August 19, 2012 / 2:12 PM / 6 years ago

Assange invite Obama à arrêter la "chasse aux sorcières"

par Alessandra Prentice et Karolin Schaps

Julian Assange a invité dimanche à Londres Barack Obama à lever "la chasse aux sorcières" ouverte par les Etats-Unis à l'encontre de WikiLeaks. L'ancien "hacker" australien, menacé d'arrestation sur le sol britannique à la suite d'une demande d'extradition de la justice suédoise, s'est livré à un réquisitoire contre les Etats-Unis qu'il a notamment accusés de menacer la liberté d'expression. /Photo prise le 19 août 2012/REUTERS/Olivia Harris

LONDRES (Reuters) - Julian Assange a exhorté dimanche à Londres le président américain Barack Obama à lever “la chasse aux sorcières” ouverte par les Etats-Unis à l’encontre de WikiLeaks.

L’ancien “hacker” australien, menacé d’arrestation sur le sol britannique à la suite d’une demande d’extradition de la justice suédoise, s’est livré à un réquisitoire en règle contre les Etats-Unis qu’il a accusés de menacer la liberté de la presse dans le monde.

“WikiLeaks est sous le coup de menace, tout comme la liberté d’expression et la santé de l’ensemble de nos sociétés”, a-t-il dit lors d’une allocution de dix minutes aux accents messianiques. Il a évoqué à cette occasion la condamnation du groupe punk russe “Pussy Riot” à deux ans de prison pour une “performance politique”.

“Je demande au président Obama de prendre la bonne décision: les États-Unis doivent renoncer à la chasse aux sorcières lancée contre WikiLeaks.

“Le FBI doit dissoudre son enquête (...) Les États-Unis doivent s’engager devant le monde à ne pas poursuivre des journalistes pour avoir divulgué les crimes secrets des puissants de ce monde.”

Il a appelé à la libération du soldat américain Bradley Manning, cet analyste militaire détenu depuis deux ans aux Etats-Unis, accusé d’avoir transmis à WikiLeaks des masses de documents militaires.

“Si Bardley Manning a réellement fait ce dont il est accusé, il est un héros (...) et un prisonnier politique majeur”.

Julian Assange a également remercié le président équatorien Rafael Correa pour “le courage dont il a fait preuve (...) en (lui) garantissant l’asile politique”, ainsi que les gouvernements et les peuples d’Amérique latine qui l’ont soutenu et ont “défendu” le droit d’asile.

Il n’a, en revanche, pas évoqué l’affaire de viol et d’agression sexuelle présumés dans laquelle la justice suédoise souhaite l’interroger.

Le cofondateur de WikiLeaks s’exprimait depuis un balcon de l’ambassade d’Equateur, dans le quartier huppé de Knightsbridge, où il a trouvé refuge depuis le 19 juin, pour éviter d’être interpellé par la police britannique.

Pour lui permettre de s’exprimer sans quitter l’enceinte de l’ambassade, une porte menant à un petit balcon avait été démontée.

QUERELLE DIPLOMATIQUE

Une centaine de policiers en gilet pare-balles stationnaient dimanche en fin de matinée devant la mission équatorienne devant laquelle se tenaient également une cinquantaine de partisans du reclus, dont certains ont passé la nuit sur des cartons déroulés sur le trottoir. Un hélicoptère de la police survolait la scène.

“(La Grande-Bretagne) ne le traite pas de manière impartiale”, a déclaré Chantale, bloggeuse française de 28 ans, venue spécialement à Londres pour assister à l’allocution du cofondateur de WikiLeaks. “L’asile politique est un droit qui devrait être respecté par tous les pays.”

“Julian Assange se trouve dans un état d’esprit très combatif. Il éprouve de la gratitude envers le peuple et le président équatoriens pour lui avoir accordé l’asile”, avait auparavant déclaré l’ex-juge antiterroriste espagnol Baltasar Garzon, qui coiffe l’équipe d’avocats chargé de défendre le cofondateur de WikiLeaks.

Julian Assange, dont l’extradition est réclamée par la justice suédoise, est au centre d’une querelle diplomatique entre Quito et Londres, le secrétaire au Foreign Office William Hague ayant récemment déclaré que “le Royaume-Uni ne (reconnaissait) pas le principe d’un asile diplomatique”.

L’Équateur a accordé l’asile politique à l’ancien “hacker” qui avait déclenché la fureur de Washington et de ses alliés en divulguant des centaines de milliers de documents militaires et diplomatiques américains secrets sur son site internet WikiLeaks en 2010.

Londres a menacé de donner l’assaut à l’ambassade équatorienne où l’Australien est retranché depuis le 19 juin, déclenchant la colère du président Rafael Correa.

Pour justifier sa position, le gouvernement britannique, qui considère que Julian Assange devrait être extradé vers la Suède, dit appliquer la loi.

L’intéressé affirme de son côté redouter d’être finalement livré à Washington, qui s’est pour l’instant tenu prudemment à l’écart du conflit diplomatique.

Agathe Machecourt pour le service français, édité par Jean-Loup Fiévet

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