24 février 2013 / 08:04 / dans 5 ans

Incertitude en Italie sur l'issue des législatives

par Catherine Hornby

Bureau de vote à Rome. Les Italiens sont appelés aux urnes dimanche et lundi pour élire un nouveau parlement, des élections très suivies par les marchés financiers qui craignent un blocage politique susceptible de ranimer la crise de la zone euro. /Photo prise le 24 février 2013/REUTERS/Yara Nardi

ROME (Reuters) - Les Italiens sont appelés aux urnes dimanche et lundi pour élire un nouveau parlement, des élections très suivies par les marchés financiers qui craignent un blocage politique susceptible de ranimer la crise de la zone euro.

La campagne pour les législatives, les sénatoriales et les régionales a pris fin vendredi soir avec les derniers meetings des têtes de liste.

L‘humoriste Beppe Grillo a volé la vedette à ses concurrents des partis traditionnels en rassemblant un demi-million de personnes dans le centre de Rome, illustrant la progression attendue de son Mouvement Cinq Etoiles (M5S) dans les urnes.

“C‘est le seul élément vraiment nouveau dans un paysage politique où nous avons vu les mêmes têtes pendant trop longtemps”, a dit de lui Vincenzo Cannizzaro, un Palermitain de 48 ans, en allant voter.

Il neigeait dimanche dans le nord de l‘Italie, et l‘épisode neigeux devrait se poursuivre lundi, ce qui pourrait décourager une partie des 47 millions d‘inscrits à accomplir leur devoir électoral, même si le ministère de l‘Intérieur a dit avoir pris toutes les dispositions pour permettre aux électeurs de se rendre dans les bureaux de vote.

Ces derniers ont ouvert à 08h00 et fermeront à 22h00. Les opérations de vote reprendront lundi matin à 07h00 et s‘achèveront à 15h00. On connaîtra alors les résultats des sondages sortie des urnes et les premières projections. Les résultats officiels ne sont pas attendus avant lundi soir.

Les trois principaux leaders politiques ont voté dès dimanche.

Le chef de file du centre-gauche Pier Luigi Bersani, favori pour le poste de président du Conseil, a déposé son bulletin dans l‘urne dans sa ville de Plaisance, tandis que le centriste Mario Monti, chef du gouvernement sortant, a voté avec sa femme dans une école de Milan.

Son prédécesseur Silvio Berlusconi, figure de proue de la droite, a été accueilli à son arrivée au bureau de vote milanais par des militantes du mouvement ukrainien Femen, qui ont dévoilé leur poitrine pour protester contre “Il Cavaliere”, accusé d‘avoir eu des relations sexuelles tarifées avec une mineur.

A la Chambre des députés, la coalition qui arrivera en tête des suffrages au niveau national obtiendra mécaniquement une majorité de 54%, soit 340 des 630 sièges en jeu.

Au Sénat, la loi électorale en vigueur depuis 2005 prévoit également une prime au parti arrivé en tête, mais sur une base différente, régionale et non nationale. Les 315 sièges sont attribués région par région en fonction du poids démographique.

BERLUSCONI TOUS AZIMUTS, GRILLO RAMEUTE LES FOULES

Aucun sondage n‘a été publié depuis le 8 février, conformément à la loi.

La coalition de gauche emmenée par le Parti démocrate (PD, gauche) de Pier Luigi Bersani, qui a joué la carte de la proximité et du pragmatisme, était alors en tête des intentions de vote avec en moyenne 34,7%.

L‘alliance de droite qui réunit le Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi et la Ligue du Nord, fédéraliste, suivait à cinq points environ. Depuis, Berlusconi a livré une bataille tous azimuts pour tenter de refaire son retard, promettant notamment de restituer aux contribuables la taxe d‘habitation sur la résidence principale (IMU) rétablie l‘an dernier par Mario Monti.

“Berlusconi a été un piètre président du Conseil mais c‘est un candidat très combatif, qui ne renonce jamais”, explique l‘analyste Massimo Franco.

Le M5S était crédité de 16% environ des intentions de vote, et Beppe Grillo, canalisant la frustration d‘une population exaspérée par l‘austérité et les scandales de corruption, a attiré les foules à chaque étape de son “Tsunami Tour”.

Les centristes de Mario Monti, le président du Conseil sortant qui n‘a jamais vraiment semblé entrer en campagne, étaient donnés à 13,6%.

L‘issue la plus probable du scrutin sera vraisemblablement une alliance entre la gauche de Pier Luigi Bersani et les centristes de Mario Monti, une alliance que privilégient les partenaires européens de l‘Italie et les marchés financiers.

Si la prime majoritaire semble favoriser l‘émergence d‘une majorité de centre gauche à la Chambre des députés, la situation pourrait être bien différente au Sénat, où la droite, forte de son implantation dans des régions clés comme la Lombardie (Milan), entend être assez puissante pour s‘opposer à la politique d‘un éventuel gouvernement Bersani.

Le principal danger pour l‘Italie et la zone euro serait que sorte des urnes un gouvernement faible, incapable d‘agir, et qu‘alors ressurgisse la crise de la dette.

Danielle Rouquié et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Pascal Liétout

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