August 19, 2012 / 8:49 AM / 6 years ago

Mélenchon dénonce cent jours creux de Hollande, le PS réplique

PARIS (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon est sorti dimanche d’un silence de trois mois pour dénoncer le “creux” des cent premiers jours de François Hollande et “l’atermoiement continu”, selon lui, de la majorité socialiste face à la finance.

Après plusieurs mois de silence, l'ancien candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon dénonce dans le JDD le "creux" et "l'atermoiement continu" des cent premiers jours du mandat de François Hollande. /Photo prise le 15 mai 2012/REUTERS/Pascal Rossignol

Dans le Journal du dimanche, l’ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle estime que le chef de l’Etat a dilué “le contenu insurrectionnel du vote de la présidentielle dans les sables des plages du Var” où il passe ses vacances.

Deux ministres, Arnaud Montebourg et Marisol Touraine, lui ont répondu que le changement ne se faisait pas en cent jours et qu’il restait “1800 jours d’une présidence de gauche, 1800 jours d’une gouvernement de gauche”.

“Ce n’est pas en 100 jours qu’on change le pays, c’est en au moins 5 ans puisque le mandat est de 5 ans”, a dit le ministre du Redressement productif à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse, son fief de Saône-et-Loire.

“Pour ma part, pour redresser l’économie, l’industrie de notre pays, je réclame cinq années pleines”, a-t-il ajouté.

La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine, invitée de la Fête de la Rose, a souligné que “100 jours ne suffiraient pas à effacer l’action de celui qui a détricoté la France”, par référence à Nicolas Sarkozy. Mais “le changement est en marche, n’en déplaise aux esprits chagrins !”

Pour Jean-Luc Mélenchon, les débuts de la nouvelle majorité furent “une session du temps perdu, cent jours pour presque rien”, alors que les premiers mois sont à ses yeux “cruciaux pour “marquer une identité”.

“Quand je regarde le creux des cent jours et la multiplication des commissions, j’en conclus que nous étions mieux préparés que les socialistes à exercer le pouvoir”, estime-t-il.

“Après dix ans, la gauche revient au pouvoir et tout ce qu’il y aurait d’urgent à faire, ce serait un collectif budgétaire et une loi sur le harcèlement sexuel ? Nos députés ont voté le collectif: c’est un coup de serpillière sur les plus grosses taches laissées par Sarkozy. Mais ce n’est pas assez pour faire le ménage”, ajoute-t-il.

Jean-Luc Mélenchon regrette que la majorité socialiste n’ait passé ni la loi sur les licenciements boursiers, déjà votée en première lecture au Sénat, ni la loi bancaire. “Il fallait marquer un rapport de force avec la finance (...) Il faut faire le boulot maintenant. L’atermoiement continu laisse les mains libres à la finance !”, dit-il.

Pour le chef de file du Parti de gauche, la négociation du volet croissance, en juin, du traité européen budgétaire fut une “comédie” qui s’est soldée par une capitulation.

“Hollande est un social-libéral comme ceux qui ont déjà conduit aux désastres grec, espagnol et portugais. Ce n’est pas parce que François Hollande veut être normal que la situation va le devenir”, dit-il.

Jean-Luc Mélenchon n’est pas plus tendre au sujet de la politique d’expulsions des Roms menée par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls.

“Quelle est la différence entre un baraquement cassé sur ordre d’un ministre de droite et un baraquement cassé sur ordre d’un ministre de gauche ?” demande-t-il.

Gérard Bon

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