August 27, 2012 / 5:08 PM / in 6 years

François Hollande tente de reprendre la main sur la Syrie

par Elizabeth Pineau

A Alep, lundi, après que des tirs de missiles ont déclenché un incendie au niveau de citernes de pétrole. Lors d'un discours à l'Elysée devant les ambassadeurs de France, François Hollande a demandé lundi à l'opposition syrienne de constituer un gouvernement provisoire appelé à devenir le "représentant légitime de la nouvelle Syrie", que Paris serait prêt à reconnaître. /Photo prise le 27 août 2012/REUTERS/Youssef Boudlal

PARIS (Reuters) - François Hollande a haussé le ton lundi dans le dossier syrien en invitant l’opposition à constituer un gouvernement provisoire tout en évoquant une intervention directe en cas d’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar al Assad.

Le drame syrien, où 18 mois de troubles ont fait quelque 18.000 morts et 170.000 réfugiés selon l’Onu, a constitué le coeur du discours du président à l’ouverture de la XXe conférence des ambassadeurs de France à l’Elysée, où le chef de l’Etat a aussi plaidé pour une “intégration solidaire” et une “union politique” en Europe.

Répondant à distance aux critiques estivales de la droite le taxant d’”attentisme”, François Hollande a voulu mettre la France en première ligne sur ce dossier syrien, comme son prédécesseur Nicolas Sarkozy l’avait fait pour la Libye, où la France est intervenue militairement en 2011.

Jugeant la situation “insupportable pour la conscience humaine, inacceptable pour la sécurité et la stabilité de la région”, il a demandé “d’intensifier les efforts pour que la transition politique ait lieu vite”.

“La France demande à l’opposition syrienne de constituer un gouvernement provisoire, inclusif et représentatif, qui puisse devenir le représentant légitime de la nouvelle Syrie”, a dit le président, qui a reçu la semaine dernière à l’Elysée les représentants du Conseil national syrien.

“La France reconnaîtra le gouvernement provisoire de la nouvelle Syrie dès qu’il aura été formé”, a-t-il ajouté, répétant que le président syrien Bachar al Assad “doit partir”.

A trois jours d’une nouvelle réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Syrie, à la demande de la France qui en assure la présidence tournante, François Hollande a estimé que l’Onu devait rester “l’instance centrale de la gouvernance mondiale” en vertu de laquelle Paris entendait agir.

Il a toutefois ajouté que l’usage d’armes chimiques par le régime syrien “serait pour la communauté internationale une cause légitime d’intervention directe”.

En aparté devant quelques journalistes, il a précisé ensuite qu’il n’y avait pour l’heure aucune menace précise sur ce point.

“UNION POLITIQUE” EN EUROPE

Le président s’est aussi adressé à Pékin et Moscou, qui opposent leur veto à toute action de l’Onu en Syrie.

“La France inscrit son action dans la légalité internationale et je confirme ici que notre pays ne participe à des opérations de maintien de la paix ou de protection des populations qu’en vertu d’un mandat et donc d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies”, a-t-il déclaré.

“Faut-il encore que ses membres prennent leur responsabilité pour lui permettre de prendre des décisions. Car le blocage du système conduit soit à son contournement, soit à son impuissance”, a-t-il poursuivi. “C’est pourquoi je dis à la Russie et la Chine que, dans la crise syrienne, leur attitude affaiblit notre capacité à accomplir le mandat que la charte des Nations unies nous a confié”.

L’Europe a constitué l’autre thème phare de ce discours, prononcé devant quelque 180 ambassadeurs de France et une grande partie du gouvernement.

Alors que la rentrée fait resurgir des doutes sur la solidité de la zone euro, François Hollande a rappelé que l’euro était “irréversible” et plaidé pour une “union politique”.

“Je veux le souligner avec force, la France est totalement déterminée pour l’Europe et pour préserver l’euro. L’euro est irréversible”, a-t-il dit, précisant que le traité budgétaire européen serait soumis au Parlement français “dès le début du mois d’octobre”.

“J’ai proposé que l’union avance autour de l’idée d’une intégration solidaire qui permette que à chaque étape, des mécanismes nouveaux soient accompagnés par des avancées démocratiques. C’est l’union politique”, a-t-il poursuivi.

Dans cette perspective, il propose que chefs d’Etat et de gouvernement des 17 pays de la zone euro “se réunissent beaucoup plus souvent et plus régulièrement.”

Après l’Allemande Angela Merkel et le Grec Antonis Samaras la semaine dernière, François Hollande sera jeudi en Espagne pour voir le président du gouvernement Mariano Rajoy. Il est attendu début septembre à Rome chez Mario Monti.

Elizabeth Pineau, édité par Patrick Vignal

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