7 février 2013 / 17:55 / dans 5 ans

Le sommet sur le budget de l'UE toujours dans l'impasse

par Julien Ponthus et Emmanuel Jarry

De gauche à droite, le président roumain Traian Basescu, le Premier ministre finlandais Jyrki Katainen, la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite, le Premier ministre danois Helle Thorning Schmidt, le Premier ministre estonien Andrus Ansip et le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, à Bruxelles. Les négociations sur le budget 2014-2020 de l'Union européenne étaient toujours dans l'impasse jeudi soir malgré près de sept heures d'efforts de conciliation déployés par le président du Conseil européen. /Photo prise le 7 février 2013/REUTERS/Yves Herman

BRUXELLES (Reuters) - Les négociations sur le budget 2014-2020 de l‘Union européenne étaient toujours dans l‘impasse jeudi soir malgré près de sept heures d‘efforts de conciliation déployés par le président du Conseil européen.

Herman Van Rompuy n‘a pas été en mesure de présenter de nouvelles propositions de budget à l‘ouverture de la première séance de travail des chefs d‘Etat et de gouvernement du fait de divergences persistantes sur les chiffres clés.

Le début du sommet de Bruxelles a été retardé plus de cinq heures et demie pour lui permettre de rapprocher les points de vue lors de contacts avec les principaux dirigeants de l‘UE.

Selon des diplomates européens, en fin de journée, il n‘a pu que constater l‘impossibilité de présenter un texte pouvant faire consensus.

“Il n‘y aura pas de nouvelles propositions”, a dit à Reuters une source européenne peu avant que les chefs d‘Etat et de gouvernement ne se retrouvent en séance plénière.

D‘autres sources européennes l‘ont confirmé. L‘une d‘elles a cependant nuancé cette information en précisant qu‘il n‘y avait pas de nouveau texte “pour le moment”.

Herman Van Rompuy a appelé les Vingt-Sept à faire preuve d‘esprit de compromis pour doter l‘UE d‘un budget à même de faire face à la crise. “Nous n‘y sommes pas encore, commençons le travail”, a-t-il lancé au début de la réunion.

Quelques instants auparavant, le ministre français des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, avait estimé que l‘équilibre nécessaire à un compromis n‘avait pas encore été atteint et qu‘on ne pouvait pas garantir qu‘il le serait.

“Ce compromis est difficile. Nous ne sommes pas sûr d‘y parvenir. Nous ferons tout pour qu‘il soit réalisé”, avait-il dit. “Mais aujourd‘hui, à l‘heure qu‘il est, il n‘est pas possible de garantir que ce compromis sera possible.”

MUSCLES

Les dirigeants de l‘UE, dont François Hollande et David Cameron, qui défendent des positions antagonistes, avaient multiplié les rencontres tout l‘après-midi.

Le président français, qui plaide pour un budget de soutien à la croissance et le Premier ministre britannique, qui demandent des coupes budgétaires draconiennes, avaient montré leurs muscles dès leur arrivée à Bruxelles.

“S‘il y en a qui ne sont pas raisonnables, eh bien je ferai en sorte de les raisonner mais jusqu‘à un certain point”, avait dit François Hollande. “Si l‘Europe devait, pour chercher un compromis à toute force, abandonner ses politiques communes, oublier l‘agriculture et ignorer la croissance, je ne serais pas d‘accord.”

David Cameron avait répliqué que les propositions de budget sur la table étaient encore trop élevées. “Elles doivent baisser, sinon il n‘y aura pas d‘accord”, avait-il lancé.

La chancelière allemande, dont la France et le Royaume-Uni revendiquent le soutien, avait endossé pour sa part le costume d‘arbitre en réaffirmant qu‘un compromis était “souhaitable”, tout en jugeant les positions “encore éloignées”.

Angela Merkel a rencontré séparément David Cameron et François Hollande avec Herman Van Rompuy et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Le président français a eu aussi des entretiens avec les chefs des gouvernements italien, espagnol, polonais et belge, défenseurs comme lui des politiques agricole et de cohésion communes, les deux plus gros chapitres du budget européen.

POINT DE RUPTURE

David Cameron a pour sa part eu des entretiens avec ses homologues suédois, néerlandais et danois, qui font partie du camp des partisans de la rigueur budgétaire.

L‘enveloppe globale du budget pour 2014-2020 a déjà été revue plusieurs fois à la baisse, sous la pression du Royaume-Uni, de l‘Allemagne et d‘autres pays du Nord de l‘Europe.

Selon des sources européennes, Herman Van Rompuy envisageait de proposer un peu moins de 960 milliards d‘euros de crédits d‘engagement, hors Fonds européen de développement et instruments hors budget. Un chiffre qui ne semble satisfaire ni la France ni le Royaume-Uni, pour des raisons opposées.

“Le point de rupture, c‘est le moment où le budget ajoute de l‘austérité à l‘austérité”, a souligné Bernard Cazeneuve.

Mais la France est également soucieuse de ne pas laisser le Royaume-Uni sortir grand vainqueur de ce bras de fer, ce qui serait, aux yeux de Paris, un précédent politiquement dangereux, dit-on de source européenne.

Angela Merkel a quant à elle un intérêt objectif à un compromis : sans accord, le budget annuel actuel sera reconduit et, hormis le Royaume-Uni, tous les pays bénéficiant d‘un rabais sur leur contribution au budget de l‘UE, le perdront.

Pour parvenir à un consensus, les Vingt-Sept pourraient jouer sur la différence entre crédits d‘engagement et crédits de paiement, c‘est-à-dire ce que l‘UE prévoit de débourser effectivement.

Selon des sources européennes, Herman Van Rompuy pourrait proposer, pour apaiser David Cameron et ses alliés, de ramener les crédits de paiement à une fourchette de 902 à 912 milliards d‘euros au lieu de 940 à 950 milliards proposés en novembre et 942,8 milliards entre 2007 à 2013.

Le président du Conseil estimait initialement qu‘une nuit de négociation suffirait. Mais des diplomates pensent maintenant que les discussions pourraient se prolonger pendant le week-end.

Avec Jan Strupczewski et Luke Baker; Edité par Yves Clarisse et Danielle Rouquié

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