October 8, 2013 / 8:35 AM / 5 years ago

Manuel Valls en tournée "pour la sécurité des Français"

par Gilbert Reilhac

Manuel Valls sur le marché de Forbach. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls a entamé mardi dans l'ancien bassin houiller de Lorraine une tournée des territoires de France en difficulté qui pourraient offrir des élus au Front national. /Photo prise le 8 octobre 2013/REUTERS/Vincent Kessler

FORBACH, Moselle (Reuters) - Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls a entamé mardi à Forbach (Moselle), dans l’ancien bassin houiller de Lorraine, une tournée des territoires de France en difficulté qui pourraient offrir des élus au Front national.

Bien qu’il ait choisi pour première étape une cité où Florian Philippot, vice-président du parti d’extrême droite, défiera un maire socialiste aux municipales, le ministre le plus populaire du gouvernement réfute l’expression de “tournée anti-FN”, tout en affirmant sa volonté de rassurer les Français.

“Je n’ai jamais utilisé cette expression. S’il y a une tournée, c’est une tournée pour la sécurité des Français”, a-t-il dit aux nombreux journalistes qui suivaient la visite.

“Pour qu’il y ait du progrès social et de la démocratie, il faut d’abord que l’ordre républicain s’impose partout”, a ajouté celui qui incarne l’aile droite du Parti socialiste.

Cette première d’une série de visites de terrain intervient deux jours après le premier tour de la cantonale partielle de Brignoles (Var) qui a vu le candidat du Front national arriver en tête en éliminant la gauche.

Manuel Valls, qui a annoncé la création de deux nouvelles zones de sécurité prioritaire (ZSP) à Forbach et Behren-lès-Forbach, une commune voisine, a reconnu en filigrane sa volonté de combattre le parti de Marine Le Pen, sans à aucun moment prononcer le nom du Front national ou de ses dirigeants.

Interrogé sur la tournée du ministre de l’Intérieur, Florian Philippot l’avait qualifié, la veille, dans une interview au journal Metronews, de “Sarkozy 2.0, la version mise à jour”.

“On ne répond pas au sentiment d’abandon par des polémiques ou par des bons mots. On le combat avec des valeurs qui sont celles de la République, on le combat avec des actes”, a répliqué Manuel Valls.

SENTIMENT D’ABANDON

Le ministre profitait d’une réunion des ministres de la Justice et des Affaires intérieures, lundi et mardi soir à Luxembourg, pour effectuer cette escapade en Lorraine.

Dénonçant tour à tour le “fort sentiment d’insécurité” ressenti par une partie de la population, “les nuisances insupportables” dues à la présence de dealers dans les espaces publics ou “le viol de l’intimité” infligé aux victimes de cambriolages, Manuel Valls a promis un retour de l’Etat partout.

“Pendant trop d’années, les territoires les plus touchés par l’évolution de la délinquance n’ont pas bénéficié de mesures de soutien de la part de l’Etat. Ils ressentent un sentiment d’abandon et ça c’est insupportable”, a dit l’ancien maire d’Evry, qui s’est prévalu de cette expérience.

Le ministre auquel sont régulièrement prêtées des ambitions présidentielles ou l’espoir de remplacer Jean-Marc Ayrault au poste de Premier ministre, a pris soin d’inscrire les premiers résultats obtenus depuis un an en matière de sécurité dans l’action du gouvernement.

Même la ministre de la Justice, Christiane Taubira, dont il avait critiqué le projet de réforme pénale, a eu droit à un hommage. “La politique pénale de la garde des Sceaux contribue à renforcer l’action du gouvernement”, a-t-il assuré.

Florian Philippot distribuait au même moment des tracts dans le centre ville pour dénoncer un ministre qui “vient faire sa campagne présidentielle aux frais du contribuable”.

Le jeune énarque, dont le parachutage a d’abord fait des vagues parmi la vieille garde du Front national mosellan, espère l’emporter dans une ville où il avait obtenu près de 42% des voix au second tour des législatives de 2012, face au maire sortant Laurent Kalinowski.

Au premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen avait réalisé, avec près de 30% des voix, son meilleur score départemental dans cet arrondissement qui peine à se relever de l’arrêt des mines de charbon, en 2004.

Edité par Yves Clarisse

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