27 novembre 2012 / 16:53 / il y a 5 ans

Un référendum à l'UMP sous la pression de Sarkozy

PARIS (Reuters) - Jean-François Copé et François Fillon ont donné mardi sous la pression de Nicolas Sarkozy le premier signe d‘apaisement dans leur bras de fer pour la présidence de l‘UMP en s‘accordant sur l‘idée d‘un référendum pour ou contre une nouvelle élection.

<p>"Exc&eacute;d&eacute;" par la crise &agrave; l'UMP, Nicolas Sarkozy est intervenu mardi dans le conflit entre Jean-Fran&ccedil;ois Cop&eacute; et Fran&ccedil;ois Fillon, pr&ocirc;nant l'organisation d'un r&eacute;f&eacute;rendum sur l'opportunit&eacute; de d&eacute;partager par un nouveau vote les rivaux &agrave; la pr&eacute;sidence. /Photo prise le 23 novembre 2012/REUTERS/Gonzalo Fuentes</p>

“Excédé” par l‘escalade, après une nouvelle offensive de François Fillon qui a créé un groupe parlementaire distinct, l‘ancien président est intervenu auprès des rivaux pour qu‘ils trouvent un compromis au nom de l‘unité de leur “famille”.

Jean-François Copé, président proclamé de l‘UMP, a repris la suggestion de Nicolas Sarkozy d‘un référendum à bref délai auprès des militants sur l‘opportunité d‘un nouveau scrutin et l‘a proposée à son adversaire, qui le menace d‘un recours judiciaire, lors d‘une entrevue dans son bureau à l‘Assemblée.

La consultation se déroulerait en décembre ou janvier.

Les deux hommes se sont ensuite échangé un courrier pour fixer leurs conditions, qui laissent apparaître néanmoins de persistantes divergences.

DIRECTION COLLÉGIALE

François Fillon, qui conteste un premier scrutin entaché selon lui d‘irrégularités, exige l‘instauration d‘une direction collégiale à la tête de l‘UMP “durant toute la durée des opérations” du référendum, un vote par internet organisé par un prestataire indépendant et sous la supervision d‘une commission composée de personnalités reconnues de l‘UMP.

Jean-François Copé souligne pour sa part que “quelles que soient les conditions” du référendum, il restera “président de l‘UMP jusqu‘au jour du vote éventuel” pour la direction du parti.

“En échange”, il demande à son adversaire de renoncer à la création de son groupe à l‘Assemblée, qui compte 67 membres, et à tout recours en justice.

Le député de Paris a maintenu pour l‘heure le groupe dissident, qu‘il préside. Dans l‘hypothèse où les militants se prononceraient pour un nouveau scrutin, François Fillon prône un vote avant la fin du mois de février prochain, “dans les mêmes conditions d‘organisation que le référendum”.

“Nous sommes en discussion. Un contact est noué. Je suis optimiste sur la capacité à retourner devant les électeurs”, a déclaré l‘ancien directeur de campagne de François Fillon, Eric Ciotti.

Déterminé à “ne rien lâcher” dans un conflit menaçant l‘UMP d‘implosion, François Fillon avait demandé mardi matin l‘organisation d‘une nouvelle élection “dans les trois mois”. Pour moyen de pression, il annonçait dans le même temps la création d‘un groupe provisoire à l‘Assemblée, le “rassemblement UMP”, dont les statuts ont été déposés mardi soir.

SARKOZY VEUT ARRÊTER “UN JEU DE MASSACRE”

Au Sénat, 71 “fillonistes” ont demandé à ce que le groupe UMP se prononce en faveur d‘une nouvelle élection. Une réunion est prévue mercredi à 11h00.

“Mon but, ça n‘est pas d’être déclaré vainqueur ou vaincu d‘une élection à laquelle plus personne ne croit”, a déclaré François Fillon.

“Nous ne sommes pas des chefs de clans régnant sur des affidées et des obligés. L‘UMP appartient aux militants avant d‘appartenir à ses dirigeants”, a-t-il ajouté dans une nouvelle attaque voilée contre le député-maire de Meaux.

Jean-François Copé avait répliqué à la mi-journée sur RTL qu‘il ne céderait pas à “un ultimatum” dicté par “la passion” et “la tension”. Dans le même temps, le président du groupe UMP à l‘Assemblée, le “copéiste” Christian Jacob, exhortait les députés tentés par la sécession à éviter “l‘irréparable”.

Face à l‘escalade, Nicolas Sarkozy “apparaît comme le médiateur qu‘aurait dû être Alain Juppé”, relève un proche de François Fillon. “Nicolas Sarkozy est déterminé à préserver l‘unité de sa famille politique”, a-t-on expliqué dans l‘entourage de l‘ancien président.

L‘ex-président est aussi “excédé” - terme de son ex-ministre des Sports David Douillet - par la tournure des événements, qui serait de nature à compromettre son éventuel retour à l‘avant-scène politique en vue de l’élection présidentielle de 2017.

Alain Juppé, qui avait échoué dimanche à rapprocher les positions des deux camps, s‘est félicité de l‘initiative de Nicolas Sarkozy d’“arrêter un jeu de massacre insupportable”.

Sophie Louet avec Gérard Bon, Emile Picy, Emmanuel Jarry, Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse

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