March 2, 2013 / 8:13 PM / 6 years ago

Le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar tué au Mali, selon le Tchad

par Madjiasra Nako

Mokhtar Belmokhtar, l'un des principaux chefs d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a été tué samedi par des soldats tchadiens dans le nord du Mali, selon le porte-parole des forces armées tchadiennes. /Image diffusée le 21 janvier 2013/REUTERS/Sahara Media via Reuters TV

N’DJAMENA (Reuters) - L’Algérien Mokhtar Belmokhtar, l’un des principaux chefs d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et commanditaire de l’attaque contre le site gazier algérien de Tiguentourine en janvier, a été tué samedi par des soldats tchadiens dans le nord du Mali, a annoncé le porte-parole de l’état-major des armées tchadiennes.

“Ce jour, samedi 2 mars 2013, à 12h00, les forces armées tchadiennes en intervention au Mali (...) ont totalement détruit la principale base des djihadistes et narcoterroristes dans le massif de l’Adrar des Ifoghas”, a dit le général Zacharia Gobongué à la télévision tchadienne.

“Le bilan provisoire des combats s’établit comme suit : plusieurs terroristes tués, dont leur chef Mokhtar Belmokhtar, dit “le Borgne”, soixante véhicules en bon état de fonctionnement récupérés, divers matériels de guerre, notamment du matériel électronique, récupérés. Le ratissage se poursuit à la recherche des fugitifs”, a-t-il conclu.

Chef de la brigade des Moulathamine (“Ceux qui signent avec leur sang”), Mokhtar Belmokhtar est le commanditaire de la prise d’otages du complexe gazier algérien de Tiguentourine en janvier, au cours de laquelle une soixantaine de personnes, dont 37 otages étrangers, ont été tués.

Un autre chef islamiste algérien, Abdelhamid Abou Zeïd, aurait également été tué cette semaine dans le massif montagneux de l’Adrar des Ifoghas.

Le décès de Zeïd n’a pas été confirmé officiellement, notamment à Paris, mais, d’après ces sources maliennes, il fait partie de la quarantaine de rebelles tués il y a cinq jours dans ce massif, réputé inexpugnable, de l’extrême nord-est du Mali où les troupes françaises et leurs alliés tchadiens livrent des combats acharnés aux djihadistes.

Mokhtar Belmokhtar est né à Ghardaïa, en Algérie, en 1972. Dans une interview diffusée en 2007 sur des sites islamistes, il affirmait s’être rendu en Afghanistan à l’âge de 19 ans pour y acquérir une formation et une expérience du combat.

Selon la Jamestown Foundation, un centre de réflexion basé à Washington, l’engagement de Belmokhtar a été influencé par le religieux Abdullah Azzam, promoteur d’une interprétation armée et offensive de la notion de “djihad” (guerre sainte), et qui a aussi été le mentor d’Oussama Ben Laden.

ENLÈVEMENTS ET TRAFICS DIVERS

Revenu en Algérie en 1992, Belmokhtar a combattu durant la guerre civile au sein du Groupe islamique armé (GIA), puis a participé à la création du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui a élargi progressivement ses opérations dans différents pays du Sahel en y attaquant les forces de sécurité.

Le GSPC a fait par la suite allégeance à Al Qaïda, devenant le représentant de la nébuleuse islamiste en Afrique du Nord sous l’appellation d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Mokhtar Belmokhtar est soupçonné d’implication dans l’enlèvement de 32 touristes européens en 2003, dans les négociations en 2008 pour la libération de deux Autrichiens et dans les négociations en 2009 pour la libération de deux Canadiens.

Enlèvements et trafics divers, des armes à la drogue en passant par les cigarettes et les êtres humains, alimentent une économie parallèle basée sur la criminalité dans le Sahara et estimée à des millions de dollars.

Mokhtar Belmokhtar a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité par la justice algérienne après le meurtre de 10 gardes-frontières algériens en 2007.

Au-delà de son implication dans des enlèvements, il est réputé pour être l’un des plus importants “gangsters djihadistes” du Sahara. Il s’est imposé dans la fourniture d’armes aux groupes islamistes de la région et dans le trafic de cigarettes, ce qui lui vaut le surnom de “Mister Marlboro” au sein des populations locales, selon les médias français.

Ses diverses activités lui ont permis de nouer des liens étroits avec les communautés touarègues, notamment avec les combattants qui ont participé au printemps 2012 à l’offensive ayant abouti à la prise du nord du Mali avec leurs alliés islamistes de l’époque.

Une chaîne de télévision algérienne avait rapporté en juin dernier qu’il avait été tué dans des combats entre islamistes et séparatistes touaregs à Gao, dans le nord du Mali.

Mokhtar Belmokhtar avait créé son propre groupe tout en maintenant son allégeance à Al Qaïda.

Bertrand Boucey et Guy Kerivel pour le service français

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