March 24, 2013 / 1:03 PM / 6 years ago

Pas d'indices suspects dans la mort de Boris Berezovski

par Olivia Harris

Les experts de la police scientifique britannique qui ont effectué dimanche à Ascot des examens au domicile de l'oligarque russe Boris Berezovski, mort la veille dans des circonstances peu claires, n'ont pas relevé d'indices suspects. /Photo prise le 24 mars 2013/REUTERS/Olivia Harris

ASCOT, Angleterre (Reuters) - Les experts de la police scientifique britannique qui ont effectué dimanche à Ascot des examens au domicile de l’oligarque russe Boris Berezovski, mort la veille dans des circonstances peu claires, n’ont pas relevé d’indices suspects.

“Les agents de l’équipe CBRN (chimique, bactériologique, radiologique et nucléaire) n’ont rien découvert de suspect dans la propriété et l’enquête va maintenant retrouver un caractère normal”, déclare l’inspecteur Simon Bowden dans un communiqué.

La police avait parlé la veille d’un décès “inexpliqué”.

L’homme d’affaires autrefois très en cour au Kremlin, qui est ensuite devenu l’un des plus virulents détracteurs de Vladimir Poutine, s’est exilé en Grande-Bretagne en 2000 et vivait donc à Ascot, 25 km à l’ouest de Londres.

Cible de plusieurs tentatives d’assassinat dont un attentat au cours duquel son chauffeur avait été décapité, Berezovski se disait toujours menacé.

Parmi ses amis figurait Alexandre Litvinenko, ancien agent des services de renseignement russes, victime d’un empoisonnement au polonium à Londres en 2006. Sa mort a entraîné une dégradation des relations russo-britanniques.

Certains associés de Berezovski ont toutefois avancé la thèse d’un suicide, évoquant notamment la perte de son procès en 2012 contre son compatriote Roman Abramovitch, propriétaire du Chelsea Football Club, dans lequel 4,6 milliards d’euros étaient en jeu.

L’épisode judiciaire lui aurait fait perdre plus de 100 millions de dollars (77 millions d’euros).

“Il n’avait pas d’argent. Il avait tout perdu. Il était incroyablement déprimé”, dit Tim Bell, l’un de ses plus proches collaborateurs, dans les colonnes du Sunday Times. Selon la presse locale, le magnat aurait été retrouvé mort dans son bain par son garde du corps.

Alexandre Venediktov, rédacteur en chef à la radio Echo de Moscou, a quant à lui parlé d’une crise cardiaque, sans dire d’où il tenait l’information.

RETOUR EN RUSSIE

Un porte-parole de Vladimir Poutine a indiqué samedi soir à la chaîne de télévision Rossya-24 que Boris Berezovski avait récemment écrit au chef de l’Etat pour lui demander de l’aider à rentrer en Russie.

Ami personnel de l’oligarque, Andreï Sidelnikov a rejeté cette information et qualifié de “totalement insensée” l’idée que Berezovski ait pu écrire une lettre à Poutine.

“Il était quelqu’un de sensé et il savait que pour des raisons politiques, il ne serait jamais autorisé à revenir sous le régime de Poutine”, a commenté Sidelnikov.

Dans un entretien accordé vendredi à l’édition russe du magazine Forbes à Londres, l’ex-oligarque disait pourtant regretter son exil en Grande-Bretagne et cherchait à donner un “sens à sa vie”. “Je ne sais pas quoi faire. J’ai 67 ans. Et je ne sais pas quoi faire maintenant. J’ai perdu le sens de la vie”, avouait-il.

Né le 23 janvier 1946 à Moscou, Boris Berezovski, fut l’un des hommes les plus riches de Russie et a longtemps eu accès, sous Boris Eltsine, aux coulisses du pouvoir. Ses amis comme ses ennemis le surnommaient “le parrain du Kremlin”.

Mathématicien de formation, il a débuté dans les affaires en achetant et revendant des automobiles Lada en 1989, et a ensuite bâti sa fortune sur les ruines de l’économie soviétique, profitant de la corruption pour mettre la main sur des entreprises pétrolières et métallurgiques.

En 1996, il a largement contribué à la réélection à la présidence russe d’Eltsine, en rassemblant derrière sa candidature les nouveaux milliardaires du pays, qui craignaient une victoire du candidat communiste Guennadi Ziouganov.

Beaucoup d’observateurs jugent que Boris Berezovski a également joué un grand rôle dans l’émergence à la fin des années 1990 de Vladimir Poutine, désigné comme successeur par Boris Eltsine lors de sa démission soudaine, le 31 décembre 1999.

La rupture avec Poutine, qu’il qualifiait de “bandit” corrompu entouré par d’anciens agents du KGB, est intervenue une fois l’ancien officier installé à la présidence, en 2000.

Avec Peter Griffiths à Londres, Jean-Philippe et Pierre Sérisier Lefief pour le service français

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