September 3, 2013 / 5:25 PM / 5 years ago

Les dirigeants du Congrès soutiennent Barack Obama sur la Syrie

par Jeff Mason

A la Maison blanche, où Barack Obama a reçu mardi les responsables du Congrès pour les exhorter à prendre une décision rapide dans le dossier syrien. Le président américain a fortement progressé mardi dans ses efforts pour obtenir un feu vert du Congrès à une intervention militaire américaine en Syrie, les chefs de file de la majorité républicaine à la Chambre des représentants ayant apporté leur soutien à son initiative. /Photo prise le 3 septembre 2013/REUTERS/Larry Downing

WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama a fortement progressé mardi dans ses efforts pour obtenir un feu vert du Congrès à une intervention militaire américaine en Syrie, les chefs de file de la majorité républicaine à la Chambre des représentants ayant apporté leur soutien à son initiative.

A Paris, François Hollande a déclaré que la France n’agirait pas seule en cas de vote négatif des parlementaires américains sur la demande de Barack Obama.

Ce dernier a reçu à la Maison blanche les responsables du Congrès pour les exhorter à prendre une décision rapide. Le président américain leur a garanti qu’il n’avait nullement l’intention d’entraîner les Etats-Unis dans une nouvelle guerre longue comme celles d’Afghanistan ou d’Irak.

Répétant sa certitude d’obtenir l’appui du Congrès, qui reprend ses travaux en séance plénière lundi, Barack Obama a ajouté que les Etats-Unis ne se contenteraient pas de frappes de représailles après l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien dans les environs de Damas.

Washington dispose d’un plan plus vaste pour appuyer l’opposition à Bachar al Assad, a dit le président américain, même si la Maison blanche prend soin de souligner que l’objectif des Américains n’est pas un “changement de régime”.

“STRATÉGIE PLUS LARGE”

“Ce que nous envisageons est quelque chose de limité. C’est quelque chose de proportionné. Cela affaiblira les capacités d’Assad”, a dit Barack Obama. “Dans le même temps, nous avons une stratégie plus large qui va nous permettre de renforcer les moyens de l’opposition.”

A la sortie de ces entretiens, les chefs de file de la majorité républicaine à la Chambre des représentants ont apporté leur soutien au président démocrate.

“Seuls les Etats-Unis ont la compétence et la capacité de stopper Assad et d’avertir les autres à travers le monde que ce genre d’attitude ne sera pas tolérée”, a dit le président républicain de la Chambre, John Boehner, à la presse. “Je pense que mes collègues devraient soutenir cet appel à une action.”

Le chef du groupe républicain à la Chambre a tenu un discours similaire. “J’ai l’intention de voter l’octroi au président des Etats-Unis de l’option de l’utilisation de la force militaire en Syrie”, a dit Eric Cantor.

Son homologue démocrate Nancy Pelosi a aussi appuyé la demande présidentielle.

Barack Obama a pour sa part exprimé sa certitude qu’une réponse pouvait être apportée aux réserves exprimées par certains parlementaires, y compris démocrates, sur la formulation jugée trop vague de la demande adressée au Congrès.

Le secrétaire d’Etat John Kerry et le secrétaire à la Défense Chuck Hagel doivent exposer la position de l’administration américaine devant la commission sénatoriale des Affaires étrangères, qui se réunit à 18h30 GMT.

En décidant, à la surprise générale, de saisir le Congrès au risque de bloquer toute intervention des Etats-Unis, le président américain a placé en porte-à-faux son homologue français François Hollande, qui se disait prêt à “punir” le régime syrien pour l’utilisation d’armes chimiques.

HOLLANDE POUR UNE “LARGE COALITION”

François Hollande a prôné mardi la formation d’une “large coalition” avec les Etats-Unis, l’Europe et les pays arabes.

Il a ajouté qu’en cas de vote négatif du Congrès américain, “la France n’agirait pas seule mais elle prendrait ses responsabilités, (y compris) en soutenant l’opposition en Syrie de manière à ce que qu’une réponse soit apportée”.

Cette volonté française d’intervenir militairement a amené Bachar al Assad à prévenir la France des “répercussions négatives” d’une telle intervention.

Dans une interview publiée ce mardi par le Figaro, le président syrien met en garde contre les conséquences de frappes contre son pays.

“Personne ne peut savoir ce qui se passera”, dit-il. “Tout le monde perdra le contrôle de la situation lorsque le baril de poudre explosera. Le chaos et l’extrémisme se répandront. Un risque de guerre régionale existe.”

Deux ans et demi après le début du soulèvement contre Bachar al Assad, près d’un Syrien sur trois, sur une population totale de 20 millions, a été déplacé par les violences, a déclaré le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Le conflit a en outre fait plus de 100.000 morts.

“La Syrie est devenue la grande tragédie de ce siècle, une honteuse calamité humanitaire avec des souffrances et des déplacements sans précédent dans l’histoire récente”, a estimé le Haut Commissaire de l’Onu pour les réfugiés, Antonio Guterres.

Avec Elizabeth Pineau et Sophie Louet à Paris, Yara Bayoumy et Erika Solomon à Beyrouth, Tom Miles et Stephanie Nebehay à Genève; Bertrand Boucey pour le service français

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