September 12, 2012 / 7:38 PM / 6 years ago

Les partis pro-austérité grands vainqueurs aux Pays-Bas

par Sara Webb et Anthony Deutsch

Le Parti libéral du Premier ministre sortant Mark Rutte obtient un siège de plus que l'opposition travailliste à l'issue des élections législatives organisées mercredi aux Pays-Bas, selon un sondage effectué à la sortie des urnes. /Photo prise le 12 septembre 2012/REUTERS/Paul Vreeker/United Photos

AMSTERDAM (Reuters) - Les partis néerlandais favorables aux politiques de rigueur dans la zone euro sont arrivés mercredi largement en tête des élections législatives aux Pays-Bas, le Parti libéral (VVD) du Premier ministre sortant Mark Rutte étant crédité d’un siège d’avance sur le Parti travailliste (PvdA).

Selon un sondage NOS/RTL effectué à la sortie des urnes, les libéraux de Mark Rutte obtiennent 41 des 150 sièges de la chambre des députés contre 40 pour l’opposition travailliste. Chacune de ces deux formations progresse de 10 sièges par rapport à l’assemblée sortante.

Le Parti socialiste, opposé à l’austérité et aux conditions des plans de sauvetage européens des pays en difficulté, devrait en revanche perdre des élus après avoir dominé le début de la campagne. Il en va de même pour le Parti de la liberté (PVV) de Geert Wilders, hostile à l’immigration et aux institutions européennes.

Si ce résultat se confirme, Mark Rutte devrait être reconduit à la tête du gouvernement. Des tractations vont désormais commencer pour tenter de former une coalition.

Même s’ils ne s’allient pas dans une coalition de gouvernement, la majorité dont disposent ensemble libéraux et travaillistes signifient que les Pays-Bas devraient rester l’un des plus fermes défenseurs des politiques de rigueur dans la zone euro.

“Il est évident que les électeurs ont exprimé un large soutien au VVD”, a réagi Stef Blok, chef du groupe parlementaire libéral à la chambre des députés. “C’est une bonne nouvelle mais nous ne nous attaquerons pas à la formation d’un gouvernement tant que les résultats ne seront pas officiels.”

Grande force politique de l’après-guerre jusqu’au milieu des années 2000, les chrétiens démocrates (CDA), partenaires des libéraux au sein du gouvernement sortant, essuient leur pire revers depuis des décennies. Ils sont au coude à coude avec la formation de Geert Wilders pour la quatrième place, selon le sondage sortie des urnes.

CHOIX POUR L’EUROPE

“Cela ressemble à un raz-de-marée pour les partis pro-européens”, a commenté Famke Krumbmüller, spécialiste de l’Europe de l’Ouest au sein d’Eurasia Group à Londres. “Beaucoup d’électeurs indécis, et il y en avait beaucoup, ont probablement décidé de voter de manière stratégique soit pour la droite soit pour la gauche, pour l’un des grands partis.”

Les derniers jours de la campagne se sont résumés à un face à face entre le Premier ministre sortant, ancien directeur des ressources humaines du groupe Unilever, surnommé “Teflon” pour sa capacité à résister aux coup durs, et l’énergique chef de file travailliste Diederick Samsom, ex-militant de Greenpeace que ses qualités d’orateur ont propulsé en quelques semaines au premier rang de la scène politique à la faveur de ses prestations dans les débats télévisés.

Les deux hommes qui appartiennent à la même génération - Rutte est âgé de 45 ans, Samsom en a 41 - ont écarté l’idée d’une cohabitation dans le cadre d’une coalition gouvernementale. Mais l’arithmétique parlementaire pourrait ne pas leur laisser d’autre choix.

“Les libéraux et les travaillistes sont voués à s’unir”, a déclaré Philip van Praag, politologue à l’université d’Amsterdam, cité par l’agence de presse néerlandaise ANP.

Au moment de voter, Mark Rutte a prévenu qu’il poursuivrait sa politique de rigueur budgétaire sur le plan intérieur et qu’il resterait ferme dans les négociations européennes sur les conditions d’une aide aux pays en difficulté.

“Il y a un véritable choix à faire dans cette élection, qui concerne également l’Europe”, a-t-il dit après avoir déposé son bulletin dans l’urne. “Allons-nous préserver notre relation étroite avec l’Allemagne et la Finlande dans la lutte contre la crise de l’euro ou y aura-t-il une évolution vers une Europe davantage portée vers les positions de la France, ce à quoi je m’opposerai?”

“J’aimerais garder le même cap avec notre coalition de pays du nord de l’Europe”, a-t-il ajouté.

Les Pays-Bas sont l’un des derniers pays européens dont la dette bénéficie toujours de la note maximale auprès des agences de notation.

Les Néerlandais semblent agacés de devoir verser des milliards d’euros d’aide à des pays du sud de l’Europe perçus comme peu vertueux sur le plan de leurs finances publiques alors qu’eux-mêmes s’imposent une exigence de rigueur budgétaire.

Jean-Philippe Lefief, Henri-Pierre André et Bertrand Boucey pour le service français

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