15 novembre 2012 / 17:13 / dans 5 ans

Régis de Camaret nie les accusations de viol

LYON (Reuters) - L‘ex-entraîneur de championnes françaises de tennis Régis de Camaret a nié jeudi tout viol ou tentative de viol de ses anciennes joueuses, à l’époque mineures, devant la cour d‘assises du Rhône.

<p>Devant la cour d'assises du Rh&ocirc;ne, l'ex-entra&icirc;neur de championnes fran&ccedil;aises de tennis, R&eacute;gis de Camaret, a ni&eacute; jeudi tout viol ou tentative de viol de ses anciennes joueuses, &agrave; l'&eacute;poque mineures. /Photo d'archives/REUTERS/St&eacute;phane Mah&eacute;</p>

Pressé par le président de la cour de s‘expliquer sur les accusations de viol et de tentatives de viol qui lui valent d’être traîné en justice, l‘homme aujourd‘hui âgé de 70 ans a assuré “ne rien avoir fait du tout”.

“Je n‘ai jamais eu un geste déplacé, juste un petit bonjour le matin, mais en-dehors de ça, je n‘ai jamais eu aucune action sexuelle avec elles”, a déclaré Régis de Camaret.

Poursuivi après les plaintes déposées par deux anciennes joueuses, l‘entraîneur est mis en cause par plus d‘une vingtaine de personnes qui ont raconté aux enquêteurs avoir été abusées et violées dès l’âge de 12 ans alors qu‘elles effectuaient des stages au centre d‘entrainement des Marres de Saint-Tropez.

L‘ancien tennisman a seulement reconnu avoir prodigué quelques caresses, à Karine, l‘une des plaignantes, tout en lui en attribuant l‘initiative.

“Elle était amoureuse de moi et elle le montrait, elle le disait aux autres filles”, a dit Régis de Camaret, qui a dit avoir repoussé les avances de Karine, reconnaissant tout au plus un “bisou dans le cou”.

Le président de la cour a relevé l’écart d’âge entre l’élève et le maître, rendant à ses yeux peu probable une relation amoureuse : “Elle avait 14 ans et vous près de 50!”

“MENSONGES MONSTRUEUX”

Aux dizaines de témoignages enregistrés auprès des anciennes joueuses l‘accusant toutes de viols à répétition, Régis de Camaret apporte sa propre explication.

“Il y a des mensonges monstrueux qu‘on ne peut pas accepter. J‘ai amené beaucoup de joueuses à très haut niveau. Ça suscite des espoirs, et, quand ils sont déçus, je récolte des haines extraordinaires”, a-t-il dit.

Sa soeur, Anne de Camaret, qui a travaillé pendant cinq ans auprès de son frère au club de Saint-Tropez, a assuré à la barre n‘avoir “jamais rien remarqué d‘inquiétant, jamais rien qui puisse tourner à la catastrophe”.

Elle juge même “déplorable” le procès qu‘elle a mis sur le compte de “l‘insatisfaction personnelle” de l‘ancienne championne Isabelle Demongeot, qui a déposé plainte la première en 2005.

“C’était une petite diva, elle avait un rôle à jouer à Saint-Tropez. Quand ce rôle n‘a plus été d‘actualité, elle est devenu aigrie”, a estime Anne de Camaret.

Seule Nathalie Tauziat, ancienne numéro 1 du tennis féminin français, défend Régis de Camaret, accusant ses camarades de vouloir salir la réputation de l‘entraîneur.

Isabelle Demongeot doit venir témoigner vendredi matin à la barre. Elle s’était présenté en 2005 à la gendarmerie de Draguignan pour raconter son histoire, entraînant dans son sillage plus d‘une vingtaine d‘autres témoignages.

Les poursuites engagées contre Régis de Camaret s‘appuient sur deux d‘entre eux seulement. Les autres remontent aux années 1970 et 1980 et sont prescrits.

La comparution de Régis de Camaret intervient après un chemin judiciaire semé d‘embûches. La cour d‘appel d‘Aix-en-Provence avait prononcé un non-lieu en 2009, une décision invalidée en 2011.

L‘homme encourt 20 années de prison. Le verdict sera rendu le 23 novembre.

Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse

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