20 février 2013 / 16:23 / dans 5 ans

Des soldats français participent à l'enquête au Cameroun

par Tansa Musa

LES FRANÇAIS ENLEVÉS AU SAHEL DEPUIS 2009

YAOUNDÉ (Reuters) - Des militaires français basés au Tchad sont arrivés dans le nord du Cameroun pour participer à la recherche de sept Français enlevés mardi dans la région et conduits au Nigeria voisin, selon les autorités locales.

A Paris, le ministère de la Défense a déclaré que des gendarmes, protégés par d‘autres militaires, s‘étaient rendus mardi sur le terrain pour faire des constatations.

Il a démenti qu‘il s‘agisse de membres des forces spéciales, comme l‘a dit le gouverneur de la région de l‘Extrême-Nord camerounais, Augustine Fonka Awa.

L‘enlèvement n‘a pas été revendiqué, mais selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, les éléments disponibles laissent penser qu‘il est l‘oeuvre de la secte islamiste nigériane Boko Haram.

Un autre groupe islamiste, Ansaru, a revendiqué en décembre l‘enlèvement du seul otage français kidnappé au Nigeria et celui de sept autres étrangers capturés dimanche dernier.

Quinze Français -tous les otages français dans le monde- sont désormais retenus en otage dans l‘ensemble de la zone sahélienne.

Le gouverneur Augustine Fonka Awa, joint par Reuters par téléphone, n‘a pas voulu préciser le nombre des militaires français arrivés de N‘Djamena, la capitale tchadienne située à une soixantaine de kilomètres du lieu du rapt des sept Français, dont quatre enfants, issus de la même famille d‘un expatrié travaillant pour GDF Suez dans le sud du Cameroun.

“AUCUN LIEN AVEC LE MALI”

Le secrétaire d‘Etat camerounais aux Affaires étrangères, Joseph Dion Ngute, a dit dans un communiqué que les ravisseurs avaient franchi la frontière nigériane avec leurs otages.

Par la suite, il a précisé que les ravisseurs et leurs otages s‘étaient dirigés vers le Nigeria en voiture, mais que celle-ci était tombée en panne. Ils ont alors continué à moto.

“Ils ont pris ensuite une femme en otage, avec sa voiture et sont passés au Nigeria”, a-t-il dit. “Nos forces, et celles du Nigeria, ont été placées en alerte, mais avant qu‘elles aient pu réagir, les ravisseurs avaient disparu”, a-t-il expliqué.

Au Nigeria, le colonel Sagir Musa, porte-parole de l‘armée, s‘est borné à dire que les forces nigérianes étaient en alerte, “prêtes à arrêter les éléments criminels ou terroristes entrés sur notre territoire”.

Le nord-est du Nigeria, frontalier du Cameroun, est un bastion de Boko Haram, qui a pris les armes pour tenter d‘imposer une version stricte de la “charia” (loi coranique) dans la moitié nord du pays le plus peuplé d‘Afrique, lequel compte approximativement autant de musulmans que de chrétiens.

“Nous estimons que c‘est la secte Boko Haram qui a procédé à l‘enlèvement mais on n‘a pas encore la signature et là, malheureusement, la terreur succède à l‘horreur, cette secte (...) est en train d‘enlever des enfants”, a dit le ministre français de la Défense à Paris sur l‘antenne de France 2.

“AUCUN LIEN” AVEC LE MALI

Interrogé sur un éventuel lien entre le rapt et l‘opération militaire française lancée le 11 janvier au Mali contre les extrémistes islamistes armés qui contrôlaient le nord du pays, Jean-Yves Le Drian a répondu par la négative : “On ne peut pas le dire (...) Le Nigeria c‘est une autre situation”.

“A l‘heure actuelle, non (le lien n‘est pas établi) mais la méthode oui. Ce sont des groupes qui se réclament du même fondamentalisme, qui ont les mêmes méthodes, que ce soit au Mali, que ce soit en Somalie ou que ce soit au Nigeria.”

Ces groupes souhaitent instaurer une zone de non-droit entre le golfe de Guinée et le Soudan, “un très grand Sahel”, une zone où passent tous les trafics, a déclaré Jean-Yves Le Drian.

Boko Haram a commis nombre d‘attentats et attaques au Nigeria ces dernières années. En novembre 2011, le groupe extrémiste a fait exploser des bombes dans des églises, des mosquées et des commissariats de police de Damaturu dans le nord-est du Nigeria, tuant 65 morts.

Le mois suivant, la secte a revendiqué des attentats à la bombe le jour de Noël, notamment contre une église près d‘Abuja, qui avaient fait 37 morts. En janvier 2012, 186 personnes ont péri dans des attentats et des fusillades à Kano, attaque la plus meurtrière commise à ce jour par Boko Haram.

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a “formellement déconseillé” aux Français d‘aller dans l‘extrême Nord du Cameroun, des rives du Lac Tchad au sud de Maroua, et à la frontière avec le Nigeria, “jusqu‘à nouvel ordre”. La France compte 6.000 ressortissants au Cameroun.

Avec Marine Pennetier à Paris, Bate Felix et John Irish à Dakar, Joe Brock à Abuja; Eric Faye et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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