31 janvier 2013 / 14:43 / dans 5 ans

Quelque 64 demandes d'indemnisation validées pour le Mediator

par Marine Pennetier

Soixante-quatre avis favorables à l'indemnisation des victimes du Mediator ont été rendus par un collège d'experts sur un total de 836 dossiers examinés, selon l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam). /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Soixante-quatre avis favorables à l‘indemnisation des victimes du Mediator ont été rendus par un collège d‘experts sur un total de 836 dossiers examinés, a annoncé jeudi l‘Office national d‘indemnisation des accidents médicaux (Oniam).

Ce nombre a été jugé inacceptablement faible par une association de victimes de ce médicament présenté comme un antidiabétique mais prescrit comme coupe-faim à des millions de personnes, le Mediator aurait fait entre 500 à 2.000 morts de 1976 à 2009 en France, selon plusieurs rapports officiels.

Retiré du marché en 2009, il provoquait selon des expertises des valvulopathies, affections cardiaques mortelles.

Les laboratoires Servier, qui fabriquaient le Mediator, sont soupçonnés d‘avoir dissimulé la vraie nature du médicament.

Mis en place en septembre 2011 par le gouvernement, le collège d‘experts placé sous l‘égide de l‘Oniam a annoncé jeudi avoir validé 64 demandes d‘indemnisation de victimes sur les 836 dossiers examinés.

Les victimes concernées présentent deux types de pathologies imputées au benfluorex, la molécule coupe-faim contenue dans le Mediator, à savoir des valvulopathies liées à une prise médicamenteuse (62 cas) et des hypertensions artérielles pulmonaires (2 cas). Sur les 64 avis, un porte sur le décès d‘une personne atteinte d‘hypertension artérielle pulmonaire.

Les dossiers rejetés ont été majoritairement écartés pour des éléments de fond (697), dont une bonne partie pour des maladies valvulaires non liées au benfluorex.

“INACCEPTABLE”

Pour le président de l‘Association des victimes de l‘Isoméride et du Mediator (Avim), le docteur Dominique Courtois, le nombre de dossiers rejetés est “inacceptable”.

“On veut le réexamen de tous les dossiers qu‘ils ont refusés, les premiers dossiers doivent être réétudiés avec le guide qu‘ils viennent de mettre en place”, a-t-il dit à Reuters, en référence au “Guide méthodologique d‘expertise sur pièces” publié jeudi par le collège d‘experts benfluorex.

“On réclamait ce document à cor et à cri depuis un an et on l‘a obtenu grâce aux associations et l‘intervention de la ministre de la Santé Marisol Touraine”, a-t-il dit. “Les membres du collège refusaient sans nous expliquer pourquoi il refusaient et pourquoi ils acceptaient.”

Selon lui, 500 dossiers auraient pu être validés selon les critères contenus dans le guide. Pour l‘heure, toutes les victimes dont les demandes ont été validées auraient accepté le montant des indemnisations proposées par Servier, compris entre 5.000 et 30.000 euros, a-t-il précisé.

LENTEUR DES PROCÉDURES

Au 29 janvier, le collège avait étudié 836 dossiers sur les 7.734 cas qui lui ont été transmis. La lenteur des procédures a été vivement dénoncée par les victimes présumées du Mediator.

“Le problème le plus grave qui se pose actuellement pour le collège, c‘est de savoir dans quel délai il pourra avoir terminé l‘examen des dossiers qui lui sont soumis” a dit à la presse le président du collège d‘experts, Roger Beauvois.

“L‘examen des dossiers ne peut pas être plus rapide qu‘il ne l‘est compte tenu des moyens dont nous disposons et compte tenu de la procédure qui nous est imposée par la loi et les décrets.”

“L‘accroissement des effectifs suppose de trouver des médecins éminents et reconnus et disponibles pour siéger au collège”, poursuit-il, précisant que ces médecins ne devaient avoir aucun conflit d‘intérêt avec le laboratoire Servier.

Le ministère de la Santé envisagerait actuellement de faire passer de trois à deux le passage d‘un même dossier devant le collège d‘expert afin d‘accélérer la procédure.

Le scandale du Mediator a déstabilisé le système français de santé et conduit à une remise en cause de la place de l‘industrie pharmaceutique, de son influence et de ses liens avec les autorités politiques.

Le Mediator a en effet été maintenu sur le marché et a conservé le remboursement par la Sécurité sociale, malgré plusieurs alertes reçues dès 1999.

Le président-fondateur des laboratoires Servier, Jacques Servier, et six entités juridiques de son groupe ont été mis en examen en décembre pour “homicides et blessures involontaires”.

Jaques Servier, ainsi que ses sociétés, sont également mis en examen depuis fin 2011 pour “tromperie et escroquerie”.

Edité par Yves Clarisse

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