April 28, 2013 / 1:52 PM / 5 years ago

Valls et Sapin hostiles à une confrontation Paris-Berlin

PARIS (Reuters) - Manuel Valls et Michel Sapin, deux poids lourds du gouvernement, ont critiqué les prises de positions anti-allemandes du Parti socialiste, pour estimer que la question d’un changement de cap économique en Europe devait se débattre à Vingt-Sept et non pas dans une “confrontation” avec Berlin.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a qualifié d'"irresponsables" les propos tenus par des dirigeants du Parti socialiste sur la nécessité d'une "confrontation" avec l'Allemagne pour obtenir un changement de cap économique en Europe et le ministre du Travail Michel Sapin a estimé de son côté qu'utiliser ce terme était "totalement inapproprié, inadapté". /Photo d'archives/REUTERS/Tobias Schwarz

Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui a défendu la nécessité de cette “confrontation”, leur a répondu en invoquant la liberté de parole des parlementaires et a maintenu ses déclarations .

Dans une interview publiée dimanche par Le Parisien-Aujourd’hui en France, Manuel Valls a dénoncé des propos “irresponsables, démagogiques et nocifs” qui, ajoute le ministre de l’Intérieur, risquent de mettre “en très grande difficulté” une relation franco-allemande “essentielle” pour l’avenir de l’Union européenne.

Le ministre du Travail, Michel Sapin, a estimé de son côté qu’utiliser le terme de confrontation avec l’Allemagne était “totalement inapproprié”.

“Il ne s’agit pas de se confronter avec un pays (....) il s’agit encore moins de se confronter avec une personne, Angela Merkel”, a-t-il dit lors du grand rendez-vous Europe1-Le Parisien-i>Télé.

“Il s’agit de débattre en Europe à vingt-sept, et pas simplement avec l’Allemagne, de la meilleure politique possible dans les mois et les années qui viennent pour faire en sorte que toute l’Europe retrouve de la croissance”.

Pour Michel Sapin, il peut y avoir des “débats fermes” avec l’Allemagne “mais le débat pour réorienter une politique, ce n’est pas la confrontation avec un pays et encore moins avec une personnalité”.

Jeudi, Claude Bartolone avait plaidé pour une tension, voire si nécessaire une “confrontation” de la France avec l’Allemagne pour obtenir que l’Union européenne renonce a imposer rigueur et austérité à ses membres dans la crise économique actuelle.

“UN BRIN DE GERMANOPHOBIE”

Dans la foulée, un projet de document du PS s’en est pris à “l’intransigeance égoïste” d’Angela Merkel, obligeant le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à intervenir pour obtenir la suppression des passages les plus virulents et à défendre, via un message “tweeté” et bilingue, “un dialogue intense et sincère” entre Paris et Berlin. (voir )

Selon Manuel Valls, “faire croire à nos compatriotes que c’est l’Allemagne qui porte seule la responsabilité de la situation actuelle, c’est renforcer les populismes qui gagnent l’Europe”.

Interrogé sur le document du PS, Michel Sapin a estimé qu’”il peut y avoir la tendance, la volonté d’exprimer de manière outrancière la réalité d’un débat”, pour ajouter: “Mais si on veut que le débat ait vraiment lieu, il faut éviter les mots qui blessent.”

Réagissant sur son blog, Claude Bartolone a souhaité que les ministres qui s’offusquent des positions émanant des parlementaires “se concentrent un peu moins sur le commentaire de celles-ci et un peu plus sur l’état d’avancement de leurs dossiers”. “Beaucoup reste à faire !”, a-t-il ajouté.

Le président de l’Assemblée, auquel on prête des vues sur Matignon si François Hollande changeait de Premier ministre, a fait valoir en outre que l’Europe “procède d’une succession de compromis qui naissent de rapports de forces politiques”.

“La France n’a pas de complexes à avoir. Elle ne doit pas avoir peur de ses idées et de sa capacité à les rendre majoritaires”, indique-t-il non sans préciser qu’il “ne confond pas l’amitié franco-allemande avec la complicité politique que nous aurions avec Angela Merkel”.

La ministre de l’Ecologie, Cécile Duflot, a estimé de son côté que le débat en cours n’était pas franco-français, ni franco-allemand mais européen. “C’est un débat pour simplifier entre la droite et la gauche”, a-t-elle dit.

Invité de l’émission C Politique sur France 5, François Bayrou a dit déceler dans ce débat de la démobilisation, car il tend à faire croire que les problèmes de la France viennent de l’extérieur, ainsi qu’un “brin de germanophobie”.

Le président du MoDem y voit également un côté ridicule: “C’est comme une équipe de foot qui irait voir son équipe concurrente en disant, s’il vous plaît essayez de jouer moins bien pour que nous puissions marquer quelques buts.”

Yann Le Guernigou, édité par Henri-Pierre André

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