15 novembre 2012 / 14:37 / il y a 5 ans

Le bras de fer syndicats-patronat sur l'emploi a commencé

par Jean-Baptiste Vey

<p>Le bras de fer a commenc&eacute; jeudi dans la n&eacute;gociation sur l'emploi, les syndicats critiquant un texte patronal qui organise selon eux la pr&eacute;carit&eacute; au lieu de s&eacute;curiser les parcours professionnels des Fran&ccedil;ais. /Phoot d'archives/REUTERS</p>

PARIS (Reuters) - Le bras de fer a commencé jeudi dans la négociation sur l‘emploi, les syndicats critiquant un texte patronal qui organise selon eux la précarité au lieu de sécuriser les parcours professionnels des Français.

François Hollande a exhorté mardi les partenaires sociaux à trouver un “compromis historique” et leur a donné jusqu’à la fin de l‘année pour y parvenir, faute de quoi le gouvernement présentera lui-même sa réforme, ce qu‘il préfèrerait éviter.

Plusieurs syndicats réunis avec les organisations patronales au siège du Medef ont demandé plus de temps, certains appelant au passage le gouvernement à les laisser travailler en paix.

Le ministre du Travail, Michel Sapin, a qualifié cette négociation de “difficile” et “cruciale” et il a appelé les partenaires sociaux à un compromis historique, ce qu‘a également fait le président François Hollande.

“Ce texte (patronal) est très éloigné de ce qu‘on attendait et très éloigné d‘un potentiel accord, il n‘est pas du tout équilibré”, a déclaré à des journalistes Patrick Pierron, secrétaire national de la CFDT.

Ce syndicat souhaite entre autres choses la mise en place de cotisations chômage modulables pour pénaliser les contrats précaires et que les salariés puissent conserver leur couverture complémentaire maladie s‘ils perdent leur emploi, a-t-il dit.

“Actuellement, on sécurise la précarité”, a dit Stéphane Lardy, de Force ouvrière, à propos du texte patronal.

Pour Agnès Le Bot, de la CGT, “on a un texte qui se fixe d‘emblée l‘objectif d‘une régression historique”.

“Ce n‘est pas la sécurisation des parcours mais la sécurisation de la rupture”, a-t-elle déploré, jugeant qu’“en l’état actuel, ça nous parait très très compliqué” de trouver un accord avec le patronat.

“QU‘ON NOUS FICHE LA PAIX !”

Le document présenté aux syndicats reprend les revendications des organisations patronales sur la réduction des aléas judiciaires, en proposant par exemple de réduire à 12 mois le délai dans lequel un contentieux prud‘homal peut être ouvert, et le montant des condamnations.

Pour faciliter la mise en place d‘accords de maintien dans l‘emploi quand l‘entreprise fait face à des difficultés économiques, le refus individuel d‘un salarié entraînerait la rupture de son contrat de travail.

Le texte propose en outre d‘instaurer une homologation des procédures de licenciements économiques par l‘administration, qui donnerait une compétence exclusive aux juridictions administratives en cas de contentieux.

Certains syndicats ont rejeté la pression exercée par le gouvernement sur les partenaires sociaux.

“Il va falloir que le gouvernement nous fiche la paix !”, a dit Stéphane Lardy. “Il va falloir qu‘on arrête de nous parler de ‘compromis historique’ et qu‘on nous laisse négocier, qu‘on nous laisse travailler tranquillement.”

La négociation, qui n‘avait pas repris depuis le 25 octobre, jour où les syndicats avaient dénoncé les propositions “inacceptables” du patronat sur les licenciements collectifs, devait se poursuivre toute la journée jeudi, puis reprendre le 30 novembre.

Le gouvernement, les entreprises et les institutions internationales comptent sur cette négociation pour améliorer le fonctionnement du marché du travail, ce qui contribuerait selon eux à redresser la compétitivité de l’économie française.

Le Fonds monétaire international (FMI) estime dans un rapport publié la semaine dernière que “le manque de compétitivité de l’économie française émerge comme le défi majeur à la stabilité macro-économique, la croissance et la création d‘emplois”.

Il prône à cet égard de “corriger les dysfonctionnements du marché du travail qui entravent l‘investissement, l‘emploi et, en fin de compte, la croissance”.

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a quant à lui dit la semaine dernière attendre “des décisions sur les questions liées au marché du travail qui sont aussi importantes” que le plan pour la compétitivité annoncé par le gouvernement.

Avec Nicholas Vinocur, édité par Yves Clarisse

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