October 28, 2012 / 8:58 AM / 6 years ago

Un vent de jeunesse attendu sur la direction du PS

par Jean Décotte

Guillaume Bachelay, Karine Berger, Olivier Faure, ou encore Frédérique Espagnac, tous sont de jeunes parlementaires, âgés d'une quarantaine d'années, qui font souffler un vent de modernisation au Parti socialiste. /Photo d'archives/REUTERS/Regis Duvignau

TOULOUSE (Reuters) - Ce sont de jeunes parlementaires, âgés d’une quarantaine d’années, qui font souffler un vent de modernisation au Parti socialiste : derrière Harlem Désir, investi ce week-end premier secrétaire, une nouvelle génération s’apprête à prendre les rênes du PS.

A l’instar de Guillaume Bachelay, 38 ans et désormais n°2 du parti, plusieurs “quadras” pourraient figurer dans le casting de la nouvelle direction et renouveler les idées et l’image d’une formation trop souvent assimilée aux seuls “éléphants”.

Dès que sera connue la composition du Conseil national du PS, sorte de “parlement” du parti, la répartition des postes de secrétaires nationaux, vers la mi-novembre, sera l’occasion de faire place à de nouveaux visages.

Dans les couloirs du congrès socialiste ce week-end à Toulouse, les noms de Karine Berger, 39 ans, Olivier Faure, 44 ans, ou encore Frédérique Espagnac, 40 ans, ont été évoqués parmi les possibles candidats à un poste de porte-parole.

Comme Guillaume Bachelay, tous les trois sont devenus parlementaires dans le sillage de l’alternance à l’Assemblée et au Sénat, en 2011 et 2012. Et tous les quatre font partie de la commission des Finances de leur chambre respective, où chacun d’eux tente d’apporter sa propre sensibilité.

“La nouvelle génération n’a pas à reprendre le même fonctionnement que la précédente, il faut dépasser les clivages du passé et porter un regard différent sur la société française”, souligne Olivier Faure, député de Seine-et-Marne qui a fait de la défense du monde périurbain son cheval de bataille.

LOGIQUE COLLECTIVE

“Je veux défendre la France des pavillons et du RER”, explique ce juriste, ancien conseiller de Martine Aubry au ministère de l’Emploi et ex-directeur adjoint du cabinet de François Hollande lorsqu’il était premier secrétaire du PS.

“Le PS a toujours raisonné en terme d’implantation territoriale dans les grandes villes et les banlieues. Or, dans le périurbain, c’est là que vivent les classes moyennes et populaires (...) Il y a dans ces zones une course de vitesse face à la droite et à l’extrême droite.”

Le sujet de prédilection de Karine Berger, polytechnicienne et économiste, est tout trouvé : “faire en sorte que le PS remporte la bataille idéologique de l’économie”.

La députée des Hautes-Alpes s’était illustrée l’an dernier avec un livre au titre choc coécrit avec Valérie Rabault, “Les Trente Glorieuses sont devant nous”. Karine Berger défend à titre personnel la mise en place d’euro-obligations et veut changer l’image du PS dans le monde économique.

“On est vus comme illégitimes historiquement pour mener la politique économique de ce pays ; pourtant ce n’est pas le cas, nous sommes totalement compétents. On est légitimes contre le chômage, on est légitimes sur la croissance”, martèle cette ancienne économiste du groupe d’assurance-crédit Euler Hermes.

Sur ce terrain évolue aussi Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, qui a travaillé notamment chez EDF et GDF et est désormais vice-présidente de la commission des Finances du Sénat.

La jeune sénatrice, conseillère municipale à Pau, a également dirigé une mission d’information parlementaire sur le fonctionnement des agences de notation.

“JEUNE GARDE”

“Jeunes loups”, “jeune garde” ou “jeunes Turcs”, il semble facile de réduire ces nouvelles têtes à une étiquette toute faite, mais Karine Berger ne récuse pas ces qualificatifs.

“En matière de rôle politique, on est dans un corps à corps avec la droite. C’est pour ça que le terme ‘jeune garde’ ou ‘sabra’ me va bien, parce que j’estime que je suis sur le champ de bataille”, dit-elle, saluant le processus de renouvellement enclenché au sein du PS.

“C’est très important qu’il y ait une incarnation visuelle de la manière dont un parti respire. A chaque congrès, vous avez de nouveaux visages, de nouvelles personnes, de nouvelles générations. Le PS est un parti qui tourne”, fait-elle valoir.

Symbole d’un passage de témoin, c’est Guillaume Bachelay qui a ouvert les débats du congrès vendredi à la demande du Premier secrétaire Harlem Désir, avec un discours remarqué où cet élu de Seine-Maritime a notamment évoqué son refus de la désindustrialisation.

Le jeune député en a profité pour saluer le processus de modernisation engagé au sein du PS.

“La rénovation, nous l’avons initiée alors que d’autres formations n’osent même pas y penser”, a-t-il dit à la tribune.

“Parité, diversité, renouvellement, mais aussi non-cumul des mandats. Le socialisme, c’est le partage, alors pourquoi ne pas partager les mandats et les fonctions?”, s’est-il interrogé, sur un sujet qui fait débat parmi certains grands élus du PS.

Après un début de carrière dans le sillage de Laurent Fabius, Guillaume Bachelay s’est affirmé pendant la campagne présidentielle en tant que rédacteur du projet socialiste. Il a aussi servi de contradicteur à François Hollande lors de sa préparation du débat télévisé contre Nicolas Sarkozy.

“Son apport a été primordial pendant la campagne présidentielle et depuis”, résume Olivier Faure.

“Il a du talent, il est intelligent, ce sera l’un de ceux qui vont compter dans les prochaines années.”

Edité par Jean-Loup Fiévet

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