16 novembre 2012 / 15:08 / dans 5 ans

Des élus rouvrent une maison murée près de Notre-Dame-des-Landes

par Guillaume Frouin

<p>Jos&eacute; Bov&eacute; devant une maison rachet&eacute;e par Vinci &agrave; Grandschamps-des-Fontaines, dans la perspective de l'implantation du futur a&eacute;roport de Notre-Dame-des-Landes. Une vingtaine d'&eacute;lus et parlementaires d'Europe &Eacute;cologie-Les Verts (EELV), du MoDem et du Parti de gauche ont symboliquement rouvert vendredi une maison mur&eacute;e, les &eacute;cologistes jugeant que le maintien de cet &eacute;quipement tient de "l'obstination" de Jean-Marc Ayrault, actuel Premier ministre et ancien d&eacute;put&eacute;-maire de Nantes, partisan du projet. /Photo prise le 16 novembre 2012/REUTERS/St&eacute;phane Mah&eacute;</p>

GRANDCHAMPS-DES-FONTAINES, Loire-Atlantique (Reuters) - Une vingtaine d’élus et parlementaires ont symboliquement rouvert vendredi une maison murée à proximité du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Cette action a été menée à Grandchamps-des-Fontaines (Loire-Atlantique), à la veille d‘une “manifestation de réoccupation” des terrains évacués depuis un mois par les forces de l‘ordre.

À l‘aide de pieds-de-biche et de tournevis, ces élus d‘Europe Écologie-Les Verts (EELV), du MoDem et du Parti de gauche ont fait tomber les plaques métalliques et les planches de bois qui obstruaient les portes et fenêtres de ce pavillon racheté par le concessionnaire Vinci.

Cette maison ne sera pas démolie mais se trouve dans la “zone de bruit” du futur aéroport.

“Aujourd‘hui, en tant qu’élus, nous ne pouvons plus simplement rester à manifester et faire des discours”, a déclaré José Bové, qui a qualifié son acte d’“illégal mais légitime.”

“C‘est évident que Notre-Dame-des-Landes, c‘est le Larzac d‘aujourd‘hui : l‘extension du mouvement et la création de comités à travers toute la France contribuent à en faire un combat emblématique”, a dit celui qui avait lui-même occupé une ferme abandonnée sur le plateau du Larzac en 1976 pour dénoncer l‘extension d‘un camp militaire.

“OBSTINATION” D‘AYRAULT

Pour les écologistes, le maintien de cet équipement tient à “l‘obstination” de Jean-Marc Ayrault, actuel Premier ministre et ancien député-maire de Nantes, partisan du projet. Étaient notamment présents vendredi l‘ancienne candidate à l’élection présidentielle Eva Joly et le député Noël Mamère.

“Dans le schéma national des infrastructures de transports, il n‘y a qu‘un seul aéroport : on arrête les liaisons TGV, on arrête les trains express régionaux”, a déclaré aux journalistes le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé.

<p>Une vingtaine d'&eacute;lus et parlementaires, dont Jos&eacute; Bov&eacute;, ont symboliquement rouvert vendredi une maison mur&eacute;e &agrave; proximit&eacute; du futur a&eacute;roport de Notre-Dame-des-Landes. /Photo prise le 16 novembre 2012/REUTERS/St&eacute;phane Mah&eacute;</p>

“Cet aéroport, c‘est celui de Jean-Marc Ayrault. Il y a un moment quand on est Premier ministre il faut intégrer la question des finances publiques et de l‘intérêt général du pays.”

Dans l‘entourage du Premier ministre, à Paris, on souligne qu‘il y a “un consensus très large dans l‘Ouest” sur ce projet. “Le petit caillou, il n‘est pas dans le pied de ceux qui sont cohérents, il est dans le pied des écologistes qui participent au gouvernement”, dit un proche de Jean-Marc Ayrault.

“PAS LES BIENVENUS”

La maison choisie par les élus vendredi n‘est pas dans la “zone d‘aménagement différé”, rebaptisée “zone à défendre” par les militants anticapitalistes qui l‘occupent, et qui appellent samedi à une grande “manifestation de réoccupation” des terrains évacués par les forces de l‘ordre depuis un mois.

Ces derniers, qui ont occupé depuis plusieurs années des maisons rachetées par les pouvoirs publics ou Vinci, ont fait savoir sur leur site internet que “les bureaucrates et les figures médiatiques d‘Europe Ecologie-Les Verts n’étaient pas les bienvenus” à leur manifestation samedi.

Ils estiment que la formation écologiste n‘a “cessé de se désolidariser” de leur mouvement à ses débuts.

Selon la préfecture, les expulsions des squatteurs se justifient par l‘imminence des travaux préparatoires à la desserte routière de l‘aéroport, qui doivent démarrer en janvier. Ceux de l’équipement proprement dit doivent débuter en 2014, pour une mise en service en 2017.

La construction et la concession du futur aéroport, situé à 30 km au nord de Nantes, ont été confiées au groupe Vinci, qui évalue son coût à 560 millions d‘euros. Il en déboursera 320, le reste étant payé par l’État (125,5 millions d‘euros) et les collectivités locales (115,5 millions d‘euros).

Le projet - dont les écologistes, le MoDem et le Parti de Gauche réclament l‘abandon - est porté par l’État et soutenu par l‘UMP, le Parti communiste et les élus socialistes locaux.

Présenté par ses promoteurs comme un “transfert” de l‘actuel aéroport Nantes-Atlantique, situé en périphérie de la ville et menacé selon eux de saturation, le futur équipement vise à réduire les nuisances sonores et le “sentiment d‘insécurité” d‘une partie des habitants de l‘agglomération survolés par les avions.

Avec Elizabeth Pineau à Paris, édité par Gilles Trequesser

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