September 8, 2012 / 3:02 PM / 6 years ago

L'enquête sur la tuerie de Chevaline se déplace près de Londres

ANNECY/PARIS (Reuters) - Des gendarmes français ont accompagné samedi la police anglaise dans une perquisition au domicile des membres d’une famille anglaise victime de la tuerie de Chevaline, mercredi dernier près d’Annecy, où un Français a aussi péri.

Route de la Combe d'Ire près de laquelle s'est produite la tuerie de Chevaline. Des gendarmes français ont accompagné samedi la police anglaise dans une perquisition au domicile des membres de la famille anglaise victime de la tuerie de Chevaline, mercredi dernier près d'Annecy, où un Français a aussi péri. /Photo prise le 6 septembre 2012/REUTERS/Robert Pratta

Quarante enquêteurs français travaillent sur ce crime inexpliqué qui a frappé les opinion des deux pays, d’autant que deux fillettes ont survécu, la plus âgée étant actuellement en coma artificiel et la plus petite, âgée de quatre ans, indemne après s’être cachée sous le corps de sa mère.

Les autopsies des quatre victimes - Saad al Hilli, Britannique d’origine irakienne, son épouse, une troisième personne qui pourrait être une tante ou une grand-mère et un cycliste français tué sans doute parce qu’il passait par là - ont montré un mode d’exécution identique, a déclaré le procureur d’Annecy Eric Maillaud samedi lors d’une conférence de presse.

“Les quatre personnes sont mortes de plusieurs balles et en tous cas les quatre personnes décédées ont été victimes de deux tirs de feu en pleine tête”, a-t-il dit.

Les corps ont été retrouvés par un cycliste sur un parking isolé au bout de la route forestière de la Combe d’Ire, sur les hauteurs du lac d’Annecy. La famille anglaise était en vacances et a fait un parcours en France avant d’arriver à Annecy, dans un camping le 3 septembre.

Les gendarmes français envoyés en Angleterre par les deux juges d’instruction chargés vendredi d’une information judiciaire pour “assassinats et tentative d’assassinats” ont fouillé samedi le domicile des Al Hilli à Claygate, une banlieue chic de Londres.

“En ce moment les perquisitions ont lieu au domicile des victimes. La perquisition se poursuit en parfaite coopération entre la gendarmerie française et la police britannique”, a dit le magistrat français.

LE FRÈRE AL HILLI NIE TOUT LITIGE

Saad al Hilli était ingénieur de Surrey Satellite Technology (SSTL), une entreprise de satellites basée dans le Surrey, près de son domicile au sud de Londres.

Son frère, qui s’est présenté spontanément à la police britannique vendredi, a été entendu et sera réentendu, de même que tout l’entourage familial, a ajouté le procureur d’Annecy.

Une des pistes est celle d’un éventuel différend familial autour d’un héritage. “Il est certain que dans une enquête on va essayer de connaître le maximum de choses de la vie de cette famille Al Hilli”, a dit Eric Maillaud.

Le litige est cependant fortement contesté par le frère, a dit le procureur. Des investigations vont être menées sur le patrimoine familial, qui selon la presse britannique comprend plusieurs propriétés immobilières dans plusieurs pays.

Les saisies qui seront opérées en perquisition ne seront pas rendues publiques, a dit le procureur. “Ce sont des éléments qui sont de nature à identifier ceux ou celles qui ont commis ce crime sauvage.”

Des membres de la famille Al Hilli sont en France pour s’occuper des deux fillettes. La plus âgée, qui aurait sept ans, est à l’hôpital et sera entendue dès que possible par les gendarmes. Elle a été frappée à la tête et atteinte d’une balle.

La plus petite, âgée de 4 ans, a déjà été interrogée mais, selon le procureur, elle n’a fourni aucun élément susceptible de conduire aux auteurs. Le procureur parle systématiquement de plusieurs auteurs.

“Les deux fillettes vont aussi bien que possible”, a dit le procureur.

On ne sait toujours pas exactement qui était la deuxième femme tuée aux côtés de l’épouse Al Hilli, une femme âgée. La gendarmerie a trouvé un passeport et des éléments montrant qu’elle serait née en Irak et de nationalité suédoise.

Des témoignages ont été recueillis par les gendarmes faisant état de la présence d’un véhicule 4X4 sur les lieux au moment du crime. “Tout est mis en oeuvre pour vérifier la réalité de ce signalement”, a dit le procureur, expliquant qu’il s’agissait d’une piste parmi d’autres.

Thierry Lévêque et Anthony Paone, édité par Henri-Pierre André

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