October 17, 2012 / 4:48 PM / 6 years ago

Polémique sur la reconnaissance du massacre de 1961 à Paris

PARIS (Reuters) - La reconnaissance, mercredi par François Hollande, de la responsabilité de la France dans le massacre d’indépendantistes algériens à Paris en 1961 a donné lieu à une polémique déclenchée par l’UMP Christian Jacob.

François Hollande a rendu hommage mercredi aux victimes de la répression de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris où des indépendantistes algériens ont été tués par la police dirigée par le préfet de l'époque, Maurice Papon. /Photo prise le 17 octobre 2012/REUTERS/Philippe Wojazer

C’est la première fois que la responsabilité de la France dans la répression meurtrière de la manifestation du 17 octobre 1961 est reconnue officiellement par un chef de l’Etat français.

La répression policière avait été orchestrée par le préfet de l’époque, Maurice Papon, qui a été condamné en 1998 à 10 ans de prison pour complicité de crimes contre l’humanité pour avoir collaboré à la déportation de juifs sous le régime de Vichy.

“Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression”, peut-on lire dans un communiqué de la présidence de la République.

“Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes”, écrit François Hollande qui ajoute que “la République reconnaît avec lucidité ces faits”.

Cette reconnaissance a provoqué la colère de Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale.

“S’il n’est pas question de nier les événements du 17 octobre 1961 et d’oublier les victimes, il est intolérable de mettre en cause la police républicaine et avec elle la République toute entière”, écrit-il dans un communiqué.

“Le président de la République doit préciser si son simple et très court communiqué vaut reconnaissance de la responsabilité de la France”, ajoute le député UMP.

PROMESSE DE CAMPAGNE

“On est sur des éléments très douloureux de notre histoire et aucun des prédécesseurs de François Hollande n’a été sur cette voie de la responsabilité de la France”, a dit Christian Jacob un peu plus tard à des journalistes dans les couloirs de l’Assemblée.

“Nous sommes en 1961 avec un président de la République qui est le général de Gaulle, avec une démocratie qui fonctionne”, a-t-il ajouté.

Jean-Marie Le Pen, président d’honneur du Front national, a également critiqué la décision de François Hollande de reconnaître la responsabilité de la France.

“Ces gens qui mettent la France, les responsabilités de la France en cause, ils ne sont pas chargés de ça, pas plus M. Chirac que M. Hollande n’ont autorité pour reconnaître la culpabilité ou l’innocence de la France”, a-t-il dit sur RTL.

François Hollande s’était engagé lors de la campagne présidentielle à reconnaître officiellement ces massacres, une revendication du Parti socialiste.

Le président prévoit de se rendre début décembre en Algérie pour sceller de nouveaux rapports entre la France et son ancienne colonie.

Le Front de libération nationale (FLN) algérien organisa le 17 octobre 1961 une manifestation à Paris en dépit d’un couvre-feu. La répression, longtemps occultée par les autorités françaises, fit selon les historiens jusqu’à plusieurs centaines de morts.

Le souvenir de ces massacres a donné lieu à de nombreuses chansons, poèmes et livres comme ceux récemment publiés par le romancier Didier Daeninckx.

Une proposition de résolution sur la reconnaissance du massacre a été déposée par des sénateurs communistes au début de l’année.

Le député Front de gauche François Asensi et le groupe PC et apparentés du Sénat ont déposé mercredi, chacun de leur côté, une proposition de loi afin que toute la lumière soit faite sur ces événements.

Le député ex-PC de la Seine-Saint-Denis rappelle, dans un communiqué, que depuis 1997 il demande l’ouverture des archives du ministère de l’Intérieur “parce qu’une démocratie digne de ce nom ne peut maintenir le secret sur ces terribles événements”.

“L’adoption de cette proposition de loi serait un geste de concorde à l’adresse du peuple algérien, ce peuple ami, et contribuerait au rapprochement entre nos deux peuples”, conclut François Asensi.

Julien Ponthus, Elizabeth Pineau et Emile Picy, édité par Yves Clarisse et Patrick Vignal

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below