August 30, 2013 / 8:25 PM / 5 years ago

Les Etats-Unis ne veulent pas laisser la Syrie impunie

par Steve Holland et Catherine Bremer

Les Etats-Unis ont clairement fait comprendre vendredi qu'ils sanctionneraient le président syrien Bachar al Assad pour l'attaque à l'arme chimique du 21 août dans la banlieue de Damas, tout en soulignant les représailles envisagées seraient limitées. "Nous ne pouvons accepter un monde où les femmes et les enfants et des civils innocents sont gazés à une échelle terrible", a déclaré le président Barack Obama à la presse. /Photo prise le 30 août 2013/REUTERS/Kevin Lamarque

WASHINGTON/PARIS (Reuters) - Les Etats-Unis ont clairement fait comprendre vendredi qu’ils sanctionneraient le président syrien Bachar al Assad pour l’attaque à l’arme chimique du 21 août dans la banlieue de Damas, tout en soulignant les représailles envisagées seraient limitées.

“Nous ne pouvons accepter un monde où les femmes et les enfants et des civils innocents sont gazés à une échelle terrible”, a déclaré le président Barack Obama à la presse.

Les Etats-Unis, a dit le président américain, en sont toujours au stade de la planification de leur réponse militaire qui sera spécifique, “limitée” dans le temps et n’impliquera pas de troupes au sol.

Pour les Etats-Unis, a souligné son secrétaire d’Etat, John Kerry, il est essentiel de ne pas laisser la Syrie échapper à ses responsabilités, ne serait-ce que pour adresser un signal à ceux qui envisageraient d’utiliser des armes chimiques à l’avenir.

“L’Histoire nous jugerait tous extraordinairement durement si nous fermions les yeux sur l’utilisation gratuite d’armes de destruction massive par un dictateur”, a déclaré John Kerry.

“Aussi la question de fond n’est vraiment plus: que savons-nous? La question est: qu’allons-nous -nous tous ensemble- en faire?”, a ajouté le chef de la diplomatie américaine.

Pour John Kerry, “si un voyou et un meurtrier comme Bachar al Assad peut gazer des milliers de personnes de son propre peuple en toute impunité”, cela constituera un mauvais exemple pour des pays ou des groupes tels que l’Iran, le Hezbollah ou la Corée du Nord.

Les déclarations de Barack Obama et de John Kerry, conjuguées à la réaffirmation par la France de son soutien à une réponse militaire à l’attaque du 21 août, illustrent la détermination des Etats-Unis à sanctionner le régime Assad, malgré le refus jeudi soir par le parlement britannique de soutenir une intervention militaire en Syrie, qui prive Washington d’un de ses plus proches alliés.

“TENU D’EN RÉPONDRE”

Barack Obama s’est entretenu vendredi de la Syrie par téléphone avec le Premier ministre britannique David Cameron et avec le président français François Hollande.

Les présidents américain et français “partagent une certitude sur la nature chimique de l’attaque et la responsabilité indubitable du régime de Damas”, a par la suite déclaré l’Elysée.

“Proches alliés et amis, la France et les Etats-Unis poursuivront leur consultation sur la Syrie et sur toutes les autres questions mettant en jeu la sécurité internationale.”

Dans son allocution, John Kerry avait présenté la France comme “notre plus vieil allié”.

Le moment de l’attaque contre la Syrie -elle devrait se faire au moyen des missiles de croisière des bâtiments de la Navy déjà stationnés en Méditerranée- reste incertain. Mais le calendrier des prochains jours est compliqué: Barack Obama doit partir mardi soir pour la Suède puis pour le sommet du G20 en Russie.

Le président américain qui doit persuader les Américains, fatigués des guerres en Irak et en Afghanistan, d’accepter une nouvelle intervention américaine, a insisté sur le fait qu’une action militaire en Syrie serait limitée dans le temps et n’impliquerait pas de troupes au sol.

“Je vous assure que personne n’est plus lassé de la guerre que moi, mais ce que je crois aussi, c’est qu’une partie de nos obligations en tant que leader du monde est de faire en sorte que, quand un régime veut utiliser des armes qui sont interdites par les normes internationales sur (...) des gens, y compris des enfants, il soit tenu d’en répondre”, a déclaré le chef de la Maison blanche.

“MENSONGES”

Il a souligné que la sécurité nationale des Etats-Unis ainsi que la sécurité de leurs alliés israélien, jordanien et turc serait menacée si la Syrie était autorisée à utiliser les armes chimiques sans représailles.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, allié des Etats-Unis, a estimé pour sa part qu’une intervention militaire internationale contre la Syrie devait viser à mettre fin au régime du président Bachar al Assad.

“Ce qui compte est d’arrêter le bain de sang en Syrie et d’affaiblir le régime au point qu’il abandonne”, a-t-il déclaré.

La Turquie a placé ses forces armées en état d’alerte pour parer à toute menace venant de Syrie.

Vendredi, John Kerry a présenté une série de preuves qui, a-t-il dit, montrent que les forces d’Assad sont derrière l’attaque du 21 août. Au même moment, le gouvernement publiait une partie des informations des services de renseignements contenant de nombreux éléments.

L’attaque à l’arme chimique du 21 août en Syrie a tué 1.429 civils, dont 426 enfants, indique le rapport qui conclut avec “un degré élevé de certitude” que l’armée syrienne a utilisé des armes chimiques à de multiples reprises depuis un an.

Le gouvernement de Bachar al Assad, qui a régulièrement démenti être à l’origine de l’attaque chimique du 21 août, a à nouveau réfuté les accusations des Etats-Unis vendredi.

Ces “mensonges”, “sans fondement”, constituent “une tentative désespérée” de justifier une attaque militaire contre la Syrie, estime le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Quant au rapport que doivent rendre les inspecteurs en armes chimiques de l’Onu -ils doivent quitter Damas samedi- il ne fera que confirmer que les armes chimiques ont été utilisées, a déclaré John Kerry et ne changera pas grand chose pour Washington compte tenu “de l’obstructionnisme russe” qui paralyse le Conseil de sécurité des Nations unies.

L’analyse des éléments recueillis en Syrie par l’Onu pourrait prendre deux semaines, a précisé le secrétaire général de l’organisation, Ban Ki-moon, selon des diplomates.

Danielle Rouquié pour le service français, édité par Marc Angrand

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