October 2, 2013 / 6:01 AM / 5 years ago

Le blocage persiste aux Etats-Unis sur le budget

par Andy Sullivan et Thomas Ferraro

Entrée du Woodrow Wilson Plaza, où sont installés de nombreux services fédéraux, à Washington. Barack Obama a décidé mercredi d'écourter sa prochaine tournée dans le Sud-Est asiatique, annulant les étapes malaisiennes et philippines en raison du blocage sur le budget américain, qui paralysait pour la deuxième journée mercredi nombre de services fédéraux. /Photo prise le 2 octobre 2013/REUTERS/Kevin Lamarque

WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama a décidé mercredi d’écourter sa prochaine tournée dans le Sud-Est asiatique, annulant les étapes malaisiennes et philippines en raison du blocage sur le budget américain, qui paralysait pour la deuxième journée mercredi nombre de services fédéraux.

Les deux étapes restantes de ce voyage, l’Indonésie et le sultanat de Brunei, pourraient être elles aussi remises en cause en fonction de l’évolution de la situation au Capitole. Ce programme allégé permettra au président américain, dont la tournée débute samedi, d’être de retour à Washington quelques jours avant l’autre épreuve de force qui l’attend : le relèvement du plafond de la dette.

Le plafond est actuellement fixé à 16.700 milliards de dollars mais les modalités de son relèvement opposent les camps républicain et démocrate au Congrès. Et, comme l’a réaffirmé le secrétaire au Trésor Jack Lew, le gouvernement n’aura au plus tard le 17 octobre plus le droit d’emprunter.

En l’absence de vote en ce sens d’ici cette date, l’Etat fédéral ne pourra plus s’endetter légalement et, selon certaines estimations, il pourrait commencer à faire défaut sur une partie de ses obligations entre le 18 octobre et le 5 novembre.

Aucun compromis ne semble d’autre part se dessiner sur la question du budget. Mardi soir, les élus démocrates de la Chambre des représentants ont rejeté l’un après l’autre les projets de loi présentés par les républicains pour permettre le financement des parcs nationaux, des pensions des anciens combattants ou du district de Columbia (Washington).

Comme ils nécessitaient de recueillir une majorité des deux tiers, ces trois projets de loi ont échoué mais les républicains comptent tenter ce mercredi de les faire à nouveau adopter. Ils devraient être rejetés par le Sénat, cette chambre étant à majorité démocrate.

Selon un sondage Reuters/Ipsos rendu public mercredi, 24% des Américains jugent les républicains responsables du blocage actuel, tandis que 19% rejettent la responsabilité sur le président Obama ou sur les démocrates. Quarante-six pour cent rejettent la responsabilité sur les deux camps.

L’OBAMACARE ENTRÉ EN VIGUEUR

Le président Obama devait recevoir mercredi les directeurs de grandes banques comme Goldman Sachs, Citigroup, JP Morgan Chase et Bank of America pour évoquer la situation de “shutdown” et la date butoir pour le relèvement du plafond de la dette.

La prolongation d’une telle situation de paralysie pourrait avoir des conséquences au-delà des frontières américaines et, à Paris, le ministre de l’Economie Pierre Moscovici a averti que le blocage budgétaire américain pourrait, s’il durait, avoir un impact négatif sur la reprise économique se dessinant en France.

La Bourse de Wall Street a ouvert en baisse mercredi, les investisseurs se demandant quand le bras de fer entre les républicains et la Maison blanche prendra fin. Vers 15h00 GMT, l’indice Dow Jones cédait près de 0,70%.

Les projets de loi sur une restauration partielle des services fédéraux semblent avoir temporairement refait l’union des républicains et évité une scission entre les plus conservateurs - les membres de la mouvance du “Tea Party”, qui ont poussé à la confrontation avec la Maison blanche - et les modérés.

Le représentant Peter King, élu modéré de New York, a estimé à plus de 100 le nombre de ses collègues républicains (sur 232 élus républicains à la chambre) prêts à soutenir l’appel d’Obama à rétablir le financement des services fédéraux sans condition. Avec les 200 élus démocrates, cela suffirait à dégager une majorité à la Chambre.

Peter King a invité Barack Obama à faire davantage de concessions, estimant qu’il y avait moyen de négocier et qu’il serait possible de combiner le projet de loi de financement à un accord sur le plafond de la dette si le président faisait des propositions intéressantes aux républicains.

“C’est maintenant au président de s’exprimer”, a-t-il dit.

Un responsable démocrate de la Chambre des représentants, Steny Hoyer, a jugé lui aussi qu’il était possible de s’entendre sur un plan qui débouche sur une “période d’accalmie” de l’ordre d’un mois et demi.

Malgré le “shutdown” des services administratifs, l’administration Obama a lancé mardi sa grande réforme du système de santé, le programme social le plus ambitieux aux Etats-Unis depuis Medicare il y a cinquante ans, en ouvrant des plates-formes d’assurance-maladie dans 50 Etats. L’ouverture de ces plates-formes en ligne a été perturbée par de nombreux bugs informatiques.

Danielle Rouquié, Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below