29 décembre 2012 / 10:13 / dans 5 ans

Les rebelles centrafricains confortent leurs positions

par Paul-Marin Ngoupana

François Bozizé, le président centrafricain (en bleu), s'adresse à une foule de partisans, à Bangui. Les pays de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) ont annoncé samedi l'envoi de nouvelles troupes en République centrafricaine, alors que les rebelles de la Séléka menacent le gouvernement de François Bozizé. /Photo prise le 27 décembre 2012/REUTERS

BANGUI (Reuters) - Les rebelles centrafricains de la Séléka se sont emparés samedi de la ville stratégique de Sibut, à 190 km au nord de la capitale Bangui, après le retrait des forces gouvernementales et des troupes tchadiennes qui s‘y trouvaient.

Face à la menace que les rebelles représentent pour le gouvernement du président François Bozizé et après le refus de la France d‘intervenir militairement, les pays de la Communauté économique des États de l‘Afrique centrale (CEEAC) ont par ailleurs annoncé samedi l‘envoi de nouvelles troupes dans le pays.

Les insurgés, qui accusent François Bozizé de ne pas avoir respecté les termes d‘un accord de paix conclu en 2007, ont repris les armes le 10 décembre et n‘ont cessé depuis d‘avancer vers Bangui.

Ils ont afflué samedi dans la capitale régionale de Sibut à motocyclettes et serrés dans des camionnettes, sans rencontrer de résistance.

“Les rebelles sont arrivés vers 09h00 avec deux camions et plusieurs motos et ont pris position aux points stratégiques de la ville”, a déclaré un habitant qui a trouvé refuge dans la capitale. “L‘armée nationale et les Tchadiens sont partis vendredi en direction de Bangui”, a-t-il ajouté.

Josué Binoua, ministre de l‘Administration du territoire, a confirmé au micro d‘une radio locale que Sibut était occupée par les rebelles après le départ des troupes qui se sont retirées à Damara, à 75 km au nord de Bangui, où des affrontements ont été signalés vendredi.

Pendant ce temps, la tension était manifeste à Bangui, où les habitants ont commencé à faire des réserves ou à plier bagages, vendredi.

De nombreux bateaux ont traversé la rivière Oubangui pour gagner la République démocratique du Congo, sur l‘autre rive, et le trafic routier s‘est intensifié en direction du Sud.

SOLDATS EN RENFORT

Les pays de la CEEAC, qui compte déjà une force de maintien de la paix de 500 hommes en Centrafrique, ont annoncé dans la nuit de vendredi à samedi l‘envoi de renforts à l‘issue d‘une rencontre organisée à Libreville, capitale du Gabon, peu après l‘annonce de négociations entre la Séléka et François Bozizé.

“Nous étudions la manière de déployer cette mission aussi vite que possible”, a déclaré Emmanuel Issozé Ngondet, ministre des Affaires étrangères du Gabon, sans préciser combien d‘hommes seraient envoyés.

Les troupes de la CEEAC, principalement tchadiennes et réunies au sein de la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (Micopax), ont pour le moment été incapables de contenir les avancées de la Séléka.

Des responsables à Bangui ont néanmoins indiqué vendredi que les rebelles avaient donné leur accord pour envoyer des délégués à Libreville début janvier, même si l‘information n‘a pas été confirmée par les rebelles eux-mêmes.

Le président Bozizé, élu à deux reprises après son arrivée au pouvoir lors d‘un putsch de 2003, a demandé jeudi l‘aide de Paris et de Washington pour les repousser, mais son homologue François Hollande a déclaré que la France n‘était pas présente en Centrafrique pour “protéger un régime”, mais pour assurer la sécurité de ses ressortissants.

Selon le Quai d‘Orsay, 1.200 Français résident en RCA, pour la plupart à Bangui, où ils travaillent essentiellement pour des organisations humanitaires et le groupe français Areva, qui exploite le gisement d‘uranium de Bakouma, dans le sud du pays.

Environ 150 militaires français détachés des Forces françaises au Gabon ont été déployés samedi matin dans le pays, en soutien aux 250 déjà présents à l‘aéroport de Bangui, où ils assurent un soutien technique et opérationnel à la mission de consolidation de la paix (Micopax) sous mandat de la CEEAC.

Phal Gualbert Mezui Ndong à Libreville, Catherine Bremer à Paris, Jean-Philippe Lefief, Agathe Machecourt et Hélène Duvigneau pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below