September 26, 2012 / 4:03 PM / 6 years ago

François Hollande signe un fragile succès diplomatique à l'Onu

par Julien Ponthus et John Irish

François Hollande a obtenu mercredi pour sa première participation à une Assemblée générale de l'Onu une avancée diplomatique réelle, mais fragile, en faveur d'une intervention militaire au Mali. /Photo prise le 25 septembre 2012/REUTERS/Shannon Stapleton

NEW YORK (Reuters) - François Hollande a obtenu mercredi pour sa première participation à une Assemblée générale de l’Onu une avancée diplomatique réelle, mais fragile, en faveur d’une intervention militaire au Mali.

Critiqué en France pour sa politique à l’égard de la Syrie, le président ne pouvait, pas plus que sur l’Iran, favoriser des avancées concrètes sur ces deux dossiers sensibles eu égard au soutien de la Chine et de la Russie, membres permanents du Conseil de sécurité, aux régimes de Damas et de Téhéran.

Si le président français s’était montré prudent mardi sur le dossier malien lors de son allocution en séance plénière, il a adopté un ton résolument plus optimiste mercredi.

Il a ainsi estimé que les conditions étaient réunies pour obtenir une résolution du Conseil de sécurité et mettre en oeuvre “rapidement” une force africaine sur le terrain.

S’exprimant à l’issue d’une conférence consacrée à la région, François Hollande a jugé qu’une nouvelle étape avait été franchie.

“Cette Assemblée générale des Nations unies (...) peut ouvrir un processus de retour à la sécurité dans la région du Sahel et à un retour à l’intégrité du Mali”, s’est-il félicité lors d’une conférence de presse.

Il a notamment salué la décision de principe du secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, de nommer un envoyé spécial pour la région.

Certaines délégations présentes à l’Onu restent néanmoins très sceptiques sur les chances de voir des troupes africaines fouler le désert malien dans les prochaines semaines ou les prochains mois.

Plusieurs pays jugent que les conditions politiques dans la région ne sont pas réunies et demandent en outre que des élections soient organisées avant l’arrivée éventuelle de troupes mandatées par l’Onu.

La secrétaire d’Etat américaine Hilary Clinton a plaidé en ce sens mercredi.

“Seul un gouvernement démocratiquement élu aura la légitimité pour parvenir à une résolution négociée au Nord-Mali, mettre un terme à la rébellion et restaurer l’Etat de droit”, a-t-elle déclaré.

VOLONTARISME

Les tensions persistantes avec la Russie ou la Chine sur la question syrienne pourraient aussi compliquer la donne au Conseil de sécurité et transformer le succès diplomatique d’aujourd’hui en victoire sans lendemain.

Interrogé sur ces réserves et sur le délai nécessaire pour que la force mandatée par l’Onu soit opérationnelle, François Hollande a souligné qu’il avait appelé l’Onu au volontarisme, le thème de son discours de mardi.

“J’ai insisté sur le fait que toute perte de temps serait une complication supplémentaire”, a-t-il dit, ajoutant qu’il n’était “pas question de négocier avec des terroristes”.

Le Mali est en proie à une situation chaotique depuis le coup d’Etat de mars dernier, qui a permis aux rebelles touareg de s’emparer dans le Nord des deux tiers du pays. Des groupes islamistes, certains alliés à Al Qaïda, ont ensuite pris le contrôle du territoire en y imposant la charia.

La France est dans une situation délicate car elle doit aussi négocier la libération de ses otages détenus dans le pays. Six Français sont retenus depuis plus de deux ans au Sahel.

Edité par Patrick Vignal

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