March 28, 2013 / 11:09 AM / 6 years ago

La gauche met Hollande en garde contre "un coup pour rien"

PARIS (Reuters) - Dire la vérité aux Français et ressouder la majorité : recommandations et rappels à l’ordre se sont multipliés jeudi à gauche à l’adresse de François Hollande pour que son intervention télévisée ne soit pas “un coup pour rien”.

Recommandations et rappels à l'ordre se sont multipliés jeudi à gauche à l'adresse de François Hollande pour que son intervention télévisée de 45 minutes ce soir sur France 2 ne soit pas "un coup pour rien". /Photo prise le 8 mars 2013/REUTERS/Philippe Wojazer

Le chef de l’Etat, qui est attendu pour 45 minutes d’explication jeudi soir sur France 2 alors que sa cote de popularité est au plus bas, doit annoncer des “décisions concrètes”, a estimé Jean-Claude Mailly sur France Info.

“Si c’est simplement de la pédagogie, je vais être un peu brutal, mais c’est un coup pour rien”, a dit le secrétaire général de Force ouvrière (FO). “La machine est bloquée. Pour débloquer la machine, il faut remettre du carburant. Le carburant, c’est le pouvoir d’achat”.

Pour le sénateur socialiste Gaëtan Gorce, “il faut parler” aux Français, de plus en plus défiants envers l’exécutif “des questions de fond : notre économie, notre pays est en danger”.

“Si on peut regretter quelque chose de la part du président de la République, c’est peut-être de ne pas avoir dit toute la vérité tout de suite. C’est ce que j’aimerais qu’il dise aujourd’hui”, a-t-il ajouté sur France Inter.

L’ex-ministre socialiste Elisabeth Guigou a “confiance” : “C’est vrai que ça ne va pas bien”, mais “cette politique difficile (...) doit être menée”. “Il faut tenir le cap, il faut dire pourquoi elle portera des résultats, pas tout de suite, c’est vrai, mais elle portera des résultats”.

“On n’imagine pas que le président de la République va d’un coup de baguette magique, en trois quarts d’heure, redresser cette situation”, a-t-elle souligné sur Radio Classique.

GUÉRIR LES ÉCROUELLES

Le directeur général sortant de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, a mis en garde contre une attente démesurée à l’égard du président.

“On a tendance, en France, à sacraliser l’Etat, à considérer que les présidents de la République peuvent guérir les écrouelles, comme Saint-Louis ou Louis XIV. C’est d’ailleurs en général ce qu’ils disent pendant les campagnes électorales”, a commenté sur Europe 1 l’ancien chef de cabinet de Jacques Delors à la Commission européenne.

L’économiste Jacques Attali, qui fut le conseiller spécial de François Mitterrand, estime pour sa part que François Hollande doit dire que “la France a tous les moyens de s’en sortir” et souligner la nécessité des réformes.

“Nous approchons un moment où, comme à certains moments dans l’Histoire, d’énormes réformes peuvent être possibles. (...) A certain moment il faut y aller !”

Gare au cap choisi, prévient Jean-Vincent Placé, chef de file des sénateurs Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

“Si on fait Le Bourget pendant la campagne et qu’ensuite on fait la politique de Mme (Angela) Merkel, ce n’est pas possible, et finalement, à la fin, on n’a plus aucun allié”, a-t-il dit sur RTL.

Lors d’un discours au Bourget en janvier 2012, lors de la campagne présidentielle, François Hollande avait désigné pour principal adversaire “le monde de la finance”.

Dix mois après l’élection de François Hollande, “on perd à gauche et on ne gagne rien au centre”, a estimé Jean-Vincent Placé.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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