October 29, 2012 / 6:29 AM / 6 years ago

L'ouragan Sandy commence à balayer la côte est des Etats-Unis

par Daniel Trotta et Tom Hals

A Hoboken, dans le New Jersey. Accompagné de vents violents et de pluies battantes, l'ouragan Sandy a commencé lundi à balayer la côte est des Etats-Unis, entraînant une mobilisation totale à New York, où Wall Street a fermé de manière préventive pour la première fois en 27 ans. Près de 50 millions de personnes se trouvent sur la trajectoire de Sandy, qui a déjà tué 66 personnes dans les Caraïbes. /Photo prise le 29 octobre 2012/REUTERS/Gary Hershorn

NEW YORK/REHOBOTH BEACH, Delaware (Reuters) - Accompagné de vents violents et de pluies battantes, l’ouragan Sandy, l’un des plus importants à avoir jamais frappé les Etats-Unis, a commencé lundi à balayer la côte est du pays, entraînant l’immobilisation des transports, l’évacuation des zones sujettes à inondations et interrompant la campagne présidentielle américaine.

Wall Street a été fermée lundi pour la première fois depuis les attentats du 11 septembre 2001 et le restera mardi.

Près de 60 millions de personnes se trouvent sur la trajectoire de Sandy, qui a déjà tué 66 personnes dans les Caraïbes et dont les vents soufflent à près de 800 km à la ronde.

Même si Sandy ne possède pas la même puissance que l’ouragan Katrina qui a dévasté la Nouvelle-Orléans en 2005, la perturbation en intensité.

A 21h00 GMT, le centre de la dépression, qui s’étale sur une largeur de 1.600 km, se trouvait à 45 km à l’est-sud-est de Cape May, dans le New Jersey et à environ 65 km au sud d’Atlantic City, également dans le Jersey. Sandy se déplace à une vitesse de 45 km/h avec des vents atteignant 150 km/h.

Selon le Centre national des ouragans (NHC), Sandy se dirige rapidement vers le New Jersey et le Delaware. Les vents périphériques rendent déjà la situation dangereuse sur les côtes.

Les météorologues du NHC estiment que l’ouragan, qui devrait ensuite s’enfoncer vers Philadelphie et la Pennsylvanie, pourrait être la plus grave perturbation atmosphérique de l’histoire des Etats-Unis.

Sandy risque de provoquer de graves inondations et des coupures d’électricité, d’endommager des bâtiments et d’abattre des arbres. Les météorologues préviennent que les vagues qu’il soulève représentent un danger “mortel”.

“Il y aura sans aucun doute des morts causées par l’intensité de cette tempête, par les inondations, par la montée de la marée, par les vagues. Plus les citoyens agiront de façon responsable, moins il y aura de morts”, a déclaré à la presse le gouverneur du Maryland, Martin O’Malley.

Au large de la Caroline du Nord, les Gardes-côtes des Etats-Unis (USCG) ont secouru 14 des 16 membres d’équipage qui avaient dû abandonner la réplique de la célèbre frégate “Bounty” à la suite d’une avarie de moteur et alors que le trois-mâts se trouvait sur la trajectoire de l’ouragan.

Plus d’un million de foyers étaient privés d’électricité en début de soirée et des millions de plus pourraient subir des coupures de courant dans les heures à venir.

Selon une entreprise spécialisée dans la prévision des catastrophes, le montant final des pertes économiques provoquées par l’ouragan pourrait atteindre 20 milliards de dollars, la moitié seulement de cette somme étant couverte par des assurances.

INSTITUTIONS PARALYSÉES

Dix Etats américains ont déclaré l’état d’urgence et le président Barack Obama a annulé un meeting électoral prévu à Orlando (Floride) pour rentrer en début de soirée à Washington afin de suivre l’évolution de la situation.

S’adressant à ses concitoyens, le président a exhorté les habitants de la côte Est se trouvant sur la trajectoire de l’ouragan à obéir aux consignes d’évacuation et les a assurés que le gouvernement était prêt à agir.

Renonçant à ses plans de campagne pour regagner Washington, le président des Etats-Unis a voulu montrer aux électeurs, à huit jours du scrutin du 6 novembre, que ses devoirs de chef d’Etat arrivaient en tête de ses priorités dans un contexte de crise nationale imminente, reléguant au second plan la course à la présidentielle.

Son adversaire républicain, Mitt Romney, a également annulé des rassemblements dans le Wisconsin, l’Iowa et en Floride.

Le maire de New York, Michaël Bloomberg, a ordonné l’arrêt des transports publics et l’évacuation de près de 375.000 personnes des zones côtières les plus basses de la métropole. Lundi, l’eau atteignait déjà le niveau de la digue mise en place à Battery Park City, l’un des quartiers évacués, à Manhattan.

A Rehoboth Beach, une station balnéaire du Delaware, en plein sur la trajectoire de Sandy, les rues étaient inondées. Le niveau de l’eau y atteignait environ un mètre de haut.

Les marchés boursiers américains, dont le New York Stock Exchange (Nyse) et le Nasdaq, ont fermé de manière préventive pour la première fois en 27 ans et resteront clos mardi. Leur réouverture prévue mercredi dépendra de l’évolution de l’ouragan.

Les Nations unies, les théâtres de Broadway et les casinos du New Jersey ont également fermé leurs portes.

La plupart des compagnies aériennes ont annulé leurs vols dans la région, ponts et tunnels ont été fermés et l’entreprise ferroviaire publique Amtrak a pratiquement suspendu tous ses services sur la côte Est.

A Washington, la Cour suprême, l’une des rares institutions de la région qui continuaient à fonctionner, a renoncé à siéger mardi. Le gouvernement a demandé à ses employés, hors services d’urgence, de rester chez eux.

COUPURES DE COURANT

La perturbation conjugue les caractéristiques d’un cyclone tropical et d’une tempête hivernale, et dispose donc de tous les ingrédients pour se transformer en “super tempête”.

Mais à cette combinaison de deux tempêtes s’ajoute une troisième perturbation provenant du Canada qui va maintenir sur place la tempête existante, amplifiant les effets des inondations sur le continent, expliquent les météorologues.

Dans les Etats situés sur la trajectoire prévisible de Sandy, des habitants ont envahi les magasins à la recherche de groupes électrogènes, de lampes de poche, de piles, et de nourriture.

Le groupe énergétique Phillips 66 a fermé dans le New Jersey sa raffinerie de pétrole de Baiway, la deuxième plus importante de la côte Est, ainsi que trois autres sites.

Au total, la dépression devrait perturber la production de deux raffineries sur trois dans l’Est des Etats-Unis.

A Ocean City, dans le Maryland. Accompagné de vents violents et de pluies battantes, l'ouragan Sandy, l'un des plus importants à avoir jamais frappé les Etats-Unis, a commencé lundi à balayer la côte est du pays, entraînant l'immobilisation des transports, l'évacuation des zones sujettes à inondations et interrompant la campagne présidentielle américaine. /Photo prise le 29 octobre 2012/REUTERS/Kevin Lamarque

Colonial Pipeline, numéro un américain des oléoducs, continue d’acheminer essence et diesel à partir des raffineries du golfe du Mexique jusqu’à Linden, le terminal pétrolier du port de New York. Mais le transport pourrait cesser lorsque les effets de l’ouragan commenceront à se faire sentir.

On s’attend que les sites nucléaires de Salem et Hope Creek, gérés par Public Service Enterprise Groupe (PSEG) et qui sont sur le passage de l’ouragan, soient fermés.

Avec les rédactions de New York et Washington et les journalistes de Reuters le long de la côte Est, Julien Dury et Juliette Rabat pour le service français, édité par Danielle Rouquié

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below