July 2, 2013 / 9:20 PM / 5 years ago

Batho limogée par Hollande après avoir critiqué le budget

PARIS (Reuters) - François Hollande a mis fin mardi aux fonctions de la ministre de l’Ecologie Delphine Batho, qui avait critiqué publiquement le “mauvais budget” alloué à son secteur pour 2014, une première dans le quinquennat qui vaut “avertissement” pour l’ensemble du gouvernement.

François Hollande a mis fin mardi aux fonctions de la ministre de l'Ecologie Delphine Batho, qui avait critiqué le "mauvais budget" alloué à son secteur pour 2014. Elle sera remplacée par le député socialiste du Gers Philippe Martin. /Photo prise le 20 février 2013/REUTERS/Charles Platiau

Figure de la génération montante du Parti socialiste, ex-protégée de Ségolène Royal, Delphine Batho, 40 ans, est remplacée par le député PS du Gers Philippe Martin qui a mené dans sa circonscription un combat de longue date contre les OGM.

L’Elysée a fait savoir dans la soirée que le président de la République avait eu Delphine Batho au téléphone en début d’après-midi.

François Hollande lui a demandé de retirer ses propos, ce qu’elle a refusé. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, l’a ensuite convoquée alors qu’elle se trouvait à l’Assemblée nationale pour lui annoncer son départ du gouvernement.

Les écologistes se sont dit “scandalisés” par l’éviction de la jeune femme de ce poste sensible, dont Nicole Bricq, aujourd’hui ministre du Commerce extérieur, avait été déchargée en juin 2012 un mois après sa nomination pour avoir annoncé la suspension de tous les permis de forages exploratoires d’hydrocarbures au large de la Guyane.

Les élus d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et des élus de droite ont dénoncé un “deux poids deux mesures” dans la gestion gouvernementale.

“Il est pour le moins regrettable de sanctionner Delphine Batho, bonne élève du gouvernement, quand des récidivistes s’en sortent”, a réagi sur Twitter le député EELV François de Rugy, en référence notamment aux écarts du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, jamais inquiété.

Le chef de l’Etat et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ont sanctionné un manquement au principe de la solidarité gouvernementale, a commenté sur i>TELE le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, ajoutant que cette décision valait “avertissement” pour les collègues de Delphine Batho.

Fait sans précédent, Jean-Marc Ayrault avait annoncé dans l’après-midi sur Twitter la convocation de Delphine Batho qui s’était offusquée le matin même sur RTL que l’écologie soit une variable d’ajustement budgétaire.

LES ÉCOLOGISTES SE RÉUNISSENT

Dans un premier temps, l’entourage du Premier ministre s’était contenté d’assurer que “la transition écologique restait une priorité du gouvernement” et que Delphine Batho avait réagi “à un effet d’affichage”. Mais la sanction est tombée peu après 18h00 sous la forme d’un communiqué de l’Elysée.

Le gouvernement prévoit de dégager 14 milliards d’euros d’économies l’an prochain et d’augmenter les prélèvements obligatoires de 6 milliards d’euros. Ces économies se traduisent par des coupes pour de nombreux ministères, celui de l’Ecologie voyant ses crédits amputés de 7%.

La “sortie” de Delphine Batho avait conduit plusieurs responsables politiques de droite à réclamer sa démission.

“On ne peut pas venir sur une antenne à un moment de grande écoute pour contester la décision prise par le Premier ministre et rester au gouvernement”, avait estimé en début d’après-midi le chef de file des députés UMP Christian Jacob.

Début mai dans un entretien à Paris Match, le chef de l’Etat avait prévenu: “Personne n’est protégé dans le gouvernement. Personne n’a d’immunité”.

“Un jour, des choix et aménagements auront à être faits. Mais j’ai besoin de tous”, ajoutait-il.

Les deux ministres écologistes du gouvernement, Cécile Duflot et Pascal Canfin, et les responsables d’EELV devaient faire mardi soir “l’analyse politique” de la situation.

“La question est aujourd’hui: est-ce que l’écologie est une priorité de ce gouvernement?”, a déclaré sur Europe 1 Pascal Canfin, ministre délégué au Développement.

François Hollande avait promis lors de la conférence environnementale de septembre de faire de la France un pionnier de l’écologie, estimant qu’il y avait “urgence”.

Elizabeth Pineau et Marine Pennetier, avec Jean-Baptiste Vey et Emile Picy, édité par Gérard Bon

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