May 24, 2013 / 7:18 AM / in 6 years

Une interdiction du "Printemps français" à l'étude

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a annoncé vendredi qu’une interdiction du “Printemps français”, la frange radicale du mouvement d’opposition au mariage pour tous, allait être étudiée après les menaces proférées à l’encontre de plusieurs personnalités ainsi que du gouvernement.

Manuel Valls a déclaré qu'une interdiction du "Printemps français", la frange radicale du mouvement d'opposition au mariage pour tous, allait être étudiée après les menaces proférées à l'encontre de plusieurs personnalités ainsi que du gouvernement. /Photo prise le 18 janvier 2013/REUTERS/Charles Platiau

A deux jours d’une nouvelle manifestation des opposants à la loi sur le mariage homosexuel promulguée le 18 mai, le ministre de l’Intérieur a dit s’attendre à une forte présence de groupes d’extrême droite dimanche dans le cortège parisien.

Dans un communiqué publié mercredi, le “Printemps français” menace de prendre pour cible “le gouvernement actuel et tous ses appendices, les partis politiques de la collaboration et les lobbies où s’élaborent les programmes de l’idéologie et les organes qui la diffusent”.

“C’est un appel à la violence et il y a de nombreuses menaces même de mort et je ne les prends pas à la légère”, a réagi Manuel Valls sur France Info. “La justice va devoir agir parce que c’est intolérable que dans la République il puisse y avoir ces messages de haine.”

Interrogé sur une possible interdiction du “Printemps français”, il a répondu: “Bien sûr, nous allons l’étudier parce que ces propos sont inacceptables, il n’y a pas de place pour des groupes qui défient la République, la démocratie et qui s’attaquent aussi à des individus.”

“Laissez-moi vous dire mon inquiétude”, a insisté Manuel Valls. “Des groupes radicaux d’extrême droite veulent venir en nombre non pour manifester mais pour créer l’affrontement et le désordre et pour s’en prendre aux symboles de la République.”

A partir du moment où une loi a été votée par le parlement qu’elle a reçu l’aval du Conseil constitutionnel, “il est temps que tout le monde accepte ce choix”, a ajouté le ministre.

Réagissant sur i>Télé, la porte-parole du “Printemps français”, Béatrice Bourges, a émis des doutes sur la capacité du gouvernement d’interdire ce qu’elle qualifie d’”état d’esprit”.

“Interdire un état d’esprit, ça me paraît assez compliqué”, a-t-elle dit. “Au-delà de cela, ça veut tout simplement dire que tout ce qui n’est pas politiquement correct ou conforme va être réprimé dans notre pays. Je ne pensais pas que Manuel Valls irait aussi loin.”

“Je suis triste que dans ce pays on arrive dans un tel déni de démocratie. Comment peut-on interdire juste quelque chose qui dérange? Il n’y a jamais eu d’appel à la violence. Je préférerais que Manuel Valls s’attaque aux vrais sujets de sécurité dans notre pays.”

Marine Pennetier, édité par Henri-Pierre André

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