August 31, 2012 / 12:37 PM / 6 years ago

François Hollande tente de rassurer les impatients du changement

par Elizabeth Pineau

En chute libre dans les sondages de confiance, François Hollande a tenté vendredi de répondre à l'inquiétude des Français, palpable sur le terrain, en promettant une accélération mais aucune nouveauté dans un programme déjà connu. /Photo prise le 30 août 2012/REUTERS/Juan Medina

CHALONS-EN-CHAMPAGNE, Marne (Reuters) - En chute libre dans les sondages de confiance, François Hollande a tenté vendredi de répondre à l’inquiétude des Français, palpable sur le terrain, en promettant une accélération mais aucune nouveauté dans un programme déjà connu.

“Le changement ce n’est pas une somme d’annonces, c’est une force qui donne une direction”, a déclaré le chef de l’Etat à Châlons-en-Champagne (Marne), où il effectuait son premier déplacement de terrain de la rentrée.

“Il faudra du temps”, a-t-il prévenu. “Non pas sur trois mois, pas davantage sur 12 mois mais sur cinq ans et en même temps, il n’y a pas de jour à perdre”.

Face aux plans sociaux qui se multiplient, le président a annoncé la création “dans les jours qui viennent” de la Banque publique d’investissement destinée à soutenir les entreprises, alors qu’il en était initialement question en janvier prochain seulement.

Autres accélérations annoncées ou confirmées dans ce discours poliment applaudi : la remise le 10 septembre aux partenaires sociaux du document de base aux négociations sur la sécurisation de l’emploi pour engager “dès le mois prochain” une négociation, et une réunion des présidents de régions deux jours plus tard sur le financement des collectivités locales.

Tout cela se fera dans un environnement économique morose mais avec la volonté réaffirmée d’assainir les finances publiques françaises dans la “justice”.

L’inauguration de la 66e foire de Châlons, où il était venu pendant sa campagne, a donné l’occasion au président de recueillir les doléances de Français à la patience visiblement émoussée en cette rentrée difficile sur le front de l’économie et de l’emploi, comme le montrent les sondages.

“Le changement, c’est pour qui ?”, “Le changement, c’est pour quand ?”, pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des dizaines de manifestants, dont de nombreux militants CGT, massés, sans service d’ordre excessif pour les contenir, à l’arrivée du chef de l’Etat.

Lors d’une longue promenade dans les stands, le président a été interpellé par des salariés d’entreprises en difficulté, dont Solimédical, société de fabrication de matériel médical de l’Aube dont les salariés n’ont pas été payés depuis des mois malgré une décision de justice en leur faveur.

“ON EST EN TRAIN DE GALÉRER”

“Sarkozy nous a tourné le dos, ne faites pas la même chose surtout, ne nous faites pas regretter le 6 mai !”, lui a dit une ouvrière de cette entreprise, dont une délégation a été reçue par des membres du cabinet présidentiel.

“On est en train de galérer. Il faut faire quelque chose, sinon on est morts”, a lancé au président une salariée d’une entreprise de contreplaqué en danger.

Attentif à leur égard, François Hollande a tenté de trouver les mots qui rassurent, sans toujours convaincre : “On ne va pas pouvoir régler tout ce qui ne s’est pas fait pendant des années, maintenant on est en responsabilité, donc il faut le faire”.

Pas de réponse présidentielle en revanche à la remarque d’un jeune homme : “Eh monsieur, c’est quand le référendum sur le traité européen ?”

Peu après, devant la presse, François Hollande a dit entendre, comme il l’avait dit la veille en marge d’un voyage à Madrid, les “doutes” de ses concitoyens.

“Ils espèrent beaucoup dans le changement, c’est à moi de leur dire les étapes qui permettront d’y parvenir”, a-t-il noté.

François Hollande a répété dans son discours son leitmotiv à l’adresse du gouvernement : agir en “bon ordre, bon rythme et dans la bonne direction”.

Malgré un début de quinquennat prompt à critiquer et à défaire ce qui avait été mis en oeuvre par la gouvernement précédent, il a estimé qu’il n’était “plus temps de juger le passé mais d’agir dès aujourd’hui, pour préparer l’avenir”.

Invitant à “ne pas subir les plans sociaux mais (à) les prévenir”, le chef de l’Etat a dit vouloir “accompagner les mutations économiques, développer la formation professionnelle, préférer l’activité partielle au chômage”.

Le président a aussi dit compter sur les mesures visant la jeunesse pour redonner “confiance” au pays. Tels les “emplois d’avenir” qui devraient se traduire selon lui en conventions “dès le début du mois d’octobre”.

Le président a par ailleurs promis d’élargir le crédit impôt recherche à l’innovation dans les PME et à céder “gratuitement” des terrains de l’Etat pour les collectivités locales.

Avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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