l’école, tout le monde. J’avais honte aussi parce que la police est venue et mes camarades m’ont demandé : ‘Pourquoi la police ? Qu’est-ce que tu as fait ? Tu as volé ?”, déclare-t-elle, depuis Mitrovica, dans le nord du Kosovo, où elle vit désormais.

“J’ai dit : ‘Non, je peux pas vous répondre maintenant’ parce que la police me disait ‘On n’a pas le temps, il faut y aller’”, ajoute-t-elle.

Priée de dire si elle et sa famille avaient des attaches à Mitrovica, elle répond : “Non, on dort dehors, on dort sous des ponts et j’ai même pas le droit d’aller à l’école ici”, parce que, dit-elle, elle est Rom.

“Tout ce que je veux, c’est avec ma famille venir en France, recommencer mes cours pour avoir un avenir. Le truc le plus important, c’est l’école”, ajoute-t-elle.

Sur les circonstances de son interpellation, elle explique : “J’étais en sortie avec le collège et on devait aller visiter l’usine de Peugeot à Sochaux et, à sept heures et demie, j’ai eu un appel de l’ancien maire de Levier”, leur lieu de résidence.

“Il m’a demandé où j’étais, j’ai apporté mon téléphone à la ‘prof’, il a parlé avec elle, on s’est arrêté au collège Lucie Aubrac à Pontarlier, je suis descendue du bus avec la ‘prof’, j’étais dans les bras de la ‘prof’ en train de pleurer.”

Leonarda était scolarisée en classe de 3e.

La préfecture de police du Doubs a précisé que la famille de nationalité kosovare était entrée irrégulièrement en France en janvier 2009.

Leur demande d’asile a été rejetée en août 2009, puis en appel en janvier 2011. Une demande de réexamen de leur dossier a été rejetée. Après un refus de séjour assorti d’une obligation de quitter le territoire prononcée en septembre 2011, dont la légalité a été confirmée en janvier 2012, le jugement a été confirmé en appel en février 2013, précise-t-elle.

Le père a été expulsé le 8 octobre de France. La mère et ses six enfants le 9 octobre.

Jean-Baptiste Vey, édité par Sophie Louet

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