November 15, 2012 / 6:34 AM / 6 years ago

La Chine se dote d'une direction conservatrice et âgée

par Sui-Lee Wee et Ben Blanchard

Le Parti communiste chinois a annoncé jeudi la composition de la nouvelle équipe appelée à diriger la deuxième puissance économique mondiale pour les cinq prochaines années et confirmé la nomination de l'actuel vice-président Xi Jinping (à gauche) au poste de secrétaire général du PCC en remplacement de Hu Jintao. /Photo prise le 15 novembre 2012/REUTERS/Carlos Barria)

PEKIN (Reuters) - Le Parti communiste chinois a dévoilé jeudi la nouvelle équipe, vieillissante et conservatrice, appelée à diriger la deuxième puissance économique mondiale pour les cinq prochaines années.

Les nouveaux maîtres de la Chine semblent toutefois peu à même de prendre les mesures drastiques requises pour s’attaquer aux problèmes brûlants en Chine que sont la corruption, l’agitation sociale et la dégradation de l’environnement.

La nomination de l’actuel vice-président Xi Jinping au poste de secrétaire général du PCC, en remplacement de Hu Jintao, a, sans surprise, été confirmée.

Le nouveau Comité permanent du Bureau politique, l’instance suprême de direction du parti et donc du pays, est ramené de neuf à sept membres et sa composition est dominée par les conservateurs avec une moyenne d’âge de 63,4 ans.

Xi Jinping, l’actuel vice-Premier ministre Li Keqiang et Wang Qishan, influent expert des questions économiques et financières aussi chargé de lutter contre la corruption, sont considérés comme des réformistes modérés. Mais les quatre autres nouveaux membres appartiennent à l’aile conservatrice du PCC.

“On ne va pas assister à de nouvelles réformes politiques, parce qu’au sein du système il y a trop de gens qui les perçoivent comme une pente dangereuse”, estime David Shambaugh, directeur des études chinoises de l’Elliott School of International Affairs à l’université George Washington.

La réduction à sept des membres du comité permanent du Politburo devrait faciliter la constitution de consensus pour la prise de décision dans une instance appelée à trancher sur tous les sujets.

Parmi les nouveaux dirigeants, Zhang Dejiang, économiste formé en Corée du Nord, devrait être nommé à la présidence de l’Assemblée nationale populaire (parlement), qui est largement une chambre d’enregistrement des décisions prises par le PCC.

Yu Zhengsheng, le chef du PC à Shanghai, fait également partie du nouveau saint des saints, de même que le conservateur Liu Yunshan et que Zhang Gaoli, le chef du parti à Tianjin.

“GRANDE PARALYSIE”

Selon une source proche de la direction du parti, un vote informel a eu lieu auprès des 200 membres du comité central pour choisir, parmi dix candidats, les sept membres du comité permanent.

En revanche, les réformistes Wang Yang, chef du PC de Canton, et Liu Yuanchao, responsable de l’organisation du PCC, tous deux proches de Hu Jintao, n’ont pas réussi à entrer au comité permanent, ainsi que Liu Yandong, la seule femme sur les rangs.

De même source, on dit que Wang Yang et Li Yuanchao n’ont pas pu intégrer le comité permanent parce que les aînés du parti les considéraient trop gauchisants. Ils font néanmoins partie, avec Liu Yandong, des 25 membres du bureau politique du PCC, l’instance décisionnelle située en dessous du comité permanent.

“La direction est divisée”, juge Jean-Pierre Cabestan, professeur de sciences politiques, à l’université Baptiste de Hong Kong. “Il est plus facile pour eux d’aller vers un nouveau modèle de croissance. Je pense qu’ils sont d’accord là-dessus et ce ne sera pas la tâche la plus difficile. Je vois une grande paralysie en terme de changement du système politique.”

Xi Jinping, qui a aussi été nommé chef de la Commission militaire centrale du PCC, devrait être porté à la présidence de la République chinoise lors de la réunion du parlement en mars, en remplacement de Hu Jintao. Li Keqiang devrait dans le même temps succéder à Wen Jiabao au poste de Premier ministre.

Après l’annonce de sa nomination, le nouveau numéro un chinois a déclaré que le pays devrait poursuivre les réformes et continuer à s’ouvrir et que le parti se trouvait confronté à de nombreux problèmes, parmi lesquels la corruption et l’éloignement d’avec le peuple.

“Nous ne nous reposons pas sur nos lauriers”, a-t-il promis, à l’issue d’une cérémonie d’intronisation très chorégraphiée de l’ensemble du comité permanent, qui s’est déroulée dans le Palais de l’assemblée du peuple et a été retransmise à la télévision.

La transition, effectuée dans le cadre du XVIIIe congrès du PCC, a été ternie par l’éviction de Bo Xilai, étoile montante du parti et puissant responsable local accusé d’abus de pouvoir, de corruption et d’autres crimes, dans le cadre du pire scandale à avoir touché la classe dirigeante chinoise depuis des décennies.

John Ruwitch, Benjamin Kang Lim, Sabrina Mao et Sally Huang, Danielle Rouquié, Julien Dury et Juliette Rabat pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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