October 21, 2012 / 11:23 AM / 6 years ago

Les obsèques de Hassan marquées par la violence à Beyrouth

par Angus MacSwan et Mariam Karouny

Les forces de l'ordre ont tiré en l'air pour disperser des manifestants dimanche à Beyrouth après les funérailles du général Wissam al Hassan, le chef des services de renseignement des Forces de sécurité intérieure libanaises tué vendredi dans un attentat. /Photo prise le 21 octobre 2012/REUTERS/Mahmoud Kheir

BEYROUTH (Reuters) - Les forces de l’ordre ont tiré en l’air pour disperser des manifestants dimanche à Beyrouth après les funérailles du général Wissam al Hassan, le chef des services de renseignement des Forces de sécurité intérieure libanaises tué vendredi dans un attentat.

Des milliers de personnes qui s’étaient rassemblées place des Martyrs pour assister à ses obsèques ont demandé la démission du Premier ministre libanais Nadjib Mikati et accusé la Syrie d’être impliquée dans l’assassinat du général.

Les forces de l’ordre ont effectué des tirs de sommation pour disperser des manifestants qui tentaient de prendre d’assaut le siège du gouvernement libanais à l’issue de la cérémonie funéraire.

Selon des témoins, deux manifestants ont perdu connaissance, asphyxiés par les grenades lacrymogènes lancées par les forces de l’ordre.

Les manifestants avaient forcé quelques minutes auparavant un premier barrage de sécurité.

Le chef de l’opposition, Saad Hariri, a lancé un appel au calme et a demandé à ses partisans de rentrer chez eux. “Nous voulons la paix, le gouvernement doit tomber mais nous voulons que cela se produise de manière pacifique. Je demande à tous ceux qui sont dans les rues de se retirer”, a-t-il dit à la télévision.

EN RANGS SERRÉS

Le général Wissam al Hassan, qui était un proche de l’ancien Premier ministre sunnite Rafic Hariri, assassiné en 2005, et de son fils Saad, a été tué vendredi avec sept autres personnes dans un attentat à la voiture piégée.

Il avait mis au jour en août un complot impliquant un ancien ministre libanais et deux responsables militaires syriens pour déstabiliser le Liban.

Plusieurs responsables politiques libanais ont attribué au gouvernement syrien et au président Bachar al Assad la paternité de son assassinat.

Dimanche, politiciens, militaires et responsables des forces de sécurité étaient présents en rangs serrés au siège des Forces de sécurité intérieure où ont commencé ses funérailles, retransmises en direct à la télévision.

Le chef de l’Etat libanais, Michel Souleïmane, et le chef de la police, Achraf Rifi, ont prononcé l’éloge funèbre sous les yeux de la veuve du général et de ses deux fils, dont l’un était en larmes.

Le président libanais a déclaré que le peuple et le gouvernement devaient travailler “épaule contre épaule” pour surmonter les défis posés par l’assassinat.

“Je dis à la justice: n’hésitez pas, le peuple est avec vous. Je dis aux forces de sécurité d’être fermes, le peuple est avec vous, avec vous. Et je dis aux hommes politiques et au gouvernement de ne pas couvrir le perpétrateur”, a-t-il déclaré.

Conformément au cérémonial suivi pour des funérailles nationales, le clocher des églises ont sonné le glas au passage du cercueil recouvert du drapeau national et porté par les gardes du corps du défunt.

La foule chantait des cantiques sur le parcours jusqu’à la mosquée où se sont déroulées les funérailles. Des haut-parleurs diffusaient sur la place des Martyrs les prières de la cérémonie musulmane en l’honneur du général, qui devait être enterré aux côtés de Rafic Hariri.

De nombreux Libanais présents faisaient flotter au vent la bannière bleu ciel du Courant du futur, la formation d’opposition à dominante sunnite. D’autres arboraient le drapeau national frappé du cèdre, mais on pouvait voir aussi celui de la rébellion syrienne.

“Dégage Nadjib, dégage!”, pouvait-on lire sur une banderole, en écho aux appels à la démission lancés à l’encontre des dirigeants des pays touchés par le Printemps arabe.

“BACHAR RESPONSABLE DE TOUT”

Une partie de la foule place des Martyrs a repris également à son compte les déclarations de certains responsables politiques libanais pointant du doigt la Syrie et son président Bachar al Assad.

“Nous accusons Bachar al Assad, le président syrien. Il est responsable de tout - dans le passé, aujourd’hui, et, si nous ne nous dressons pas contre lui, dans le futur”, a déclaré Assmaa Diab, une jeune fille de 14 ans présente sur la place avec sa soeur et son père.

La colère populaire s’adressait également au Premier ministre, accusé d’être trop proche du mouvement chiite pro-iranien Hezbollah et du régime syrien.

Nadjib Mikati a présenté samedi sa démission au président Michel Souleïmane qui lui a demandé de demeurer en fonction pendant quelque temps encore.

“Nous sommes ici pour dire à Mikati que nous n’avons plus besoin de lui et pour dire au Hezbollah que nous ne voulons plus de son petit jeu. Mikati accepte trop de pressions de la part de la Syrie”, a estimé Hamza Akhrass, un étudiant de 22 ans venu du Sud-Liban pour les funérailles.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a jugé dimanche “probable” une implication de Damas dans l’attaque perpétrée vendredi.

De son côté, Samir Geagea, leader politique chrétien opposé à Bachar al Assad, a souhaité la suspension de tous les accords militaires et de sécurité avec la Syrie et l’expulsion de l’ambassadeur syrien à Beyrouth.

Avec Dominic Evans; Pierre Sérisier, Henri-Pierre André et Pascal Liétout pour le service français

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