28 novembre 2012 / 11:15 / dans 5 ans

François Chérèque laisse une CFDT en plein aggiornamento

par Emmanuel Jarry

<p>Apr&egrave;s deux mandats et demi &agrave; la t&ecirc;te de la premi&egrave;re conf&eacute;d&eacute;ration syndicale, Fran&ccedil;ois Ch&eacute;r&egrave;que a prononc&eacute; mercredi son dernier discours de secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la CFDT. Il laisse une centrale syndicale apais&eacute;e, incontournable mais en plein aggiornamento. /Photo prise le 28 novembre 2012/REUTERS/Jacky Naegelen</p>

PARIS (Reuters) - François Chérèque a prononcé mercredi son dernier discours de secrétaire général de la CFDT et laisse une centrale syndicale apaisée, incontournable mais en plein aggiornamento, sur fond de crise économique et sociale française.

Après deux mandats et demi à la tête de la première confédération en nombre d‘adhérents, il a invité quelque 1.300 responsables de la CFDT réunis à Paris en assemblée générale à bousculer leurs habitudes, leur pratiques et leur fonctionnement pour coller à une réalité mouvante.

Un chantier lancé lors du congrès de la CFDT de 2010 mais que François Chérèque, 56 ans, laisse le soin à son successeur désigné, Laurent Berger, de douze ans son cadet, de mener à bien, sous un nouveau logo et un nouveau slogan.

Cette transition s‘effectue en douceur, contrairement à la CGT où la désignation du successeur de Bernard Thibault s‘est faite dans la douleur. Mais “depuis cinq ans, notre développement plafonne”, a constaté François Chérèque.

Il s’était fixé pour objectif, à son arrivée à la tête de la CFDT en 2002 de porter à 1,2 million le nombre des adhérents. La centrale en revendique aujourd‘hui à peine plus de 860.000.

“Nous le savons : le syndicalisme est à un tournant”, a poursuivi cet ancien éducateur spécialisé à la carrure de rugbyman - son sport de prédilection - tombé dans la marmite du syndicalisme militant, à la fois par tradition familiale et par conviction, dès le début de sa carrière professionnelle.

RAJEUNIR

La CFDT et ses responsables doivent notamment être “plus proches des salariés”, mieux soutenir et accompagner les militants sur le terrain et proposer de nouveaux services aux adhérents, a-t-il résumé. “Cela veut dire remettre au coeur de notre stratégie syndicale les pratiques au sein de l‘entreprise ou de l‘administration.”

Dans le même temps, a-t-il ajouté, l‘organisation devra favoriser l‘accès aux responsabilité des jeunes, des femmes et des “personnes issues de la diversité”.

L‘enjeu est clairement un renouvellement non seulement des pratiques de la centrale mais aussi de ses cadres. Un enjeu dont son successeur, qu‘il prépare depuis plusieurs années à prendre sa suite, paraît pleinement conscient.

“Dans les dix ans qui viennent, 50% de nos responsables vont partir en retraite”, explique à Reuters Laurent Berger, qui fait aussi sien l‘objectif de renforcement de la proximité de la CFDT avec des salariés souvent délaissés par le syndicalisme.

“Le syndicalisme souffre de ne pas avoir pénétré le salariat dans toute sa diversité”, estime le nouveau numéro un, dont la nomination devait être confirmé mercredi soir. “Il y a un enjeu dans les TPE, chez les jeunes et les gens à parcours atypiques.”

ESPOIRS “ÉBRANLÉS”

Les très petites entreprises (TPE) représentent aujourd‘hui cinq millions de salariés “privés de représentation collective et de droits salariaux”, a souligné François Chérèque.

L‘assemblée générale réunie deux jours durant à la Maison de la Mutualité - une première sous cette forme - pour réfléchir à l’évolution de la CFDT, intervient “dans un moment particulier de crise”, a-t-il dit au lendemain de la publication de chiffres du chômage une nouvelle fois alarmants.

Il a jugé “ébranlés” les espoirs nés du retour de la gauche au pouvoir en France lors des élections présidentielle et législatives de mai et juin derniers.

“Il y a quelques mois, les Français ont porté la gauche au pouvoir avec une énorme attente de justice, de perspectives nouvelles et d‘espoir”, a-t-il dit. “Un climat de confiance aujourd‘hui ébranlé par l‘ampleur des problèmes à résoudre et l‘absence de visibilité sur la sortie de crise.”

Il a cité une donne économique “particulièrement volatile” mais aussi des choix politiques parfois “trop hésitants” et perçus comme “autant de paris risqués” et une Europe qui “inquiète les citoyens plus qu‘elle ne les rassure”.

Face à ce contexte, François Chérèque a de nouveau revendiqué le choix du réformisme, qui est la marque de la CFDT et ce qui la distingue notamment de la CGT.

“Quand les orientations retenues portent notre empreinte (...) nous disons notre satisfaction, comme nous n‘hésitons pas à exprimer nos désaccords quand les atermoiements et les revirements du gouvernement brouillent les objectifs et accroissent l‘inquiétude de tous”, a-t-il fait valoir.

Edité par Gilles Trequesser

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