April 26, 2013 / 11:40 AM / 5 years ago

Le PS pousse François Hollande à "affronter" Angela Merkel

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste français fustige “l’intransigeance égoïste” de la chancelière Angela Merkel et appelle à un “affrontement démocratique” avec l’Allemagne dans un document relativisé -mais pas désavoué- par l’entourage de François Hollande.

Dans un document coordonné par le député Jean-Christophe Cambadélis, le Parti socialiste français fustige "l'intransigeance égoïste" de la chancelière Angela Merkel et appelle à "l'affrontement démocratique" contre l'Allemagne. Ce dossier sera soumis aux militants dans la perspective de la Convention du parti sur l'Europe prévue le 16 juin. /Photo prise le 25 avril 2013/REUTERS/Tobias Schwarz

Cette charge d’une vigueur inédite fait suite à de vives critiques de l’aile gauche du PS à l’égard de la politique de rigueur européenne, incarnée selon elle par Angela Merkel et à un plaidoyer de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, en faveur d’une “confrontation” avec Berlin, là où François Hollande parle d’une “tension amicale”.

Le PS développe son argumentaire dans un document de 21 pages coordonné par le député Jean-Christophe Cambadélis, vice-président du Parti socialiste européen (PSE) et qui sera soumis aux militants dans la perspective de la Convention du parti sur l’Europe prévue le 16 juin prochain.

“Le projet communautaire est aujourd’hui meurtri par une alliance de circonstance entre les accents thatchériens de l’actuel Premier ministre britannique -qui ne conçoit l’Europe qu’à la carte et au rabais- et l’intransigeance égoïste de la chancelière Merkel -qui ne songe à rien d’autre qu’à l’épargne des déposants outre-Rhin, à la balance commerciale enregistrée par Berlin et à son avenir électoral”, est-il écrit.

Le gouvernement français, qui, selon le PS, est le seul “sincèrement européen” parmi les grands pays de l’UE, doit “affronter démocratiquement la droite européenne” en se confrontant politiquement à la droite allemande, juge le parti.

“L’amitié entre la France et l’Allemagne, ce n’est pas l’amitié entre la France et la politique européenne de la chancelière Merkel”, souligne-t-il.

La direction du PS, qui rappelle que ce projet n’est qu’un “document de travail” susceptible d’amendements, assure que le texte “n’est absolument pas anti-allemand”.

“C’est un projet qui s’inscrit dans un rapport de forces avec les conservateurs européens”, a-t-on expliqué à Reuters. “On assume une amitié très forte entre les peuples français et allemand, mais on assume aussi ce rapport de forces.”

“UN TEXTE TRÈS FORT DE SOUTIEN”, SELON L’ÉLYSÉE

L’entourage de François Hollande a relativisé vendredi la portée de ce texte, estimant que “c’est le PS qui s’exprime” et non les autorités françaises. Il évoque un “jeu politique” normal qui serait aussi l’apanage des conservateurs allemands.

“Les Allemands savent bien comment sont les jeux politiques et nous-mêmes, on ne va pas chercher ce que pourraient dire des responsables CDU sur la France”, a-t-on expliqué en référence avec la campagne électorale en cours en Allemagne.

Mais l’Elysée, loin de condamner ce document, le salue.

“Le PS connaît bien la position du président. C’est un texte très fort de soutien à son action en général. Croissance, relance de l’Europe, solidarité sont au coeur de ce texte”, ajoute l’entourage du président français.

Il faudrait selon un de ses conseillers ne voir que l’essentiel dans le document du PS et la sortie de Claude Bartolone: “Le coeur du message, c’est que les socialistes considèrent qu’il faut combattre les politiques d’austérité choisies par les gouvernements conservateurs en Europe”.

“Une phrase du texte dit que l’amitié franco-allemande ne se résume pas à la politique de Mme Merkel. L’amitié nous autorise à critiquer sa politique, c’est cela qu’il faut comprendre.”

François Hollande, poursuit ce conseiller, “a défini sa relation avec Merkel. Trouver des solutions pour l’Europe suppose des tensions amicales”.

Le président français estime que la campagne menée par la France pour refuser l’austérité que voudrait l’Allemagne marque des points, le président de la Commission européenne ayant lui-même estimé que le processus avait atteint ses limites.

Mais le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble a vertement critiqué jeudi José Manuel Barroso. Les difficultés de la zone euro n’ont aucun rapport avec le respect de strictes règles budgétaires et “quelqu’un devrait le dire à Barroso”, a-t-il affirmé devant le Parlement.

Pour l’opposition, le texte du PS constitue une attaque frontale dangereuse pour la France elle-même.

“Cette germanophobie outrancière est très dangereuse pour la France”, dit Guillaume Larrivé, secrétaire national de l’UMP, dans un communiqué. “Ce n’est pas en insultant tous les matins les Allemands que les dirigeants socialistes français vont sortir notre pays de l’ornière.”

Sophie Louet et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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