September 25, 2012 / 6:18 PM / 6 years ago

Hollande critique l'immobilisme de l'Onu sur la Syrie

par Julien Ponthus

François Hollande a critiqué mardi l'immobilisme de l'Onu sur le dossier syrien et appelé la communauté internationale à protéger les zones libérées par l'opposition syrienne. /Photo prise le 25 septembre 2012/REUTERS/Mike Segar

NEW YORK (Reuters) - François Hollande a critiqué mardi l’immobilisme de l’Onu sur le dossier syrien et appelé la communauté internationale à protéger les zones libérées par l’opposition syrienne.

Pour sa première apparition au siège des Nations unies, le président a répété les positions traditionnelles de la France sur la réforme du Conseil de sécurité ou le processus de paix israélo-palestinien, mais a gardé ses mots les plus durs pour le régime syrien.

“Sans attendre, je demande que les Nations unies accordent dès maintenant au peuple syrien toute l’aide, tout le soutien qu’il demande, et notamment que soient protégées les zones libérées, et que soit assurée une aide humanitaire pour les réfugiés”, a-t-il lancé durant l’Assemblée générale de l’organisation. “Comment admettre cette paralysie de l’Onu ?”

“J’ai une certitude : le régime syrien ne retrouvera jamais sa place dans le concert des nations, il n’a pas d’avenir parmi nous”, a dit le chef de l’Etat dans une allocution quelque peu éclipsée par le discours fleuve de Barack Obama.

Si la diplomatie française espère obtenir des avancées à New York pour permettre rapidement une intervention au Mali, Paris n’a guère d’espoir d’isoler le régime syrien qui bénéficie toujours du soutien de la Chine et de la Russie, deux membres permanents du Conseil de sécurité.

Le président français a fait part de sa frustration face à l’impuissance de la communauté internationale à résoudre le conflit.

“L’Onu est incapable d’empêcher la guerre, les exactions ou les atteintes aux droits des peuples”, a déploré François Hollande, dont la politique étrangère est largement critiquée par l’opposition en France.

“Si nous voulons rendre le monde plus sûr, il nous appartient de prendre nos responsabilités”, a-t-il ajouté.

“PAS DE TEMPS À PERDRE” SUR LE MALI

Nicolas Sarkozy avait effectué une rare sortie médiatique début août pour critiquer le manque de fermeté supposé de son successeur et l’écrivain Bernard-Henri Lévy s’était dans la foulée déclaré “déçu” par la politique de François Hollande.

Arrivé lundi dans la soirée à New York, François Hollande a eu un dîner de travail avec le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, et doit poursuivre toute une série d’entretiens bilatéraux consacrés notamment au Sahel.

François Hollande est resté prudent sur ce dossier. La diplomatie française espère que l’Assemblée générale de l’Onu constituera un “tournant” pour permettre une intervention militaire.

“Il n’y pas de temps à perdre”, a dit le président français.

“La France, je l’annonce ici, soutiendra toutes les initiatives permettant que les Africains eux-mêmes règlent cette question dans le cadre de la légalité internationale avec un mandat clair du Conseil de sécurité. Oui, il faut que le Mali retrouve l’intégrité de son territoire”, a-t-il ajouté.

François Hollande est revenu un peu plus tard, lors d’une conférence de presse, sur le sort des six otages français retenus depuis plus de deux ans au Sahel.

“La nécessité de libérer nos otages ne doit pas passer par un renoncement à assurer l’intégrité du Mali”, a-t-il dit.

“Nous ne ménageons aucun effort pour libérer nos otages et en même temps nous assurons nos obligations internationales de lutte contre le terrorisme et de lutte également par l’occupation d’une partie d’un Etat par des groupes qui se disent eux-mêmes fondamentalistes”, a-t-il ajouté.

“INGÉRENCE INACCEPTABLE” DE L’IRAN

L’entourage de François Hollande indique qu’il pourrait s’exprimer davantage sur ce dossier après la conférence internationale organisée à l’Onu sur le Sahel mercredi.

Le discours de François Hollande a aussi épinglé l’Iran et appelé à nouvelles sanctions pour amener le pays à revoir son programme nucléaire “avant qu’il ne soit trop tard”.

Le président français, qui a déclaré qu’il fallait aller “jusqu’au bout” pour convaincre l’Iran de renoncer à des activités nucléaires à visée militaire, a également dénoncé l’attitude de l’Iran dans la crise syrienne.

“Il est clair que nous avons tous les éléments de preuve que l’Iran intervient par des moyens humains et matériels en Syrie et c’est inacceptable”, a-t-il dit.

La grand-messe diplomatique que constitue l’assemblée générale aura aussi été l’occasion pour François Hollande de renouveler son appel à généraliser une taxe sur les transactions financières pour financer l’aide au développement et la lutte contre les fléaux sanitaires.

Il a aussi innové par rapport à ses prédécesseurs en plaidant pour la dépénalisation de l’homosexualité au niveau mondial, une priorité rare pour un chef d’Etat français à l’Assemblée générale de l’Onu .

Le président français a promis un texte autorisant le mariage aux personnes de même sexe pour 2013, une proposition qui semble emporter l’adhésion d’une majorité de Français mais qui a néanmoins déclenché un tollé chez certains hommes politiques conservateurs ou des responsables religieux.

Edité par Patrick Vignal

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