August 29, 2012 / 1:22 PM / 6 years ago

Attaqué, le gouvernement lance sa bataille pour l'emploi

par Elizabeth Pineau

Le ministre du Travail, Michel Sapin, et la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso (à gauche). Le gouvernement a dévoilé mercredi ses "emplois d'avenir", qui visent à aider les jeunes sans diplômes de 16 à 25 ans vivant dans des zones défavorisés. Le dispositif ciblé par l'Etat à hauteur de 75% coûtera 1,5 milliard d'euros en année pleine, lorsque 150.000 contrats seront en action. /Photo prise le 29 août 2012/REUTERS/Jacky Naegelen

PARIS (Reuters) - Fragilisé par une sombre situation économique et des sondages en berne, le gouvernement français s’est engagé mercredi dans une “bataille pour l’emploi” qu’il espère décisive dans la reconquête d’une opinion impatiente et inquiète.

Avec les “emplois d’avenir”, contrats aidés pour jeunes sans qualification, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en place depuis trois mois et demi lance ce qu’il considère comme une offensive majeure en accélérant le tempo.

Le texte sera examiné en début de session parlementaire, que l’exécutif a décidé d’avancer au 10 septembre -au lieu du 24, comme pourtant annoncé la semaine dernière seulement.

C’est qu’entre-temps, plusieurs sondages ont mesuré une chute préoccupante (jusqu’à 11 points en un mois) des cotes de popularité de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault, dont l’opposition de droite fustige l’attentisme.

S’y ajoutent les chiffres du chômage, en hausse pour le 15e mois consécutif en juillet, sur fond de polémiques au sein même de la majorité de gauche -sur le nucléaire, le cumul des mandats ou le traité européen appelé à être adopté en octobre.

La CGT a contribué mercredi à alourdir le climat en annonçant une journée de manifestations le 9 octobre pour protester contre l’absence de mesures d’urgence contre la crise économique, prémices d’un automne chaud.

Le secrétaire général du premier syndicat français a déclaré dans une interview à Reuters que Jean-Marc Ayrault, qui s’est rendu mercredi à l’université d’été du Medef sans faire de propositions précises sur la compétitivité, devrait bientôt choisir entre le patronat et les salariés.

IL FAUT CHOISIR, DIT THIBAULT

“De ce point de vue-là, le gouvernement va devoir faire des arbitrages, il ne pourra pas nier des revendications qui s’opposent, celles des employeurs et les nôtres”, a-t-il dit.

Autant de délicats sujets que le président devrait aborder lors d’une intervention télévisée annoncée par son entourage d’ici la mi-septembre, la première depuis le 14 juillet.

“Ce matin, le président de la République nous a appelé à la mobilisation, à la bataille pour l’emploi parce qu’on ne peut pas se résigner à cette montée du chômage qui augmente depuis plus d’un an”, a déclaré le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, à la sortie du conseil des ministres.

En début de semaine sur France 2, Jean-Marc Ayrault avait repoussé l’idée de “changer de braquet”.

La session parlementaire anticipée témoigne que l’heure est pourtant bien à l’accélération, même si le gouvernement se défend de toute précipitation.

“Les textes sont prêts donc il n’y a pas de raison d’attendre”, a expliqué la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. “Cela va permettre d’alléger la suite”.

Pour le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, l’explosion du chômage appelle une “mobilisation”.

“On accélère, on se met en route”, a-t-il dit à la presse dans la cour de l’Elysée. “Plus on agira vite, plus vite on pourra inverser cette tendance. Ça ne se fera pas immédiatement puisqu’il y a une inertie liée aux plans de licenciement annoncés”.

Outre le projet de loi sur les emplois d’avenir, des textes sur le logement et la tarification progressive des tarifs de l’eau, du gaz et de l’électricité sont programmés entre septembre et octobre à l’agenda parlementaire.

PAS DE CHÈQUE EN BLANC

L’autre mesure phare pour l’emploi, le “contrat de génération” favorisant les entreprises embauchant un jeune en gardant un senior, est annoncée pour début 2013.

D’ici là, le gouvernement devra boucler un budget particulièrement difficile, pour lequel quelque 30 milliards restent à trouver, dans un pays menacé par la récession.

Dans un tel contexte, la droite n’a pas ménagé ses critiques, dénonçant “l’inertie” voire le “pilotage à vue” du gouvernement et des mesures jugées trop ténues, telle la baisse de 3 à 6 centimes du prix du litre de carburant.

“Plus préoccupé par les courbes de l’économie française que par les courbes du chômage”, selon Najat Vallaud-Belkacem, le gouvernement veut voir plus d’inquiétude que d’impatience dans un pays qui a élu François Hollande sur le thème du changement et du retour à une certaine normalité.

“Il n’y a rien de surprenant à ce que les Français manifestent des signes d’inquiétude, d’angoisse sur le front de l’emploi et que cela se reflète dans les enquêtes d’opinion”, dit la porte-parole du gouvernement.

“Les Français n’étant pas rassurés sur l’avenir et celui de leurs enfants, ils ne sont pas prêts à signer des chèques en blanc”.

Edité par Yves Clarisse

LES EMPLOIS D’AVENIR POUR LES JEUNES DE 16 À 25 ANS

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