29 janvier 2013 / 12:12 / dans 5 ans

La fille de Robert Boulin demande à être reçue par Taubira

PARIS (Reuters) - La fille de l‘ancien ministre du Travail Robert Boulin, retrouvé mort en 1979, demande à être reçue par Christiane Taubira pour obtenir la réouverture de l‘enquête sur les circonstances de la mort de son père, a-t-on appris auprès de son avocat.

Cette demande coïncide avec la diffusion, prévue ce mardi soir sur France 3, d‘un téléfilm intitulé “Crime d‘Etat”, et qui épouse la thèse, rejetée par la justice, d‘un assassinat politique.

Un documentaire diffusé lundi soir sur la même chaîne et intitulé “Vie et mort de Robert Boulin”, tend en revanche à accréditer la thèse du suicide de l‘ancien ministre, à travers notamment le témoignage du policier qui avait dirigé l‘enquête.

“Nous demandons la réouverture du dossier”, a dit à Reuters Me Olivier Morice, conseil de la famille de Robert Boulin.

Le téléfilm “est très percutant. (...) Ça correspond à des pistes que la justice doit examiner”, a-t-il ajouté.

Dans une lettre ouverte à la ministre de la Justice, publiée ce mardi dans Sud-Ouest, Fabienne Boulin estime que “ce film illustre avec précision les rouages de l‘entreprise crimino-politique dont il paraît de plus en plus clair que (son) père fut la victime”.

“L‘ouverture d‘une nouvelle information judiciaire sur la base de l‘ensemble des faits nouveaux découverts postérieurement à l‘ordonnance de non-lieu s‘impose toujours”, écrit-elle, jugeant la thèse du suicide “matériellement et scientifiquement infondée”.

NOUVEAUX TÉMOIGNAGES

Ce dossier judiciaire est l‘un des plus discutés de la Ve République.

La justice a jusqu‘ici toujours retenu le scénario du suicide, s‘appuyant notamment sur une lettre photocopiée et envoyée par le ministre à plusieurs proches pour annoncer qu‘il allait mettre fin à ses jours, ainsi que sur de nombreux témoignages.

Robert Boulin avait été retrouvé noyé dans une faible profondeur d‘eau dans un étang de la forêt de Rambouillet le 30 octobre 1979. Il avait absorbé une forte quantité de barbituriques.

Une information judiciaire menée entre 1983 et 1992 a abouti à la conclusion que le ministre avait cédé à un accès de désespoir en raison de sa possible mise en cause dans un scandale immobilier à Ramatuelle (Var). Plusieurs demandes de réouverture de l‘enquête ont été rejetées.

Mais Olivier Morice estime que de nouveaux éléments étayent la thèse de l‘homicide volontaire, et justifient la réouverture de l‘enquête.

Il évoque notamment le témoignage, sur France Inter, de l‘ancien assistant parlementaire du député suppléant de Robert Boulin, qui n‘a pas été entendu par la justice.

Celui-ci dit avoir reçu l‘ordre, après la disparition du ministre, de faire détruire toutes ses archives. Certains dossiers détruits concernaient le financement des partis politiques, principalement le RPR (parti gaulliste), par des sociétés africaines, et dans d‘autres, Robert Boulin se disait menacé, avance-t-il.

Chine Labbé, avec Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below