September 26, 2012 / 2:28 PM / in 6 years

Les rebelles syriens frappent au coeur du pouvoir

par Samia Nakhoul et Oliver Holmes

Deux fortes explosions revendiquées par l'Armée syrienne libre se sont produites mercredi près de l'un des principaux bâtiments de l'état-major à Damas, faisant des dizaines de morts selon l'ASL, seulement quelques blessés selon l'armée. /Photo prise le 26 septembre 2012/REUTERS/SANA

BEYROUTH (Reuters) - Les rebelles syriens ont frappé au coeur du pouvoir syrien mercredi en déclenchant deux explosions dans un complexe militaire abritant le siège de l’état-major, en plein centre de Damas.

L’Armée syrienne libre (ASL), la principale force qui cherche à renverser le président Bachar al Assad, a revendiqué l’attaque qui a fait, selon elle, des dizaines de morts.

D’après un bilan fourni par la télévision officielle syrienne, quatre militaires chargés de garder les bâtiments ont été tués. Elle fait en outre état, citant une source militaire, de 14 blessés, civils et militaires.

Un premier communiqué des forces armées disait qu’un certain nombre de gardes avaient été blessés par les explosions ressenties dans tout Damas vers 07h00 (04h00 GMT).

Il s’agit de l’attaque la plus grave dans la capitale depuis le 18 juillet. Un attentat à la bombe visant le bâtiment de la Sécurité nationale avait tué ce jour-là plusieurs hauts responsables syriens de la sécurité, dont le beau-frère de Bachar al Assad, le ministre de la Défense et un général.

Cette opération avait permis aux rebelles d’avancer dans le centre de la capitale. Mais ils ont depuis été repoussés vers les quartiers périphériques.

ÉCHANGES DE TIRS

Des images diffusées par la télévision montrent les étages supérieurs du siège de l’état-major en flammes, suggérant que des explosifs ont été placés à l’intérieur du bâtiment, place des Omeyyades. La porte centrale était noircie par le feu. Toutes les fenêtres du bâtiment ont été soufflées.

Selon des images tournées par Reuters Television, les rues avoisinantes étaient jonchées de bris de verre. On pouvait voir un profond cratère, creusé apparemment par l’explosion d’une voiture piégée. Les rues alentour étaient bloquées par le passage des ambulances.

Des échanges de tirs ont été entendus dans le quartier pendant au moins deux heures après l’explosion, ont rapporté des habitants. Les forces de sécurité se sont mises à la recherche des “terroristes armés”, expression utilisée par les autorités pour désigner les insurgés qui cherchent à renverser le président Assad.

Mardi, devant l’Assemblée générale des Nations unies, les chefs d’Etat se sont succédé pour dénoncer le régime syrien, mais le Conseil de sécurité de l’Onu, qui pourrait décider de sanctions contre la Syrie, est bloqué par l’opposition de la Russie et de la Chine à toute sanction contre la Syrie.

“ACTE TERRORISTE”

“C’est un acte terroriste, proche d’un site important, c’est vrai. Mais, comme d’habitude, ils ne sont pas parvenus à leurs fins”, a déclaré le ministre de l’Information, Omran Zoabi, à la télévision syrienne.

Selon un activiste du nom de Sami al Chami, les deux plus grosses explosions ont été causées par un attentat suicide à la voiture piégée et par une seconde voiture chargée d’explosifs dans le périmètre du complexe militaire.

“Les combattants sont alors entrés et se sont battus avec la sécurité à l’intérieur pendant qu’une partie des hommes commençait à mettre le feu au bâtiment”, a-t-il raconté.

“Il doit y avoir plusieurs membres des forces de sécurité qui sont morts. Il n’est pas possible que les rebelles puissent être allés si loin, en luttant pour entrer, sans tuer personne de la sécurité”, a-t-il déclaré à Reuters.

Cela semble correspondre aux récits des habitants qui ont entendu des tirs et des petites explosions après les premières grosses déflagrations.

“Les explosions ont fait beaucoup de bruit. Elles ont secoué toute la ville et, chez nous, les vitres ont tremblé. On a vu une fumée noire s’échapper de la zone du bâtiment de l’état-major”, a rapporté un habitant, joint par téléphone.

Un journaliste de la chaîne de télévision al Manar, propriété des chiites du Hezbollah, l’allié libanais du président Assad, raconte qu’il était dans le bâtiment après l’explosion et qu’il a vu les corps de trois “hommes armés”.

Un autre habitant a confirmé les deux explosions de départ. “J’ai été réveillé à sept heures moins quatre par une première forte explosion. Cinq ou six minutes plus tard, il y en a eu une seconde”. Il dit avoir vu des soldats sur le toit du bâtiment des renseignements de l’armée de l’air, qui fait partie du même complexe militaire.

Plus de 27.000 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement contre le régime syrien en mars 2011, selon un bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une organisation proche de l’opposition basée à Londres.

Par ailleurs, un journaliste de la chaîne de télévision iranienne en anglais Press TV a été tué par un tireur embusqué à Damas, et son chef de bureau blessé, a rapporté Press TV.

Avec Dominic Evans et Erika Solomon à Beyrouth, et Rania el Gamal et Sami Aboudi à Dubaï, Hélène Duvigneau et Danièle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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