September 11, 2012 / 9:18 AM / 6 years ago

Le décrochage scolaire en France préoccupe l'OCDE

PARIS (Reuters) - Le taux de scolarisation des jeunes âgés de 15 à 19 ans a légèrement baissé en France depuis quinze ans, un constat “préoccupant” selon l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

Le taux de scolarisation des jeunes âgés de 15 à 19 ans en France est passé de 89% en 1995 à 84% en 2010, une baisse que l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) juge préoccupante. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Ce taux est ainsi passé de 89% en 1995 à 84% en 2010, relève l’OCDE dans son rapport annuel sur l’éducation. Or en France, 71% des jeunes déscolarisés de cette tranche d’âge sont sans emploi ou inactifs, contre 57% en moyenne dans les 34 pays membres de l’OCDE, selon les chiffres de 2010.

Des difficultés d’insertion qui persistent dans le temps, souligne l’organisation. Le taux de chômage est en France de 22% parmi les 25-29 ans n’ayant pas de diplôme de fin d’études secondaires, contre 15% en moyenne dans les pays de l’organisation, selon les chiffres de 2010.

Chaque année, environ 140.000 jeunes sortent du système éducatif sans diplôme, d’après les chiffres du ministère de l’Éducation. François Hollande s’est fixé pour objectif de réduire ce chiffre de moitié d’ici la fin du quinquennat.

“Les taux de scolarisation en France demeurent élevés, mais malgré tout il y a une nécessité de gérer l’échec scolaire et de gérer l’insertion de ceux qui sortent sans diplôme”, estime Eric Charbonnier, spécialiste de l’éducation à l’OCDE.

“Dans un pays comme le Japon qui a à peu près la même proportion d’élèves non scolarisés de 15 à 19 ans, quasiment tous trouvent un emploi. En France, quasiment tous sont inactifs ou au chômage”, ajoute-t-il.

Une comparaison qui impose selon lui une réflexion sur une meilleure valorisation de la formation professionnelle en France, ou encore un changement des méthodes pédagogiques liées à l’échec scolaire, et notamment la suppression ou la diminution du redoublement.

L’OCDE recommande également à la France d’investir davantage dans les programmes d’accueil des tout jeunes enfants.

Bien que dans la moyenne des pays de l’OCDE, l’investissement du gouvernement français en matière d’éducation est en effet déséquilibré entre primaire et secondaire (5.730 € par élève du premier degré, en-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE, contre 8.330 € par collégien, au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE, selon les chiffres du ministère).

Or “l’échec scolaire qu’on peut mesurer à l’âge de 15 ans provient souvent de difficultés qui démarrent dès l’enseignement en primaire”, souligne Eric Charbonnier.

Au sujet des rythmes scolaires, que le ministre français de l’Éducation souhaite réformer, l’organisation souligne qu’ils ne sont pas directement liés à la performance du système scolaire. Mais le peu de semaines de cours en France (35 contre 38 en moyenne dans les pays de l’OCDE) “peut générer des problèmes pour trouver des moments pour gérer l’échec scolaire”, estime Eric Charbonnier.

Vincent Peillon souhaite un retour à la semaine de quatre jours et demi, contre quatre jours depuis 2008. Il a également lancé une concertation sur la durée des congés d’été, parmi les plus longs d’Europe, et sur l’allègement de la journée de classe.

Chine Labbé, édité par Patrick Vignal

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